La réalisatrice Maysaloun Hamoud est la cible d’une fatwa
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La réalisatrice Maysaloun Hamoud est la cible d’une fatwa

Dans son film "Je danserai si je veux" la réalisatrice confronte jeunesse et tradition dans la société arabe israélienne

Image extraite d'une scène de "In Between," un film réalisé en 2016, qui raconte la vie d'Israéliennes arabes à Tel Aviv (Crédit : Capture d'écran)
Image extraite d'une scène de "In Between," un film réalisé en 2016, qui raconte la vie d'Israéliennes arabes à Tel Aviv (Crédit : Capture d'écran)

Dans son dernier film Bar Bahar – In Between qui sortira en France sous le titre « Je danserai si je veux », la réalisatrice et scénariste Maysaloun Hamoud montre trois jeunes Arabes israéliennes installées à Tel Aviv.

En deux heures, la réalisatrice originaire de Galilée s’attaque aux tabous de la société arabe israélienne : il y a la drogue, l’alcool, l’homosexualité de Salma, refusée en bloc par sa famille chrétienne, l’indépendance de Leïla, qui préfère quitter son petit ami lorsqu’elle découvre qu’il est bien plus conservateur qu’il ne le prétend.

Il y a surtout l’histoire de Nour, originaire de la ville conservatrice d’Oum al-Fahem, bastion en Israël du Mouvement islamique, proche des Frères musulmans. L’organisation de la Branche nord a été classée comme groupe terroriste.

Nour est d’abord choquée par l’attitude de ses colocataires quand elle emménage dans leur appartement de Tel Aviv, mais finit par se rebeller contre sa famille et les traditions. Elle quitte son fiancé Wissam, barbu et peu avare de formules religieuses, après que celui-ci la viole, une scène montrée à l’écran.

Selon Maysaloun Hamoud, rapporte Le Point, c’est la première fois qu’une fatwa, sous forme d’une condamnation à mort, est lancée contre un Palestinien.

« Je pense que l’un des objectifs du film était de secouer le système. Il s’inscrit dans mes convictions et fait écho à mon activisme » explique-t-elle. Elle assure n’éprouver ni crainte, ni peur.

Le film sortira en France fin mars, sous le titre « Je danserai si je veux ». Déjà sorti aux Etats-Unis, il a été salué par le magazine Variety comme un drame « convaincant » et par le Hollywood Reporter comme un « premier film pétillant ». Il a été primé au festival de San Sebastian (Espagne).

En Israël même, le nombre des entrées n’est pas disponible. Mais il a retenu l’attention, y compris chez les cinéphiles juifs.

A Oum el-Fahem en revanche, il a provoqué une levée de boucliers et a été interdit de projection. La municipalité a dénoncé un film « de bas niveau, sans le moindre élément de vérité ».

Maysaloun Hamoud et ses actrices ont même reçu des menaces de mort sur les réseaux sociaux : « Ceux qui parlent en mal d’Oum el-Fahem creusent leur propre tombe » ou « Il vous faudrait une balle dans la tête et une autre dans le cœur ».

« En tant qu’artiste, réalisatrice et scénariste, mais aussi en tant que membre de cette société, j’ai le droit d’évoquer tous les sujets que j’estime importants », répond Mme Hamoud, le visage encadré par des cheveux noirs coupés court. Elle porte aux bras plusieurs tatouages, dont un est le titre de son film aux couleurs du drapeau palestinien.

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