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La réduction de la durée des gardes des internes en médecine reportée à 2023

Le calvaire des gardes de 26 heures avait poussé des milliers d'internes à menacer de démissionner en 2021. Or, les changements annoncés n’ont jamais été mis en œuvre

Des internes en médecine manifestent pour avoir de meilleures conditions de travail à Tel Aviv, le 9 octobre 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Des internes en médecine manifestent pour avoir de meilleures conditions de travail à Tel Aviv, le 9 octobre 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le projet de réduction progressive de la durée des gardes des internes – de 26 à 18 heures – a été reporté à septembre 2023, a annoncé dimanche le gouvernement.

Cette mesure devait entrer en vigueur dès cette année, avec un programme pilote déployé dans 10 hôpitaux de la périphérie, loin des villes du centre d’Israël. Elle fait suite aux menaces de démissions de milliers d’internes en médecine épuisés par des gardes trop longues. Les manifestants avaient indiqué à l’époque, en 2021, que le plan gouvernemental annoncé en octobre était trop vague, dépourvu de perspectives de déploiement claires.

L’annonce faite ce dimanche fait suite à une requête du tribunal du travail déposée en avril par les caisses de santé Clalit, estimant qu’il n’y aurait pas assez de personnel pour compenser la réduction des heures de garde et que, par conséquent, le service public de santé en serait affecté, a rapporté Maariv.

La requête avait été déposée contre le ministère de la Santé et les ministres de la Santé et de l’Économie.

Selon les médias israéliens, la ministre de l’Economie, Orna Barbivai, aurait répondu au nom du gouvernement que la question ne pourrait être résolue que par la prochaine Knesset, à l’issue des élections de novembre.

En octobre dernier, des milliers d’internes avaient démissionné pour manifester contre le principe des gardes de 26 heures.

Le gouvernement avait, en réponse, proposé un projet en vertu duquel la durée des gardes, dans 10 hôpitaux situés en périphérie, seraient ramenées à 16 ou 18 heures.

Ces mesures auraient dû s’appliquer dès le 1er avril dernier.

Dans sa requête, Clalit affirmait qu’il conviendrait d’embaucher 300 médecins pour compenser une réduction de la durée des gardes.

Selon cette même source, les hôpitaux de la périphérie auraient déclaré ne pas disposer du personnel nécessaire pour pourvoir les gardes et le ministère des Finances a refusé de budgétiser de nouveaux postes de médecins.

Les internes des hôpitaux centraux s’opposent également au projet, exigeant que la durée de leurs gardes soit également réduite.

Un rapport de suivi du ministère de la Santé suggérait de réduire les gardes en périphérie et dans certains hôpitaux centraux à 21 heures, proposition soutenue par les internes.

Depuis tout ce temps, aucun changement n’a été apporté à la durée des gardes.

Suite à l’annonce du report à 2023 de l’entrée en vigueur des changements, l’organisation des stagiaires, Mirsham, a déclaré dans un communiqué que Barbivai avait « cédé » à la pression et que ce report signait la « mort » de la réduction de la durée des gardes.

« Malgré … les annonces pompeuses dans les médias, rien n’a changé pour les internes », a déclaré Mirsham, accusant le gouvernement de faire en sorte que la réduction de la durée des gardes s’applique uniquement aux hôpitaux de la périphérie, afin de les rendre plus attractifs.

« Nous en appelons au Premier ministre et lui demandons de prendre ses responsabilités en revenant sur cette regrettable décision », a-t-il déclaré.

L’an dernier, le gouvernement avait promis qu’à l’issue du programme pilote au sein de 10 hôpitaux périphériques, les mesures s’appliqueraient à l’ensemble des hôpitaux si le budget requis était trouvé et si un comité ad hoc garantissait que la qualité des soins médicaux new serait pas altérée.

Jusqu’en l’an 2000, les internes effectuaient des gardes de 36 heures et parfois davantage. Cette année-là, un accord a été conclu pour limiter leur durée à 26 heures, entrecoupées d’une pause de deux heures.

En 2012, à la suite d’appels visant à réduire à nouveau la durée des gardes, le gouvernement avait ajusté les temps de travail, limitant à deux le nombre maximum de gardes hebdomadaires et à 71,5 heures le nombre maximum d’heures de travail.

Mais la plupart des hôpitaux n’ont jamais appliqué ces règles.

Selon un sondage publié en 2016 dans The Marker, 72 % des internes disaient travailler plus de 26 heures d’affilée au moins une fois par mois, 42 % ne pas pouvoir dormir pendant leur garde et 27 %, travailler plus de 71,5 heures par semaine.

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