La réussite du passé, du présent et du futur fêtée à Tel-Aviv
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La réussite du passé, du présent et du futur fêtée à Tel-Aviv

Les six gagnants du prix Dan David se partagent trois millions de dollars

David Shamah édite notre section « Start-Up Israel ». Spécialiste depuis plus de dix ans en technologies et en informatique, il est un expert reconnu des start-up israéliennes, de la high-tech, des biotechnologies et des solutions environnementales.

Les lauréats du Prix Dan David. De gauche à droite, première rangée : Gabriela David, Pierre Nora, Brenda Milner, Marvin Minsky ;à l'arrière : Peter St. George-Hyslop, Saul Firedlander, M. Krzysztof Czyzewski,  John A. Hardy, Itamar Rabinovich, Joseph Klafter, Ariel David, et Katherine E. Fleming. (Crédit photo : autorisation)
Les lauréats du Prix Dan David. De gauche à droite, première rangée : Gabriela David, Pierre Nora, Brenda Milner, Marvin Minsky ;à l'arrière : Peter St. George-Hyslop, Saul Firedlander, M. Krzysztof Czyzewski, John A. Hardy, Itamar Rabinovich, Joseph Klafter, Ariel David, et Katherine E. Fleming. (Crédit photo : autorisation)

Le passé, le présent et le futur de la science, de la technologie et d’autres domaines de réussite humaine étaient sous le feu des projecteurs dimanche soir, alors que la Fondation Dan David et l’Université de Tel-Aviv distribuaient le prix annuel Dan David.

Nommée en l’honneur de l’homme d’affaires juif dont les donations soutiennent le prix, la fondation distribue annuellement trois prix d’un million de dollars chacun qui doivent être partagés entre six individus extraordinaires dont les innovations uniques ont eu un impact sur le monde.

Le prix est considéré comme l’un des plus importants du monde académique.

Les prix sont accordés pour « l’excellence attestée, exceptionnelle et distincte dans les sciences, l’art et les sciences humaines qui ont apporté une contribution majeure à l’humanité » et sont présentés pour « des grandes réussites dans trois dimensions temporelles, le passé, le présent et le futur », stipule la fondation.

Pour le présent, l’unique lauréat de cette année est Jimmy Wales, le cofondateur de Wikipédia, l’encyclopédie en ligne omniprésente qui est utilisée par presque tous les internautes pour avoir accès à des informations.

Wikipédia reçoit des informations des internautes, ce qui signifie que l’information proposée, qui cherche à couvrir tous les domaines de la connaissance humaine, est rédigée par des volontaires et contrôlée et modifiée par une communauté de personnes.

Alors que cela pourrait être une recette qui faciliterait les abus, avec des groupes motivés par une arrière-pensée de prise de contrôle de sujets spécifiques – il y a par exemple de nombreux sites internet et des groupes Facebook dont le but est de se débarrasser de l’antisémitisme – et des présentations anti-Israël sur Wikipédia, Wales croit que le système a prouvé son efficacité durant les 14 dernières années.

« Nous avons des débats internes sur la politique qui deviennent parfois houleux, mais dans l’ensemble je pense que nous faisons un très bon travail pour maintenir l’objectivité, a déclaré Wales au Times of Israel. La communauté s’est montrée fiable, comme le modèle Wikipédia. »

Jimmy Wales (Crédit : Autorisation)
Jimmy Wales (Crédit : Autorisation)

Si Wikipédia a ses critiques, il dispose aussi de nombreux fans qui louent sa tentative de donner aux internautes le contrôle de cette « source officielle » que Wikipédia espère devenir.

Pourtant Wales considère que les candidats du futur, le professeur Michael Waterman, le docteur Cyrus Chothia et le professeur David Haussler, tous des pionniers dans le domaine de la bioinformatique et de la biomécanique, deux sciences de la génétique de haut niveau, sont ceux qui méritent réellement les félicitations et les prix.

Waterman, qui a accepté le prix au nom du groupe, est l’un des fondateurs et actuel chercheur en pointe dans le domaine de la biologie informatique. Il a développé de nombreux algorithmes qui sont utilisés dans le séquençage de l’ADN.

Prof. Michael Waterman (Crédit : Autorisation)
Prof. Michael Waterman (Crédit : Autorisation)

« Nous avons transformé la biologie d’un sujet principalement descriptif à une science riche en information, explique Waterman. Notre recherche n’était alors dans aucune catégorie de sujets importants. Nous avons simplement trouvé des problèmes fascinants qui étaient irrésistibles et nous étions déterminés à les résoudre. Nous remercions la Fondation Dan David et l’Université Tel-Aviv d’avoir choisi de récompenser la bioinformatique et nous sommes très honorés d’être récompensés. »

Le passé est aussi représenté dans les prix Dan David par le travail des historiens oraux qui cherchent à apprendre comment la perception et le fait interagissent en fonction de la manière dont les histoires sur des événements et des personnes ont été transmises à travers les générations.

Les professeurs Peter R. Brown et Alessandro Portelli ont étudié l’histoire orale, examinant l’interaction entre la mémoire privée et collective et le développement d’études majeures qui ont redessiné la manière dont nous comprenons le changement culturel et social.

Prof. Alessandro Portelli (Crédit : Autorisation)
Prof. Alessandro Portelli (Crédit : Autorisation)

Portelli est plus connu pour son livre « L’ordre a été exécuté » qui raconte l’histoire du massacre de 355 civils, juifs et non-juifs, dans la banlieue de Rome en 1944.

C’est un événement légendaire dans la mémoire collective italienne. Portelli a examiné de nombreux récits oraux pour reconstruire ces événements horribles et leurs utilisations politiques dans les décennies suivantes. Ce qui a rendu son livre si frappant n’était pas seulement l’histoire détruisant le mythe, mais le fait que de nombreux témoins ont mal perçu les faits. Les mémoires et les faits étaient clairement différents.

« J’ai été surpris quand j’ai été choisi pour le prix, a déclaré Portelli. C’est une reconnaisance pour le travail que nous avons fourni dans ce domaine. Je suis très content de l’accepter au nom de mes collègues. »

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