La Russie dans le monde : points de friction et luttes d’influence
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La Russie dans le monde : points de friction et luttes d’influence

Un retour sur la nouvelle place tenue par Moscou dans le monde 18 ans après l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine

Le président russe Vladimir Poutine arrive au premier jour du sommet économique du G20 le 7 juillet 2017 à Hambourg en Allemagne (Crédit : Morris MacMatzen / Getty Images via JTA)
Le président russe Vladimir Poutine arrive au premier jour du sommet économique du G20 le 7 juillet 2017 à Hambourg en Allemagne (Crédit : Morris MacMatzen / Getty Images via JTA)

En plus de 18 ans de pouvoir, Vladimir Poutine se targue d’avoir fait revenir la Russie au premier rang sur la scène internationale au prix des pires tensions avec les Occidentaux depuis la Guerre froide.

La Syrie

Allié indéfectible de Damas, la Russie a opposé onze veto à des projets de résolutions de l’ONU depuis le début d’un mouvement de contestation en Syrie, déclenché en avril 2011 sur la vague des printemps arabes, pour protéger le régime du dictateur Bachar al-Assad.

Le Kremlin, qui se pose en chantre de la stabilité, a vu d’un mauvais oeil les printemps arabes et a vécu comme une trahison le scénario libyen. Une intervention internationale, devenue possible après l’abstention de la Russie et la Chine lors du vote au Conseil de sécurité de l’ONU en mars 2011, avait abouti à la mort violente de Mouammar Kadhafi, plongeant le pays dans le chaos.

Lancée en 2015, l’intervention militaire russe en Syrie a renversé la donne du conflit syrien, en permettant aux forces gouvernementales de reprendre la plus grande partie du territoire aux rebelles et aux jihadistes.

Pour tenter de résoudre ce conflit, la Russie a constitué un trio inédit avec l’Iran, autre alliée du régime syrien, et la Turquie qui soutient les rebelles. Elle s’est ainsi imposée comme un acteur majeur au Proche Orient.

L’Ukraine

Début 2014, le soulèvement pro-occidental du Maïdan aboutit dans le sang à la fuite du président prorusse Viktor Ianoukovitch. En quelques jours, des hommes armés sans insigne-des soldats russes comme le dira plus tard Vladimir Poutine – prennent le contrôle de la péninsule ukrainienne de Crimée, qui intègre le 18 mars la Russie après un référendum jugé illégal par la communauté internationale.

Dans les semaines suivantes, l’annexion est suivie du déclenchement d’un conflit armé entre armée ukrainienne et séparatistes prorusses dans l’Est de l’Ukraine qui a fait depuis plus de 10 000 morts.

Frappée depuis 2014 de sanctions américaines et européennes sans précédent, la Russie est accusée par Kiev et les Occidentaux de soutenir militairement les rebelles, ce que Moscou dément avec véhémence.

Entre temps, la Russie maintient des milliers de ses soldats en Transnistrie, région russophone qui a fait sécession de la Moldavie au début des années 1990, après l’effondrement de l’URSS. Des bases militaires russes sont également déployées en Abkhazie et en Ossétie du Sud, deux régions séparatistes géorgiennes dont la Russie a reconnu l’indépendance en 2008 à l’issue d’une guerre éclair avec la Géorgie.

La Corée du Nord

A la différence de Washington qui a longtemps brandi la menace des sanctions, Moscou a toujours appelé au dialogue avec Pyongyang sur la base d’une feuille de route définie par la Russie et la Chine.

Le leader nord-coréen Kim Jong-Un sur le balcon de la Maison d’étude du Grand peuple suite à un défilé militaire marquant le 105e anniversaire de la naissance du dernier dirigeant nord-coréen Kim Il-Sung à Pyongyang, le 15 avril 2017. (Crédit : Ed Jones/AFP)

La Russie a cependant soutenu fin 2017 une résolution de l’ONU imposant de nouvelles sanctions à la Corée du Nord, en particulier des restrictions aux importations de pétrole, crucial pour ses programmes de missiles et nucléaire.

Début janvier, Vladimir Poutine a fait l’éloge du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, « un homme politique mature » quand ce dernier a montré des signes d’ouverture dans son adresse à la Nation du Nouvel An.

Les Etats-Unis

Moscou et Washington s’opposent sur tout un nombre de dossiers internationaux comme l’Ukraine, l’Iran et la Syrie. Mais depuis l’élection de Donald Trump qui promettait un rapprochement avec la Russie, leurs relations sont empoisonnées par les accusations d’ingérence russe dans la présidentielle américaine, notamment à l’aide de hackers et « trolls » sur les réseaux sociaux.

Le président américain Donald Trump, à gauche, parle avec Vladimir Poutine lors de la rencontre des chefs économiques de l’APEC dans le cadre du sommet des dirigeants de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC)dans la ville vietnamienne de Danang, le 11 novembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / SPUTNIK / Mikhail KLIMENTYEV)

Depuis des années, Moscou dénonce le déploiement du bouclier anti-missiles américain en Europe de l’Est et plus généralement le renforcement de l’Otan à ses frontières, qui lui sert de justification pour muscler ses propres capacités militaires.

Faisant craindre une nouvelle course aux armements, Washington a annoncé en février vouloir se doter de nouvelles armes nucléaires de faible puissance tandis que Vladimir Poutine a vanté début mars de nouveaux missiles russes « invincibles.

La Chine, l’Inde, le Venezuela

En pleines tensions avec l’Occident, la Russie cherche à resserrer les liens avec ses alliés traditionnels comme la Chine, l’Inde ou encore le Venezuela.

Liés par un énorme contrat sur la livraison du gaz russe à la Chine, Moscou et Pékin font aussi souvent front uni sur la scène internationale, notamment lors des votes à l’ONU. Leurs relations sont actuellement à leur « meilleur niveau dans l’Histoire », selon le dirigeant chinois Xi Jinping.

La Russie a signé ces dernières années de multiples contrats avec l’Inde, gros client de longue date d’armements russes et a renforcé ses liens avec l’Amérique latine, notamment avec le Venezuela avec qui elle partage l’ennemi américain.

Moscou a donné récemment un coup de pouce financier à Caracas, en plein marasme économique, en restructurant un crédit de trois milliards de dollars accordé en 2011.

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