La Russie déploie des avions furtifs en Syrie et met en garde Israël
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La Russie déploie des avions furtifs en Syrie et met en garde Israël

Des images satellites montrent 2 avions Su-57 à Lattaquié. Leur présence est un "message" pour les pays voisins qui entrent "sans être invités" en Syrie, selon un responsable russe

Des avions Su-57. (Crédit : Anna Zvereva, CC BY-SA 2.0, Flickr)
Des avions Su-57. (Crédit : Anna Zvereva, CC BY-SA 2.0, Flickr)

La Russie a déployé deux de ses avions-furtifs les plus avancés et sophistiqués en Syrie lors d’une démonstration de force susceptible d’attirer les remontrances des Etats-Unis alors que le Pentagone a tiré la sonnette d’alarme, au début du mois, face à des incidents survenus avec des avions russes dans ce pays ravagé par la guerre.

Des images satellites publiées par l’entreprise israélienne ImageSat vendredi ont montré ces avions de cinquième génération – deux avions-chasseurs de type Su-57 – sur une base aérienne de la ville côtière syrienne de Latakia. Une source proche du ministère de la Défense a confirmé cette semaine à l’agence de presse RBK que les deux avions avaient été envoyés sur la base Hmeimim « pour un test en condition réelle ».

Les avions seraient les rivaux potentiels du Raptor Lockheed Martin F-22, que les forces américaines utilisent lors de patrouilles au-dessus de la Syrie.

Ce déploiement est survenu accompagné d’un avertissement couvert à Israël envoyé par un responsable russe, qui a fait savoir que la présence des Su-57 envoyait un message politique pour servir de dissuasion « auprès des forces aériennes des pays voisins, qui volent périodiquement dans l’espace aérien syrien sans y avoir été invités ».

S’adressant au réseau russe d’information Sputnik, Vladimir Gutenov, président de la commission de l’industrie militaire au sein du Parlement russe, a déclaré vendredi que les avions « ont besoin d’être testés dans des conditions de combat, dans des conditions de résistance à l’ennemi ».

Depuis 2015, lorsque Moscou a commencé à envoyer un soutien aérien au président Bashar Assad et à mener des frappes aériennes dans le pays, la Russie et Israël ont maintenu un accord ayant pour objectif d’éviter les confrontations accidentelles entre les deux pays dans l’espace aérien. Les pays utilisent une « hotline » pour communiquer sur la coopération sécuritaire.

Au début du mois, ce mécanisme a été testé lorsque Israël a abattu un drone iranien qui était entré dans l’espace aérien israélien, ce qui avait mené à des frappes d’ampleur en Syrie et à d’importantes ripostes de tir syriennes. Un avion-chasseur israélien de type F-16 avait été détruit en vol par les systèmes de défense aérien, accroissant les tensions.

Suite aux attaques, Israël a fait appel à la Russie pour intervenir et empêcher davantage d’escalade, et a expliqué à la Russie que ces événements venaient prouver que ses avertissements contre l’ancrage iranien en Russie et ses audaces toujours plus fortes en Syrie étaient justifiées. La Russie a appelé Israël et l’Iran à « de la retenue ».

Israël a, par-delà les années, mené un certain nombre de frappes aériennes en Syrie, qui auraient visé les cellules du Hezbollah, appuyées par l’Iran, et des transports d’armes.

Images satellite par ImageSat International, en Israël, qui montrent deux Su-57 russes en Syrie.

Pour sa part, la Russie a utilisé de manière régulière la Syrie comme terrain d’essai pour ses armes et ses technologies militaires les plus récentes. Un responsable russe a déclaré au début de la semaine que Moscou a testé plus de 200 armes au cours du conflit, qui est dorénavant dans sa huitième année.

« Lorsque que nous sommes venus en aide au peuple syrien, notre frère, nous avons testé plus de 200 nouveaux types d’armes », a expliqué jeudi Vladimir Shamanov. Shamanov est un acien commandant des troupes en vol, qui est dorénavant le chef de la commission de Défense russe à la Douma.

Au début du mois, le Pentagone a fait état de son inquiétude que les vols risqués de pilotes russes en Syrie puissent mener à un incident – ou au pire scénario imaginé par les Etats-Unis, celui d’un avion américain abattant un avion de guerre russe.

Les responsables de la Défense ont parlé de plusieurs incidents récents avec des avions russes, notamment un survenu le 14 février, lorsque deux F-22 américains ont intercepté deux avions de guerre russes au-dessus d’une région de la Syrie où, selon le Pentagone, ils n’auraient pas dû mener d’opérations.

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