La Russie présente “Satan 2”, sa plus importante arme nucléaire
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La Russie présente “Satan 2”, sa plus importante arme nucléaire

Le missile, qui a une portée de 10 000 km, et peut annihiler le Texas ou la France, sera produit en 2018

Le missile balistique intercontinental RS-28 Sarmat surnommé "Satan 2", présenté par le bureau de conception des fusées Makeev en octobre 2016. (Crédit : capture d'écran)
Le missile balistique intercontinental RS-28 Sarmat surnommé "Satan 2", présenté par le bureau de conception des fusées Makeev en octobre 2016. (Crédit : capture d'écran)

La Russie a publié les premières images de son nouveau missile balistique intercontinental (ICBM), armé d’une tête thermonucléaire super lourde.

Une illustration du missile Sarmat RS-28 a été publiée par le bureau de conception des fusées Makeev de Russie dimanche, selon l’agence de presse Sputnik.

Il doit remplacer l’ICBM R-36, qui date de la Guerre froide, surnommé « Satan » par l’OTAN.

Selon l’agence de presse Zvezda, le missile serait capable d’annihiler une zone de la taille du Texas, ou de la France, légèrement plus petite. Il pourrait voyager à une vitesse de Mach 12, soit plus de quatre kilomètres par seconde, rendant inefficace tous les systèmes de défense américains existants.

Il devrait commencer à être produit d’ici 2018.

L’image du « Satan 2 » publiée par le bureau des fusées était accompagnée de la légende suivante (traduction de l’agence Sputnik) :

Conformément au décret gouvernemental sur la commande publique de défense pour 2010 et la période prévisionnelle 2012-2013, le centre Makeev a été chargé de concevoir le missile de croisière Sarmat. En juin 2011, le ministère russe de la Défense a signé un contrat public pour le développement du missile Sarmat. Ce complexe stratégique est conçu pour remplir efficacement les tâches de dissuasion nucléaire des forces stratégiques russes.

Le texte est signé par les dirigeants de l’équipe de conception, Vladimir Degtiar et Iouri Kaverine.

Robert Kelly, expert nucléaire qui travaillait auparavant au département américain de l’Energie, a déclaré à NBC News que les améliorations par rapport au précédent missile étaient probablement électroniques, plutôt que dans le domaine de la portée ou de la capacité à transporter une tête nucléaire.

« La portée des missiles sera environ la même, la puissance destructive explosive sera environ la même, [mais] la fiabilité, la flexibilité et la confiance [dans la capacité de la tête nucléaire à toucher sa cible] seront très améliorées », a déclaré Kelly.

Il a déclaré à NBC que « votre iPhone peut faire des milliers de choses aujourd’hui qui n’existaient pas dans les années 1970, quand ces systèmes ont été déployés. Beaucoup des circuits électroniques maladroits de cette période n’existent plus, et plus personne ne sait encore comment les fabriquer. »

L’importante charge utile permettra au missile de transporter jusqu’à 10 têtes nucléaires lourdes, ou 15 légères. Il est affirmé que le missile aura une portée de 10 000 kilomètres, lui permettant d’atteindre toute l’Europe et les côtes est et ouest des Etats-Unis.

Le missile serait testé près de Miass, dans les montagnes de l’Oural.

Les tensions entre la Russie et l’Occident ont grimpé à leur pire niveau depuis la Guerre froide ces dernières années, après l’annexion par la Russie de la Crimée à l’Ukraine, et le lancement de sa campagne militaire russe en Syrie.

Depuis le début de la crise ukrainienne en 2014, la Russie a montré ses muscles avec une série de jeux militaires impliquant des dizaines de milliers de soldats dans des régions proches des états baltiques de l’OTAN.

L’OTAN a répondu en acceptant de déployer quatre bataillons en Pologne, en Lituanie, en Lettonie et en Estonie l’année dernière, pour renforcer son flanc est.

La Russie a également mis fin à plusieurs accords avec les Etats-Unis, dont un pacte de désarmement symbolique entre les deux puissances nucléaires pour éliminer le plutonium de grade nucléaire, alors que Washington arrêtait les discussions sur la Syrie.

Les Etats-Unis ont appelé ce mois-ci à une enquête sur la Russie et la Syrie pour crimes de guerre après le bombardement d’un hôpital à Alep, et ont accusé Moscou de tenter d’ « interférer » avec les élections présidentielles américaines.

L’AFP a contribué à cet article.

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