La France prendra contact avec la CPI pour les « crimes de guerre » de la Russie en Syrie
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La France prendra contact avec la CPI pour les « crimes de guerre » de la Russie en Syrie

Le président russe était attendu à Paris ce mois-ci, mais a "souhaité reporter" sa visite

Jean-Marc Ayrault, le ministre français des Affaires étrangères et du développement international, parle aux journalistes avant qu'il ne prenne la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies à New York, le 10 Juin 2016. (Crédit : AFP/Kena Betancur)
Jean-Marc Ayrault, le ministre français des Affaires étrangères et du développement international, parle aux journalistes avant qu'il ne prenne la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies à New York, le 10 Juin 2016. (Crédit : AFP/Kena Betancur)

Le président français François Hollande dira des « vérités » à son homologue russe Vladimir Poutine s’il se décide à le recevoir le 19 octobre à Paris, a déclaré lundi le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault.

Le président russe a cependant « souhaité reporter » sa visite à Paris, a annoncé la présidence française mardi.

« Si le président de la République décide que le président russe vient, ça ne sera pas pour des mondanités, ce sera pour dire des vérités, pour sortir de ce qui est en train de se passer là-bas [en Syrie] et pour faire prendre conscience à la Russie qu’elle est en train de s’engager sur une route dangereuse », avait noté le ministre sur la radio France Inter.

Cette visite en France était prévue de longue date puisque Poutine devait participer à l’inauguration à Paris du « Centre spirituel et culturel orthodoxe russe », qui doit abriter notamment une cathédrale orthodoxe.

Mais François Hollande avait déclaré se « poser la question » de recevoir Vladimir Poutine le 19 octobre, en raison des « crimes de guerre » commis par le régime de Bachar al-Assad à Alep avec le soutien de l’aviation russe.

François Hollande, alors candidat du Parti socialiste et du Parti radical de gauche pour l'élection présidentielle de 2012, au meeting socialiste de Besançon du 10 avril 2012. (Crédit : Wikimedia commons/CC.BY SA 3.0)
François Hollande, alors candidat du Parti socialiste et du Parti radical de gauche pour l’élection présidentielle de 2012, au meeting socialiste de Besançon du 10 avril 2012. (Crédit : Wikimedia commons/CC.BY SA 3.0)

Le président français a aussi souligné que « ceux qui commettent ces actes auront à en payer la responsabilité, y compris devant la Cour pénale internationale (CPI) ».

« Nous allons prendre contact avec la procureure générale de la Cour pénale internationale pour voir de quelle façon elle peut engager ces enquêtes », a indiqué Ayrault sans plus de précisions.

« Il y a des crimes de guerre » en Syrie, « c’est une évidence », a répété Ayrault. « Il faut dégager les responsabilités », a-t-il ajouté.

Ayrault a toutefois aussi souligné que, malgré le « profond désaccord » sur la Syrie, la Russie est « un pays partenaire, pas un adversaire » et que sa visite à Paris pourrait donner lieu à un sommet sur l’Ukraine.

« Il est même envisagé dans la même journée un sommet au niveau des chefs d’Etat pour essayer d’avancer des solutions sur l’Ukraine », a-t-il indiqué.

La France et l’Allemagne essaient depuis plusieurs semaines d’organiser un sommet sur l’Ukraine en octobre – dit au « format Normandie » en référence à la première rencontre du genre en France – entre Hollande, Poutine, la chancelière allemande Angela Merkel et le président ukrainien Petro Porochenko.

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