La Russie se propose comme médiateur entre Israël et les Palestiniens
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La Russie se propose comme médiateur entre Israël et les Palestiniens

Le chef de la diplomatie a souligné qu’il n’y aura pas de stabilité dans la région tant que la question palestinienne ne sera pas résolue

Le ministre russe aux Affaires étrangères  Sergey Lavrov lors de la conférence des dialogues méditerranéens à Rome, le 23 novembre 2018 (Crédit : AP Photo/Alessandra Tarantino)
Le ministre russe aux Affaires étrangères Sergey Lavrov lors de la conférence des dialogues méditerranéens à Rome, le 23 novembre 2018 (Crédit : AP Photo/Alessandra Tarantino)

Vendredi, Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a déclaré que Moscou était prêt à jouer le rôle de médiateur entre Israël et les Palestiniens, et que la stabilité dans la région ne pourrait pas être garantie tant que le conflit israélo-palestinien ne serait pas résolu.

« Il est impossible de créer la stabilité au Moyen-Orient, y compris en Libye et en Irak, sans une solution au plus vieux problème régional, le problème palestinien », a déclaré Lavrov, à l’occasion d’un voyage de deux jours à Rome.

« Nous soutenons la nécessité de la reprise des négociations directes entre Israéliens et Palestiniens. Nous renouvelons notre offre formulée il y a plusieurs années d’organiser une rencontre entre les dirigeants israéliens et palestiniens en Russie sans aucun pré-requis », a-t-il expliqué.

L’offre intervient alors que les relations entre les Palestiniens et les Etats-Unis, le médiateur traditionnel de la paix au Moyen-Orient, sont au plus bas.

Le plan de l’administration Trump pour une paix israélo-palestinienne doit être présenté dans les mois à venir.

Il est cependant peu probable que le plan soit bien accueilli par aucune des deux parties, tout particulièrement l’Autorité palestinienne (AP) qui boycotte l’administration Trump depuis sa reconnaissance, en décembre dernier, de Jérusalem comme la capitale israélienne. L’AP a promis de s’opposer à « l’accord du siècle ». Dans le même temps, le gouvernement de coalition n’est pas en position de force. Il est réduit à une peau de chagrin avec une majorité de 61 sur 120 sièges à la Knesset après la démission d’Avidgor Liberman de son poste de ministre de la Défense pour protester contre le cessez-le-feu de la semaine dernière à Gaza.

Mercredi, la ministre de la Justice Ayelet Shaked a déclaré qu’elle dirait au dirigeant américain que toute proposition de ce genre était une « perte de temps ».

La ministre de la Justice Ayelet Shaked prend la parole lors d’une cérémonie à la résidence du président à Jérusalem, le 9 août 2018. (Hadas Parush / Flash90)

« Je pense que le fossé entre les Palestiniens et les Israéliens est trop important pour être comblé, a-t-elle expliqué dans un entretien en anglais lors d’une conférence diplomatique au Jerusalem Post. Elle a ensuite ajouté : « Je pense personnellement que c’est une perte de temps. Même si je veux la paix comme tout le monde, je crois simplement être réaliste. Et je sais que c’est impossible dans un futur proche ».

Trump devait rencontrer ses proches conseillers cette semaine pour examiner le plan de paix de l’administration et discuter du calendrier de son dévoilement, selon un reportage télévisé dimanche.

Le Secrétaire d’Etat Mike Pompeo, le Conseiller à la sécurité nationale John Bolton, le conseiller proche et beau-fils de Trump Jared Kushner, ainsi que le représentant pour la paix au Moyen-Orient Jason Greenblatt participeront à la réunion, a-t-on appris dans un reportage de la Dixième chaîne. David Friedman, l’ambassadeur américain en Israël, a également fait le déplacement à Washington DC pour participer à la rencontre.

Des officiels américains ont déclaré à la chaîne d’information que Trump souhaiterait présenter le plan en février, mais que ses conseillers l’ont incité à faire preuve de plus de prudence. Il lui ont conseillé de prendre en compte la crise politique qui affecte Israël depuis la semaine dernière, alors que le gouvernement de majorité de Netanyahu ne tient maintenant qu’à un fil (61 sièges).

L’administration Trump évoque son plan de paix depuis plusieurs mois. Certains des détails ont déjà été annoncés, mais les Palestiniens ont promis de ne pas coopérer avec les Américains.

Israël reste aussi sur sa position que seuls les Etats-Unis peuvent être médiateurs au conflit.

Le président russe Vladimir Poutine avec Benjamin Netanyahu, au Kremlin à Moscou le 11 juillet 2018. (Crédit : AFP/ Pool/Yuri Kadobnov)

Ces derniers mois, les relations entre Jérusalem et Moscou se sont également tendues d’un cran depuis l’abattage d’un avion russe au-dessus de la Syrie lors d’une frappe israélienne.

Bien que l’avion ait été abattu par la défense aérienne syrienne, Moscou a considéré qu’Israël était responsable, affirmant que l’armée de l’air israélienne avait utilisé l’avion russe comme une couverture et n’avait pas prévenu convenablement les Russes. Israël a nié ces deux accusations.

Vendredi également, Riyad al-Maliki, le ministre palestinien des Affaires étrangères, a dit qu’il se rendrait à Moscou le 21 décembre pour mener des discussions avec Lavrov.

« Je me rendrai personnellement à Moscou le 21 décembre sur l’invitation de Lavrov. Bien sûr, nous discuterons non seulement de nos relations bilatérales avec la Férédation de Russie mais aussi… des avancées possibles dans le processus politique des efforts menés par la Russie pour remettre le processus politique sur de bons rails », a déclaré Maliki à Sputnik en marge du forum des Dialogues méditerranéens à Rome.

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