La série « Hunters » critiquée par le musée d’Auschwitz, son créateur la défend
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La série « Hunters » critiquée par le musée d’Auschwitz, son créateur la défend

David Weil a répondu aux craintes de négationnisme émises par le mémorial du camp de la mort au sujet de la série : "Ce n'est pas un documentaire. Et ça n'a jamais prétendu l'être"

David Weil, le réalisteur de la série Hunters assite à l'avant première de la série diffusée sur  Amazon Prime Video le 19 février 2020 à Los Angeles, California. (Crédit : Frazer Harrison/Getty Images/AFP)
David Weil, le réalisteur de la série Hunters assite à l'avant première de la série diffusée sur Amazon Prime Video le 19 février 2020 à Los Angeles, California. (Crédit : Frazer Harrison/Getty Images/AFP)

La série « Hunters » produite par Amazon, qui met en scène des chasseurs de nazis dans les années 1970, contient des scènes historiquement fausses, a déploré le mémorial du camp de la mort d’Auschwitz, qui craint que cela n’encourage les thèses négationnistes.

« Auschwitz était rempli de douleurs et de souffrances atroces, documentées par les récits des survivants. Inventer un faux jeu d’échecs humain pour (la série) Hunters est non seulement une stupidité dangereuse et une caricature, mais c’est aussi accueillir les futurs négationnistes… Nous honorons les victimes en préservant l’exactitude des faits », a écrit dimanche sur Twitter le musée d’Auschwitz, situé en Pologne.

Le message était accompagné d’une photo tirée de la scène de « Hunters » en question, montrant des prisonniers d’Auschwitz sur les cases d’un échiquier géant – chaque « pion » est tué quand il est éliminé du jeu.

La scène, l’un des « flashbacks » des évènements vécus par l’un des personnages, ne s’appuie sur aucune réalité historique, d’où la réaction de l’institution.

« Hunters » raconte l’histoire d’un groupe de chasseurs de nazis de New York dans les années 1970. À rebours de mini-séries historiques, elle puise son inspiration directement dans les comics de super-héros, et lorgne du côté de Tarantino version « Inglourious Basterds » (2009). Al Pacino y incarne Meyer Offerman, un riche New-Yorkais rescapé d’Auschwitz, à la tête du groupe.

La série a commencé à être diffusée vendredi par Amazon sur sa plateforme de vidéo à la demande.

Le créateur de la série, David Weil, s’est défendu lundi des critiques du mémorial d’Auschwitz, mettant en avant le fait qu’il s’agissait d’une œuvre de fiction.

« Hunters » a beau « être inspirée d’événements réels », « ce n’est pas un documentaire. Et ça n’a jamais prétendu l’être », écrit-il dans un communiqué transmis à l’AFP.

L’auteur, qui souligne avoir visité le camp de concentration où sa grand-mère a été déportée, qualifie ainsi la scène du jeu d’échecs « d’événement fictionnalisé ».

Pour lui, cette scène était importante afin de « montrer le sadisme et la violence extrêmes commis par les nazis contre les Juifs et les autres victimes » et ainsi « contrer le révisionnisme ».

L’Allemagne nazie a créé en 1940, après avoir occupé la Pologne au début de la Seconde Guerre mondiale, ce camp de la mort où plus d’un million de Juifs de toute l’Europe et 100 0000 non-Juifs ont été assassinés.

Auschwitz-Birkenau, où le nombre des morts a été le plus élevé, faisait partie d’un vaste réseau de camps à travers l’Europe mis en place dans le cadre de la « Solution finale » ordonnée par Adolf Hitler et son régime, en vue du génocide d’environ 10 millions de Juifs européens.

En fin de semaine dernière, le musée d’Auschwitz avait déjà mis en garde Amazon et demandé à l’entreprise de retirer de vente sur sa plateforme les livres antisémites pour enfants, datant de l’époque nazie.

« La propagande nazie haineuse et antisémite virulente est mise en vente non seulement sur @AmazonUK », a tweeté vendredi soir le mémorial d’Auschwitz sur son compte officiel.

« Des livres d’auteurs comme Julius Streicher peuvent également être trouvés sur @amazon & @AmazonDE. Ces livres devraient en être supprimés immédiatement. @JeffBezos @AmazonHelp », pouvait-on lire dans le message qui reproduit aussi des captures d’écran des livres mis en vente sur le site.

Parmi eux, un livre pour enfants antisémite intitulé Le champignon vénéneux rédigé par le membre du parti nazi Julius Streicher, sorti initialement en 1938.

Le livre est disponible sur Amazon dans la version originale en allemand (Der Giftpilz), mais aussi en anglais, français et espagnol, a constaté un journaliste de l’AFP lors d’une recherche en ligne.

Au cours des 18 derniers mois, Amazon a retiré notamment plusieurs livres d’auteurs d’extrême droite, notamment David Duke, ancien chef du Ku Klux Klan, et George Lincoln Rockwell, fondateur du parti nazi américain, selon le New York Times.

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