Israël en guerre - Jour 148

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La situation des femmes otages au cœur de la manifestation hebdomadaire

Revenant sur les violences sexuelles commises par le Hamas, des féministes israéliennes de premier plan ont appelé le Premier ministre, son épouse et les ONG à agir

Shira Albag évoque sa fille, Liri, lors d'un rassemblement réclamant la libération des otages kidnappés par le Hamas sur la "Place des Otages", à Tel Aviv, le 20 janvier 2024. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Shira Albag évoque sa fille, Liri, lors d'un rassemblement réclamant la libération des otages kidnappés par le Hamas sur la "Place des Otages", à Tel Aviv, le 20 janvier 2024. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

La situation critique et spécifique des femmes a été au cœur du rassemblement hebdomadaire réclamant la libération de plus de 130 personnes – avec parmi elles 14 femmes – qui seraient maintenues en détention par les terroristes palestiniens du Hamas et leurs complices à Gaza.

Cette 15e manifestation organisée à Tel Aviv sur la dite Place des Otages a été l’occasion de répéter, pour les intervenants, l’appel habituel lancé au gouvernement par les familles et leurs soutiens à accorder la priorité à la libération des captifs.

Le gouvernement s’est donné pour principale mission, actuellement, d’anéantir le Hamas.

Si l’État juif s’est engagé à démanteler le groupe terroriste et à garantir le retour des captifs, le Hamas, de son côté, réclame un cessez-le-feu en condition préalable à tout échange éventuel de détenus.

Le rassemblement a aussi mis l’accent sur les souffrances endurées par les 14 femmes qui seraient retenues en otage par le groupe terroriste – dont les hommes armés s’étaient rendus coupables de viol lors de leur assaut commis dans les communautés du sud d’Israël, le 7 octobre. Ils auraient aussi commis des agressions sexuelles sur certains otages – des femmes mais peut être également des hommes.

Hagit Peer, la responsable du groupe de défense des droits des femmes Naamat, a pris la parole au nom d’un grand nombre de personnes venues au rassemblement dans la soirée de samedi. Elle a demandé aux milliers d’Israéliens réunis sur la place d’imaginer les sentiments d’une mère dont la fille se trouve dans les geôles du Hamas depuis maintenant 106 jours, « une période pendant laquelle elle est envahie de manière répétée par les mains répugnantes de rebuts de l’Humanité », a-t-elle dit.

Le mois dernier, le Forum des familles des otages et des portés-disparus, qui organise les rassemblements, a publié un rapport basé sur les témoignages de plus de cent otages libérés – la majeure partie d’entre eux était constituée de femmes et d’enfants – qui avaient été relâchés dans le cadre d’un échange de prisonniers au cours d’une trêve d’une semaine à la fin du mois de novembre. Le rapport établissait qu’hommes et femmes avaient subi « des agressions sexuelles violentes » dans le cadre de leur captivité.

Des Israéliens lors d’un rassemblement en faveur de la libération des otages détenus par les terroristes du Hamas à Gaza sur la place des Otages de Tel Aviv, le 20 juin 2024. (Crédit :Miriam Alster/Flash90)

De multiples témoignages et éléments médico-légaux qui ont été trouvés sur les sites où les terroristes du Hamas avaient perpétré des atrocités, le 7 octobre, montrent que certains des 3 000 hommes armés qui avaient franchi la frontière, ce jour-là, avaient commis des viols sur des femmes, parfois avant de les tuer.

L’assaut – 1 200 personnes avaient été tuées sur le sol israélien et 253 personnes avaient été enlevées et prises en otage dans la bande de Gaza – a entraîné une campagne terrestre massive de l’armée israélienne au sein de l’enclave côtière, qui a causé la mort, selon Tsahal, de plus de 9 000 terroristes. Un millier d’hommes armés avaient été tués sur le sol israélien dans le sillage du 7 octobre. De leur côté, les autorités de Gaza indiquent qu’environ 24 000 personnes ont perdu la vie dans le cadre de l’offensive israélienne. Ces chiffres, qui ne peuvent être vérifiés, ne font pas la différence entre civils et terroristes et ils comprendraient les victimes des centaines de roquettes palestiniennes qui, manquant leur objectif, sont retombées dans la bande.

Peer a répété également que le rapatriement des otages valait la peine, « indépendamment du prix à payer ». Environ 136 captifs se trouveraient encore à Gaza après la remise en liberté d’une centaine d’entre eux dans la trêve qui s’était terminée début décembre.

Capture d’écran d’une vidéo de Hagit Peer, qui dirige l’organisation féminine Naamat. (YouTube)

Mais Peer s’est aussi adressée aux groupes internationaux de défense des droits des femmes, les accusant d’avoir largement fermé les yeux sur les victimes israéliennes et d’avoir renoncé à leur mission concernant ces victimes précises et les auteurs de ces violences.

« Les organisations internationales des droits des femmes qui évoquent ‘Me Too’ à toutes les occasions ont gardé un silence assourdissant. Peut-être parce qu’il s’agit d’un ‘Me too, à moins que vous ne soyez juive’. »

L’activiste féministe Moran Zer Katzenstein, qui a succédé à Peer à la tribune, a pour sa part mis en cause UN Women, l’instance chargée de la défense des droits des femmes au sein des Nations unies. UN Women et l’ONU en général, a-t-elle déclaré, « refusent de croire et de reconnaître les crimes horribles et les atrocités qui ont été perpétrés par le Hamas ».

Dans un communiqué paru le 1er décembre, UN Women avait fait savoir que l’organisation avait été « alarmée par les nombreux récits d’atrocités et de violences sexuelles » commises à l’encontre des femmes, appelant à l’ouverture d’une enquête en lien avec ces témoignages et à ce que les auteurs répondent de leurs actes. Toutefois, UN Women n’a pas ouvertement admis que ces violences étaient survenues dans les faits.

Des manifestantes se sont rassemblées devant le siège de l’ONU à New York, le 4 décembre 2023, pour protester contre le silence de la communauté internationale à propos des violences sexuelles commises par les terroristes du Hamas contre des femmes israéliennes lors du massacre du 7 octobre. (Crédit : Carli Fogel)

L’un des moments les plus émouvants de la manifestation a été le discours de Shira Albag, qui s’est souvenue qu’elle n’avait initialement pas reconnu Liri, sa fille âgée de 18 ans, quand la première image de cette dernière avait émergé, la montrant en captivité à Gaza.

« Il m’a fallu un petit moment pour la reconnaître, pour comprendre que cette jeune fille en sweat-shirt bleu était ma fille », a dit Shira. La photo en question, publiée au début du mois, montrait Liri, assise, en train de regarder l’objectif de l’appareil d’un air absent, la bouche légèrement ouverte et ses cheveux noirs emmêlés, décoiffés. Elle portait un sweat-shirt sale.

Shira Albag, deuxième à gauche et sa fille Shai brandissent une photo de Liri Albag sur la Place des Otages de Tel Aviv, le 20 janvier 2024. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

La vie a dorénavant un arrière-goût de mort, a confié Shira Albag aux milliers de personnes rassemblées.

« Je me réveille vivante et je vais dormir en ressentant la mort en moi », a dit Shira. « Et si c’est dur pour moi, alors je n’imagine pas comment ça doit être dur pour elle ?… Elle m’appelle, je l’entends appeler à l’aide, sans personne pour la protéger ou pour la prendre dans ses bras. Mais il y a des gens qui peuvent la sauver et nous pouvons aider à cela », a continué la mère éplorée, faisant référence au gouvernement et aux pressions exercées par les manifestants en faveur de la conclusion d’un accord qui permettrait aux otages de recouvrer la liberté.

La politicienne américaine Debbie Wasserman Schultz, représentante du 25e district de Floride au Congrès, s’est adressée aux femmes qui ont subi des violences sexuelles de la part des terroristes du Hamas dans un message diffusé sur grand écran pendant le rassemblement.

« Aux femmes qui ont vécu l’inimaginable le 7 octobre : Sachez que je me tiens à vos côtés, sachez que je vous crois et que je combattrai en votre nom », a dit Wasserman Schultz, qui est Juive et qui est membre du parti Démocrate. « Am Israel Chaï », a-t-elle ajouté, ce qui veut dire en hébreu « le peuple d’Israël vit ».

La représentante démocrate Debbie Wasserman Schultz. (Crédit  : AP/Richard Drew)

Angela Warnick Buchdahl, rabbin à la Central Synagogue de New York City, première femme à avoir pris la tête de cette congrégation du mouvement réformé depuis son établissement, il y a 180 ans, a dit également à l’occasion d’un message filmé : « Nous ne pourrons pas être libres avant que les otages ne soient remis en liberté. »

L’actrice Yael Abecassis s’est adressée à Sara Netanyahu, l’épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, pour la supplier d’intervenir. « Elles vous appellent en hurlant depuis l’obscurité des tunnels », a-t-elle crié, « et vous avez avez le pouvoir de leur venir en aide ».

Sara Netanyahu sur le site du festival de musique électronique Supernova où les hommes du Hamas ont commis des atrocités, aux abords de la frontière entre Israël et Gaza, le 30 novembre 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

Le nom de Sara Netanyahu, quand il a été prononcé par Abecassis, a fait l’objet de huées – nombreux sont ceux qui, parmi les détracteurs de son mari, la décrient avec force.

La manifestation de samedi a coïncidé avec une autre qui était organisée aux abords de la résidence privée de Netanyahu à Césarée. Des milliers de personnes, et notamment des proches des otages, se sont rassemblées là-bas également. Un autre mouvement de protestation contre le gouvernement a aussi eu lieu place Habima, à Tel Aviv – près de la place des Otages – et devant la résidence officielle du Premier ministre à Jérusalem.

Des manifestants aux abords de la résidence du Premier ministre à Jérusalem en faveur de la libération des otages retenus en captivité par le Hamas à Gaza, le 20 janvier 2024. (Crédit : MARCO LONGARI / AFP)

Lors du début du rassemblement, place des Otages, un intervenant a rappelé aux participants de ne pas entonner le slogan « Honte ! », qui est utilisé lors des manifestations anti-gouvernementales.

« Nous ne faisons pas de politique ici », a-t-il affirmé. « Il y a d’autres endroits pour ça. Ici, pour nous, c’est ‘maintenant’ parce que nous voulons tous qu’ils reviennent et qu’ils reviennent maintenant ».

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