La situation en Cisjordanie est « sous contrôle », selon l’armée
Rechercher

La situation en Cisjordanie est « sous contrôle », selon l’armée

Malgré les émeutes et les attaques à travers Israël et dans les Territoires, Tsahal prévoit un retour au calme

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un jeune Palestinien jette des pierres sur les soldats israéliens lors d'affrontements près de l'implantation juive de Bet El, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 4 octobre 2015 (Crédit photo: Abbas Momani / AFP)
Un jeune Palestinien jette des pierres sur les soldats israéliens lors d'affrontements près de l'implantation juive de Bet El, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 4 octobre 2015 (Crédit photo: Abbas Momani / AFP)

Malgré plusieurs attaques contre des civils israéliens et les manifestations violentes des Palestiniens de ces derniers jours, la situation en Cisjordanie est « sous contrôle », a affirmé mercredi une responsable de l’armée israélienne.

Suite à la fusillade mortelle de la semaine dernière dans laquelle Eitam et Naama Henkin ont été assassinés en rentrant chez eux d’un événement de la fête de Souccot alors que leurs enfants étaient sur la banquette arrière, Tsahal a rapidement deployé des troupes supplémentaires en Cisjordanie.

« Nous avons décidé de renforcer la zone. Nous avons introduit quatre bataillons ‘dans le quartier' », a déclaré la responsable militaire. « L’objectif est d’abord et avant tout de protéger les axes routiers et les implantations que nous avons ici. »

En règle générale, l’armée israélienne ne fournit pas le nombre exact de soldats au risque de dévoiler des renseignements classifiés. Cependant, dit-elle, « vous pouvez regarder la taille d’un bataillon » – de plusieurs centaines à un millier de soldats – « et multiplier par environ 3,5 ».

Des soldats israéliens de la brigade Givati ​​se préparent à une mission nocturne dans la ville de Naplouse en Cisjordanie, le 7 octobre 2015  (Crédit photo: Porte-parole de Tsahal / Flash90)
Des soldats israéliens de la brigade Givati ​​se préparent à une mission nocturne dans la ville de Naplouse en Cisjordanie, le 7 octobre 2015 (Crédit photo: Porte-parole de Tsahal / Flash90)

Bien que les Palestiniens et les Arabes israéliens aient violemment manifesté à travers Israël et la Cisjordanie, l’armée israélienne a cité des périodes de crises précédentes de violence pour démontrer que le calme peut encore être restauré.

« L’année dernière, nous avons eu les opêrations Gardiens de nos frères puis Bordure protectrice, » rappelle la responsable de l’armée, « qui ont également provoqué un pic, mais après, nous sommes revenus au calme », en référence à l’opération de Tsahal pour localiser trois adolescents israéliens qui avaient été enlevés en Cisjordanie par une cellule affiliée au Hamas – et plus tard retrouvés morts – et au conflit de 50 jours dans la bande de Gaza qui a suivi.

Plus récemment encore, cet été, suite à une attaque par des terroristes juifs présumés contre la famille Dawabsha dans le village palestinien de Duma, dans laquelle le bébé de 18 mois Ali Dawabsha et ses parents ont été tués, il y a eu aussi une explosion de violence. Nous avons réussi à « endiguer cette explosion, » a-t-elle expliqué.

L’armée israélienne se concentre donc actuellement en Cisjordanie à « arrêter ces debordements », » a-t-elle précisé.

Avec de plus en plus d’attention accordée à la recrudescence de la violence à la fois tant au niveau national qu’international, il est peut-être trop tard pour la prévention.

« Il y a beaucoup de colère et il y a beaucoup de déclarations sur Facebook, » dit-elle.

Cependant, cela risque d’être trompeur, selon elle. « Dans les faits beaucoup moins de gens manifestent. Le concept de sortir le vendredi »- le jour le plus commun pour les manifestations palestiniennes – » et faire quelque chose, c’est à un niveau beaucoup plus faible que ce qui est montré. »

Mais cela ne veut pas dire que l’armée israélienne n’est pas consciente de la hausse du niveau de violence à Jérusalem et en Cisjordanie.

« La semaine dernière, nous avons assisté à une augmentation à la fois dans le nombre de ‘points de friction’ et dans le nombre de personnes, » reconnaît-elle.

Manifestant palestinien dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le lundi 5 octobre 2015 (Crédit photo: Flash90)
Manifestant palestinien dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le lundi 5 octobre 2015 (Crédit photo: Flash90)

« En ce qui concerne les prochains jours, cela dépendra bien sûr de ce qui se passe, mais nous avons le contrôle », a déclaré la porte-parole.

L’armée israélienne en Cisjordanie a été plus active que d’ordinaire. « Il y a eu beaucoup d’arrestations, beaucoup de saisies d’armes. Tsahal opère partout, partout où cela est nécessaire », précise-elle.

« Ces choses sont sous contrôle, » a-t-elle réitéré.

D’avantage d’attaquants individuels

Un point commun à toutes les récentes attaques au couteau et par jets de pierres contre des Israéliens de ces dernières semaines est que les terroristes n’ont pas de véritable affiliation à un groupe terroriste.

Bien que dans certains cas, le Hamas ou le Jihad islamique aient revendiqué l’attentat, les agresseurs au couteau et les lanceurs de pierres ne font pas partie d’une infrastructure terroriste formelle.

Certes, les cinq terroristes qui ont attaqué la famille Henkin étaient membres d’une cellule du Hamas.

Mais Ahmed Younis Vareidat, par exemple, qui a poignardé mercredi un homme dans la ville israélienne de Petah Tikva, n’avait aucune affiliation ou antécédent criminel, selon le service de sécurité du Shin Bet. Bien que le Hamas ait revendiqué son appartenance à son groupe terroriste.

Ces terroristes, que certains appellent « loups solitaires », présentent un sérieux défi à l’armée et aux forces de sécurité.

« Ce à quoi auquel nous assistons maintenant – bien que cela ne soit pas quelque chose de nouveau – c’est l’attaquant individuel, » a affirmé la responsable de Tsahal. « Ce n’est pas quelque chose qui a une infrastructure sur laquelle vous pouvez ensuite enquêter et enfin analyser. »

Avec un effort renouvelé pour recueillir des renseignements grâce à des caméras de sécurité supplémentaires et au travail de terrain, les renforts de troupes dans la région et la coopération avec les forces de sécurité palestiniennes, l’armée israélienne espère surmonter ces défis, a-t-elle déclaré.

« Vous ne pouvez pas promettre à 100 % que rien ne se passera, mais je peux dire que nous faisons tout ce que nous pouvons », a affirmé la responsable.

« Ne détournez pas Tsahal de son but »

Il n’est pas encore clair si les affirmations de Tsahal sont réellement une indication de la situation actuelle ou plutôt une tentative de relations publiques pour apaiser l’agitation.

Les responsables de l’armée, cependant, maintiennent leur optimisme.

« Autour des fêtes, il y a toujours une légère hausse », a souligné la source de l’armée.

« Mais nous avons constaté que sur le terrain il y a plus de facteurs de stabilisation que de facteurs déstabilisants, qu’il y a plus de choses qui maîtrisent la violence que celles qui y incitent. »

Jusqu’à présent, en Cisjordanie, sans compter Jérusalem, precise-t-elle, il y a eu deux morts [israéliens]. « Les statistiques et les chiffres ne sont pas tout, mais l’année dernière il y a eu 14 victimes [du terrorisme] et cette année, bien qu’elle ne soit pas encore terminée, il n’y en a eu que 8 – 4 d’entre elles à Jérusalem ».

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu parle avec le ministre de la Défense Moshe Yaalon et le chef d'état-major de Tsahal Gadi Eizenkott lors d'une visite en Cisjordanie suite aux récentes attaques terroristes, le 6 octobre 2015. (Crédit : Amos Ben Gershom / GPO)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu parle avec le ministre de la Défense Moshe Yaalon et le chef d’état-major de Tsahal Gadi Eizenkott lors d’une visite en Cisjordanie suite aux récentes attaques terroristes, le 6 octobre 2015. (Crédit : Amos Ben Gershom / GPO)

En ce qui concerne les résidents des implantations manifestant et attaquant les Palestiniens, la porte-parole a réitéré la déclaration faite mardi par le chef d’état-major de Tsahal Gadi Eisenkot lors d’une visite en Cisjordanie, exhortant les résidents juifs et les militants d’extrême-droite à ne pas attaquer les Palestiniens ni les soldats de Tsahal.

« Toute action qui empêche l’armée israélienne de mener à bien sa mission centrale – la défense et la sécurité – la dérange, » dit-elle.

« Ceci est un message clair qui a également été remis aux dirigeants des implantations : ‘Ne détournez pas Tsahal de son but’. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...