La Suède hôte d’une conférence internationale contre l’antisémitisme en 2020
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La Suède hôte d’une conférence internationale contre l’antisémitisme en 2020

Après les attentats de 2015 à Paris et Copenhague, le centre Simon Wiesenthal avait réclamé l'organisation d'une conférence européenne contre l'antisémitisme

David Lammy (2 à droite), membre du Parti travailliste britannique, se joint aux membres de la communauté juive qui manifestent contre le chef du parti travailliste britannique Jeremy Corbyn et l'antisémitisme au sein du parti travailliste devant les chambres du Parlement britannique dans le centre de Londres le 26 mars 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Tolga AKMEN)
David Lammy (2 à droite), membre du Parti travailliste britannique, se joint aux membres de la communauté juive qui manifestent contre le chef du parti travailliste britannique Jeremy Corbyn et l'antisémitisme au sein du parti travailliste devant les chambres du Parlement britannique dans le centre de Londres le 26 mars 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Tolga AKMEN)

La Suède accueillera les 27 et 28 octobre 2020 une conférence internationale contre l’antisémitisme et pour la mémoire de l’Holocauste, a annoncé vendredi le Premier ministre suédois Stefan Löfven.

La conférence se tiendra à Malmö (sud) en présence de chefs d’Etat et de gouvernement étrangers, 20 ans après la Conférence internationale de Stockholm sur la Shoah et 75 ans après la libération du camp d’Auschwitz.

« L’antisémitisme sévit en Suède, en Europe et dans le monde. L’antisémitisme n’est pas seulement un problème pour les juifs, c’est un poison pour toute la société », a indiqué Stefan Löfven dans un entretien à l’AFP.

Le chef du gouvernement suédois avait déjà fait part par le passé de sa volonté d’organiser une grande conférence sur l’antisémitisme mais son officialisation en pleine campagne pour les élections européennes est « d’autant plus importante que le scrutin est un référendum pour les forces populistes », selon lui.

« C’est un choix de valeurs, pour l’égalité entre les Hommes, il faut faire entendre cette voix », a-t-il ajouté.

Alors que la Suède entretient des rapports parfois difficiles avec Israël depuis la reconnaissance de « l’Etat de Palestine » par le premier gouvernement de Stefan Löfven en 2014, le dirigeant social-démocrate se pose en rempart contre l’antisémitisme, tant au plan national qu’international.

Après les attentats de 2015 à Paris et Copenhague, le centre Simon Wiesenthal avait réclamé l’organisation d’une conférence européenne contre l’antisémitisme.

Malmö s’était portée candidate à son organisation en rappelant qu’elle avait accueillie les juifs danois fuyant par la mer le Danemark occupé pendant la Seconde Guerre mondiale, puis des centaines de rescapés des camps de concentration nazis.

Selon leurs institutions représentatives, entre 15 000 et 20 000 juifs vivent en Suède, dans un pays de 10 millions d’habitants qui comptent plusieurs centaines de milliers de musulmans, dont une communauté importante vit à Malmö.

Le royaume scandinave a accueilli 400 000 migrants depuis 2014, plus que tout autre pays européen par rapport à sa démographie, en majorité originaires de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan et d’Erythrée.

Selon le dernier rapport du Conseil de prévention de la délinquance datant de 2016, 3 % seulement des délits déclarés liés à l’appartenance religieuse, ethnique, politique ou sexuelle revêtaient un caractère antisémite.

Mais les juifs eux-mêmes déclarent ressentir une montée des actes et paroles hostiles les visant à raison de leur confession, et plusieurs attaques ont visé ces dernières années des magasins appartenant à des juifs, ou des lieux cultuels et culturels juifs, notamment à Malmö.

La mouvance néonazie, bien qu’ultraminoritaire avec une grosse centaine de militants actifs selon la fondation antiraciste Expo, est par ailleurs visible, tirant profit du droit suédois très protecteur en matière de liberté d’expression et de manifestation.

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