La Sûreté belge dresse un état des lieux des menaces
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La Sûreté belge dresse un état des lieux des menaces

Radicalisation islamiste en prison, régénérescence des mouvements néo-nazis et espionnage chinois, les services intérieurs dévoilent les menaces qui planent sur la Belgique

Policiers et soldats devant la Gare centrale de Bruxelles, après une tentative d'attentat, le 20 juin 2017. (Crédit : Thierry Roge/AFP)
Policiers et soldats devant la Gare centrale de Bruxelles, après une tentative d'attentat, le 20 juin 2017. (Crédit : Thierry Roge/AFP)

Pour la première fois depuis 2011, la Sûreté belge, le service de renseignement civil et de sécurité, a publié un rapport sur l’état des différentes menaces présentes dans les frontières du pays. Et ce, avec un franc-parler souligné par le journal L’Echo.

La table des matières donne une nette image des constations de la Sûreté. Ainsi les principales menaces qui pèsent sur la Belgique sont au nombre de quatre : deux risques de causer des violences en Belgique (les chapitres « la radicalisation dans les prisons ne faiblit pas » et « le nouveau visage de l’extrême droite en Belgique ») et deux sont à surveiller pour des raisons économiques, stratégiques ou diplomatiques (« Pourquoi Bruxelles est intéressante pour les Russes » et « le réseau des organes de renseignement chinois »).

Car Bruxelles n’est pas seulement la capitale de la Belgique, elle est aussi la ville en Europe qui accueille les principales institutions de l’Union européenne. A ce titre, les décisions qui peuvent y être prises, et les manières de les orienter intéressent au plus haut point les services chinois et russes selon les services belges.

Ainsi, ils ont constaté que « les services de renseignement chinois traditionnels se livraient à des activités de renseignement dans notre pays », et utilisent des « groupes de réflexion, sociétés de médias, entreprises publiques ».

Quant à la Russie, les services affirment que « l’affaire Skripal ne doit pas faire oublier les récentes activités d’espionnage dans le monde occidental : les suspicions d’interférence russe dans les processus démocratiques occidentaux, les campagnes de désinformation, les tentatives d’intimidation d’opposants politiques en Europe, etc… »

Dans ces deux cas, la Sûreté appelle à une plus grande coopération avec les pays alliés de la Belgique.

Au niveau intérieur, elle note la « réapparition [du] nazisme radical » et de « la culture skinhead » ainsi que d’une « extrême droite en col blanc » avec une « tendance à l’armement », nourrie par l’imminence imaginée d’une confrontation avec l’islam radical.

Les services belges s’alarment également « des élans récidivistes des détenus condamnés pour terrorisme » et de la « menace djihadiste qui ne s’est pas réduite ».

Les attentats du 22 mars 2016, deux ans après l’attaque du musée juif de Bruxelles « semble avoir limité le travail de la Sûreté à la seule lutte contre le terrorisme. Toutefois ses activités concernent nombres d’autres domaines, » conclut le rapport.

 

 

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