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La tentative de Netanyahu d’écarter Shaked est une « erreur » – sources du Likud

Des sources anonymes du parti ont indiqué à la Douzième chaîne que Shaked était le « seul espoir  » du chef de l’opposition de réunir 61 sièges et former une coalition de droite

Archives : Le Premier ministre de l'époque, Benjamin Netanyahu, à droite, s’adressant à la ministre de la Justice de l'époque, Ayelet Shaked, à la Knesset, le 21 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Archives : Le Premier ministre de l'époque, Benjamin Netanyahu, à droite, s’adressant à la ministre de la Justice de l'époque, Ayelet Shaked, à la Knesset, le 21 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le président du Likud, Benjamin Netanyahu, pourrait s’en vouloir d’avoir écarté Ayelet Shaked, cheffe du parti nationaliste-religieux HaBayit HaYehudi, en vue du scrutin national du 1er novembre, car elle pourrait être sa seule chance de former une coalition de droite de 61 sièges à la Knesset, ont déclaré samedi des proches du Likud.

Selon une information de la Douzième chaîne, des sources anonymes au sein du parti ont fait savoir que le fait pour Netanyahu d’inciter Shaked – dont le parti se place bien en deçà du seuil minimum de 3,25 % des voix dans les derniers sondages – à abandonner la course pourrait bien lui coûter le siège de Premier ministre à la tête du prochain gouvernement.

« Netanyahu commet des erreurs dans la gestion de la campagne [politique] et l’une d’elles concerne Shaked », ont expliqué les sources.

Un sondage télévisé paru cette semaine indique que le bloc dirigé par Netanyahu se trouvait juste en-deçà de la majorité dont il a besoin pour former un gouvernement.

Le bloc de Netanyahu, composé de partis de droite et religieux, serait aujourd’hui crédité de 59 sièges dans la prochaine Knesset, loin de la majorité de 61 sièges nécessaire pour former un gouvernement, selon l’estimation de la Douzième chaîne.

Un sondage réalisé samedi par le radiodiffuseur public Kan montre que le parti Yesh Atid de Lapid et Yisrael Beytenu, dirigé par Avigdor Liberman, gagnaient du terrain alors que le bloc Netanyahu restait crédité de 59 sièges.

Selon l’enquête Kan, si des élections avaient lieu aujourd’hui, le Likud de Netanyahu obtiendrait 32 sièges, Yesh Atid de Lapid passerait à 25, HaMahane HaMamlahti de Benny Gantz et Gideon Saar à 12, à égalité avec Otzma Yehudit de Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir, Shas à 8, Yahadout HaTorah à 7, Yisrael Beytenu à 6, Avoda à 5, à égalité avec le Meretz, et enfin Raam et Hadash-Taal, tous deux à 4.

Shaked est la « seule chance de Netanyahu d’obtenir 61 [sièges] », ont déclaré les sources à la Douzième chaîne à propos de la dirigeante de HaBayit HaYehudi, par ailleurs ministre de l’Intérieur depuis 2021 au sein d’une coalition gouvernementale large mais de courte durée, formée par Naftali Bennett, alors à la tête de Yamina, avec Shaked en numéro deux.

Bennett a remis la direction de Yamina à Shaked après avoir annoncé son retrait temporaire de la vie politique suite à l’effondrement de sa coalition cet été.

Bennett occupe le poste de Premier ministre suppléant au sein du gouvernement intérimaire avec Yair Lapid – de Yesh Atid – comme Premier ministre, conformément à l’accord de coalition.

Shaked a, un temps, fait cause commune avec la faction Derech Eretz pour former l’alliance HaRouah HaTzionit, mais la plate-forme s’est effondrée à la mi-septembre, minée par des sondages désastreux et des désaccords nés de l’intention de Shaked de siéger dans un gouvernement de droite dure dirigé par Netanyahu.

Elle a depuis accepté de se présenter à la tête du parti HaBayit HaYehudi et fait amende honorable pour avoir pris part à la coalition élargie l’an dernier. Elle s’est engagée à soutenir Netanyahu pour le poste de Premier ministre.

Le parti Yamina a beaucoup souffert de son exercice du pouvoir.

La décision de Bennett de s’associer à des partis de gauche et à la faction islamiste Raam au sein de la coalition, l’année dernière, a permis de doter Israël d’un gouvernement fonctionnel après une série d’élections infructueuses, mais des électeurs du parti de droite n’ont jamais accepté cette décision, et trois de ses membres ont même quitté la coalition.

Rien ne dit que cette nouvelle formation politique assurera plus de suffrages à Shaked que la précédente, avec laquelle elle était créditée d’un score bien inférieur au seuil d’éligibilité à la Knesset.

Au vu de la piètre performance de Shaked dans les sondages, le Likud a invité cette semaine les électeurs à ne pas voter pour le parti de la ministre de l’Intérieur.

« Ayelet ne passe pas [le seuil], un vote pour elle est un vote perdu », peut-on lire dans un communiqué publié par le Likud.

En réponse, Shaked a déclaré : « Netanyahu, vous savez que j’ai de bonnes chances de passer. Alors merci de ne pas m’offrir d’emploi, je n’ai pas rejoint la politique pour ça. Je ne travaille que pour la droite, laissez-moi faire mon travail. Vous savez que je suis votre dernière chance. »

Netanyahu « laisse sa famille décider », ont déclaré samedi des sources du Likud à la Douzième chaîne, allusion aux mauvaises relations entre Sara Netanyahu et Shaked, qui a commencé sa carrière comme collaboratrice de Netanyahu au cabinet du Premier ministre.

Sara Netanyahu se serait opposée à ce que Shaked entre au Likud pour les élections de 2019.

Dans un enregistrement diffusé en mai 2021 qui avait fait grand bruit, Shaked disait de Netanyahu et de son épouse Sara qu’ils étaient des « dictateurs » et des « tyrans » mus par une « énorme soif de pouvoir ».

Mercredi, Shaked a nié être en pourparlers pour négocier les conditions de sa reddition.

« Il n’y a aucune négociation en cours », a déclaré Shaked à la radio 103FM, réagissant à des informations selon lesquelles on lui aurait offert un poste d’ambassadrice si elle se retirait de la course.

« Il semble que Smotrich et ses amis n’aient rien à dire parce qu’ils passent leur temps à parler de moi. »

La ministre a ajouté qu’elle « avait l’intention d’aller jusqu’au bout de la campagne ».

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