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La traque du financement du Hamas par les cryptomonnaies s’intensifie

En avril, le groupe terroriste a annoncé qu'il ne collecterait plus d'argent en bitcoin à cause de la surveillance de plus en plus accrue des autorités et passe désormais par des groupes de soutien

Sur cette photo d'archive du 9 février 2021, le logo Bitcoin apparaît sur l'écran d'affichage d'un distributeur de crypto-monnaies au magasin Smoker's Choice de Salem, N.H. (Crédit : AP/Charles Krupa).
Sur cette photo d'archive du 9 février 2021, le logo Bitcoin apparaît sur l'écran d'affichage d'un distributeur de crypto-monnaies au magasin Smoker's Choice de Salem, N.H. (Crédit : AP/Charles Krupa).

La traque des financements du Hamas à travers les cryptomonnaies par Israël et les Etats-Unis s’est renforcée depuis le début de la guerre entre le groupe terroriste islamiste palestinien et Israël, rapportent des analystes.

« Nous constatons beaucoup moins d’activité depuis le début de la guerre, principalement parce qu’Israël a été très agressif dans ses efforts pour réduire ces efforts de collectes de fonds » en cryptomonnaies, estime Ari Redbord, en charge des sujets de politique mondiale chez TRM Labs, société spécialisée dans la traque de fonds illicites en cryptomonnaies.

Il y a deux semaines, Israël a localisé et gelé des comptes qui servaient au Hamas « pour solliciter des dons sur les réseaux sociaux » sur la plus grande plateforme mondiale d’échange de cryptomonnaies, Binance, a indiqué la police israélienne.

Questionné par l’AFP, Binance a répondu suivre « les règles de sanctions internationalement reconnues », en « bloquant le petit nombre de comptes liés à des fonds illicites ».

Facilement transférables et moins facilement traçables qu’un transfert de fonds depuis un compte bancaire classique, les cryptomonnaies, actifs numériques reposant sur la technologie de la blockchain (« chaîne de bloc »), un registre virtuel décentralisé, sont parfois utilisées par des acteurs illégaux.

Pièce du puzzle

D’après Ari Redbord, un ancien haut responsable du Trésor américain, le Hamas a eu recours très tôt aux cryptomonnaies, dès 2019 au moins, pour ses collectes de fonds, sur le réseau Telegram voire sur son propre site internet.

Le Département du Trésor américain (Crédit : Florian Hirzinger/CC BY-SA/WIkimedia commons)

En avril, le groupe terroriste islamiste a annoncé qu’il ne collecterait plus d’argent en bitcoin à cause de la surveillance de plus en plus accrue des autorités. Les levées de fonds en cryptomonnaies passent désormais par des groupes de soutien au Hamas.

Depuis le début de la guerre, déclenchée par l’attaque meurtrière du Hamas le 7 octobre en Israël, les adresses des portefeuilles virtuels en cryptomonnaies liés aux groupes de soutien surveillés par TRM Labs ont vu transiter des sommes bien plus faibles qu’habituellement.

Deux semaines après les attaques, l’un de ces groupes, Gaza Now, a ainsi reçu environ 6 000 dollars sur l’une de ses adresses, contre 800 000 dollars au total depuis la création de celle-ci en août 2021, précise M. Redbord.

Les cryptomonnaies ne sont également qu’une « toute petite pièce d’un puzzle plus vaste de financement pour le Hamas », ajoute-t-il.

Le groupe terroriste islamiste compte notamment sur l’Iran – qui verse cent millions de dollars par an à des groupes palestiniens classés comme terroristes par les Etats-Unis, dont le Hamas, selon le département d’Etat américain -, sur « les impôts imposés aux Palestiniens, un réseau d’associations caritatives et une diaspora de sympathisants qui envoient des dons », énumère l’expert.

Le poids des cryptomonnaies dans cette constellation de financements n’est pour autant pas négligeable: des adresses identifiées par Israël comme associées au Hamas ont reçu environ 41 millions de dollars en cryptomonnaies entre août 2020 et juillet dernier, d’après la société d’analyse et de logiciel israélienne BitOK.

D’autres, liées au Jihad islamique, un groupe allié au Hamas, ont capté selon BitOK l’équivalent de plus de 154 millions de dollars entre octobre 2022 et septembre dernier – certaines étant toujours actives.

Le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mashaal (à gauche), et l’ancien Premier ministre du Hamas à Gaza, Ismail Haniyeh, se saluent lors d’une conférence de presse dans la bande de Gaza en 2012. (Crédit : Suhaib Salem/AP)

Certaines plateformes d’échanges de cryptomonnaies ferment les yeux, surtout celles « basées dans des juridictions peu ou pas réglementées », remarque Joby Carpenter, spécialiste en cryptoactifs pour l’Acams, un groupe de lutte contre le blanchiment d’argent interrogé par l’AFP.

Le Trésor américain a ainsi adopté la semaine dernière des sanctions ciblant les responsables de l’échange de cryptomonnaies Buy Cash, basé à Gaza, dont plusieurs comptes impliqués dans des levées de fonds pour le Hamas avaient été gelés en 2021.

Les patrons de ces entreprises, de leur côté, se défendent, à l’instar de Paolo Ardoino, PDG de la société Tether, émettrice d’une cryptomonnaie éponyme, qui assure que « contrairement aux croyances », les cryptomonnaies « sont les actifs les plus traçables ».

Chaque transaction en cryptomonnaies est enregistrée dans un registre immuable et public, contrairement aux méthodes de blanchiment d’argent classiques.

Tether a annoncé mi-octobre avoir gelé plus de 873 000 dollars sur 32 adresses liées au terrorisme, et aux guerres en Ukraine et entre Israël et le Hamas.

La semaine dernière, l’administration américaine a également proposé d’imposer davantage de transparence aux « mixeurs » – des services utilisés selon elle par des acteurs malveillants, dont le Hamas, pour anonymiser des fonds en cryptomonnaies autrement retraçables.

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