La Turquie somme le Kurdistan irakien d’annuler son référendum
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La Turquie somme le Kurdistan irakien d’annuler son référendum

“Pas un pays, en dehors d'Israël, ne soutient l'organisation de ce référendum sur l'indépendance”, a souligné le porte-parole d'Erdogan

Aldar Khalil (C), du Mouvement pour une société démocratique, et le cheikh Hamad Sheikh Shihadeh (à droite), le chef du clan Naim dans le nord de la Syrie, lors d'une réunion de plus de 150 délégués kurdes, arabes, assyriens et d'autres parties dans la ville de Rmeilan, dans la province de Hasakah nord-est de la Syrie, où la décision a été prise d'établir une région fédérale, le 16 mars 2016 (Crédit : AFP / DELIL SOULEIMAN)
Aldar Khalil (C), du Mouvement pour une société démocratique, et le cheikh Hamad Sheikh Shihadeh (à droite), le chef du clan Naim dans le nord de la Syrie, lors d'une réunion de plus de 150 délégués kurdes, arabes, assyriens et d'autres parties dans la ville de Rmeilan, dans la province de Hasakah nord-est de la Syrie, où la décision a été prise d'établir une région fédérale, le 16 mars 2016 (Crédit : AFP / DELIL SOULEIMAN)

La Turquie a sommé jeudi le Kurdistan irakien d’annuler la tenue d’un référendum sur son indépendance, le porte-parole du président Recep Tayyip Erdogan avertissant qu’un tel scrutin aurait pour conséquence d’ « isoler » Erbil.

« Nous attendons des autorités du Kurdistan irakien à Erbil qu’elles reviennent sur cette mauvaise décision sans délai », a déclaré Ibrahim Kalin, porte-parole du chef de l’Etat turc, lors d’une conférence de presse à Ankara.

La tenue du scrutin « renforcerait leur isolement, car, comme vous pouvez le constater, pas un pays, en dehors d’Israël, ne soutient l’organisation de ce référendum sur l’indépendance », a poursuivi Kalin.

La consultation populaire est prévue le 25 septembre dans cette région du nord de l’Irak bénéficiant depuis 1991 d’une autonomie qui s’est élargie au fil des ans.

Le président de la région autonome du Kurdistan irakien Massoud Barzani (Crédit : Facebook)
Le président de la région autonome du Kurdistan irakien Massoud Barzani (Crédit : Facebook)

Ankara et les autorités du Kurdistan irakien entretiennent des rapports complexes : si leurs échanges commerciaux sont florissants, la Turquie élève régulièrement la voix pour critiquer le projet de création d’un état kurde indépendant.

La Turquie est confrontée à une sanglante rébellion séparatiste dans le sud-est de son propre territoire, et redoute l’effet contagieux que pourrait avoir la création d’un état kurde à sa frontière.

Signe de la menace stratégique que représente aux yeux d’Ankara la création d’un état kurde, l’armée turque a lancé l’an dernier une offensive terrestre dans le nord de la Syrie pour, notamment, empêcher la jonction des territoires contrôlés par des milices kurdes.

Visiblement excédé, le ministère turc des Affaires étrangères a prévenu sans prendre de gants jeudi que la tenue du référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien aurait « un prix », sans préciser lequel.

Le Parlement du Kurdistan, qui n’a pas siégé depuis plus de deux ans, se prononcera vendredi sur l’organisation de ce référendum, annoncé en juin par le président de la région autonome Massoud Barzani.

Les responsables kurdes ont affirmé qu’une victoire du « oui » n’entraînerait pas aussitôt l’annonce de l’indépendance, mais leur permettrait de lancer, en position de force, de nouvelles négociations avec le pouvoir à Bagdad.

Mais l’opposition de la Turquie à l’indépendance du Kurdistan irakien est susceptible de compromettre la viabilité d’un éventuel état kurde.

Le Kurdistan irakien tire en effet ses principales recettes de l’exportation du pétrole, et celle-ci se fait via un oléoduc arrivant au port turc de Ceyhan.

Interrogé jeudi sur l’éventualité de sanctions économiques turques en cas de référendum, le porte-parole d’Erdogan a souligné que la tenue du scrutin aurait « assurément des conséquences ».

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