La vaccination d’un enfant, refusée par les parents, est ordonnée par un juge
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La vaccination d’un enfant, refusée par les parents, est ordonnée par un juge

La cour de Hadera a convenu, aux côtés de l'Etat, que de "bons" parents "concernés" ne pouvaient refuser de donner à leur petit enfant, blessé, un vaccin contre le tétanos

Photo d'illustration d'un vaccin pour nouveau-né dans un hôpital israélien (Crédit : Chen Leopold/Flash90)
Photo d'illustration d'un vaccin pour nouveau-né dans un hôpital israélien (Crédit : Chen Leopold/Flash90)

Un tribunal israélien a ordonné cette semaine la vaccination immédiate d’un enfant contre le tétanos malgré l’opposition de ses parents. Cette décision pourrait établir un précédent alors que le mouvement anti-vaccination gagne du terrain dans le monde comme en Israël.

Le tout-petit, âgé d’un an et demi, avait été grièvement brûlé à la jambe il y a deux semaines et avait été emmené dans un hôpital local par ses parents pour y recevoir les premiers soins, a fait savoir la Douzième chaîne dans un reportage.

Un infirmier avait alors vivement recommandé aux parents de rencontrer un pédiatre, qui avait lui-même recommandé une vaccination contre le tétanos pour garantir que la blessure de l’enfant n’entraîne pas une infection par cet agent pathogène mortel.

Les parents, qui sont opposés à la vaccination, avaient refusé de le faire. Le pédiatre avait alors pris la décision de faire part de l’incident au bureau local de la Santé, qui s’est tourné vers le bureau du procureur-général et vers le ministre des Affaires sociales, qui ont pour leur part déposé une plainte auprès du tribunal des Affaires familiales de Hadera réclamant une ordonnance urgente contraignant les parents à faire vacciner leur enfant.

« Le vaccin est nécessaire », ont écrit les procureurs de l’Etat au tribunal, « en raison de l’inquiétude réelle de ce que la brûlure puisse s’infecter de l’agent pathogène du tétanos ».

L’appel a noté que le tétanos est une « maladie grave, qui se traduit par des spasmes musculaires douloureux et par une souffrance susceptibles d’entraîner la mort ».

Il a ajouté qu’un patient atteint par la bactérie avait 100 % de chances de mourir contre 18 % si le malade était immédiatement pris en charge.

Dans son jugement, la cour a affirmé « ne pas ignorer les points de vue des parents et leur droit à prendre des décisions en lien avec leur fils mineur, y-compris des décisions fondamentales ».

Elle a ajouté que les parents, dans le dossier, « sont de bons parents, inquiets des soins qui sont prodigués à leur fils et leurs agissements, telles qu’ils les envisagent, ont pour objectif le seul bien et le seul bien-être de l’enfant. »

Cette photo prise le 5 avril 2019 montre une infirmière qui prépare un vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole à département de santé du comté de Rockland, New York (Johannes Eisele/AFP)

Et pourtant, a écrit le magistrat, « le bien-être de l’enfant est la priorité absolue et j’ai été convaincu, dans ce cas spécifique et au vu de la brûlure de l’enfant, que les bénéfices du vaccin sont significativement plus importants que les risques qu’il représente et que le tribunal ne peut accepter le point de vue des parents ».

La cour a ordonné aux parents de faire vacciner leur enfant et a accordé à l’Etat la permission de faire appel aux services sociaux pour faire appliquer la décision.

Selon la Douzième chaîne, les parents ont accepté le jugement et l’enfant a été vacciné au début de la semaine.

Les parents appartiennent au mouvement dit anti-vaxx, qui base son opposition à la vaccination à une série d’accusations qui avaient été ensuite démenties, et notamment à un rapport britannique établi en 1988 qui reliait le vaccin ROR (Rougeole, oreillons et rubéole) à l’autisme.

Des études répétées – la plus récente a impliqué plus de 650 000 enfants qui ont été contrôlés pendant plus d’une décennie – ont démontré qu’un tel lien n’existait pas.

Le mouvement a connu une recrudescence, ces dernières années, avec l’essor des théories du complot sur les réseaux sociaux.

Environ 169 millions d’enfants, selon les estimations, n’ont pas reçu la première dose du vaccin contre la rougeole entre 2010 et 2017, selon un rapport de l’UNICEF, ce qui a aidé à l’éruption d’une épidémie globale de rougeole.

Le nombre de cas de la maladie a connu une hausse de 300 pour cent dans le monde entier au cours des trois premiers mois de 2019 en comparaison avec l’année dernière à la même période, a fait savoir l’ONU.

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