La véritable étendue du projet nucléaire iranien ayant reçu des aides étrangères
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Expertise d'un ex-inspecteur de l'AIEA

La véritable étendue du projet nucléaire iranien ayant reçu des aides étrangères

Des anciens experts reviennent sur les preuves récoltées et acheminées par le Mossad

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu expose des dossiers prouvant le programme nucléaire iranien lors d'une conférence de presse à Tel Aviv, le 30 avril 2018 (Miriam Alster / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu expose des dossiers prouvant le programme nucléaire iranien lors d'une conférence de presse à Tel Aviv, le 30 avril 2018 (Miriam Alster / Flash90)

Les archives sur le nucléaire iranien saisies par le Mossad dans un entrepôt de Téhéran, au mois de janvier, révèlent que le programme mis en place par l’Iran pour fabriquer des armes nucléaires « était presque certainement plus important, plus sophistiqué et plus organisé » qu’on ne le soupçonnait, auraient dit des experts du secteur du nucléaire non-identifiés qui ont été cités dimanche par le New York Times, après qu’ils ont vu des archives sélectionnées par les journalistes américains.

L’un des documents iraniens montre les plans de fabrication d’une « série de cinq armes » et évoque des sites susceptibles d’accueillir des essais nucléaires souterrains possibles, a fait savoir le Times après que l’un de ses journalistes a bénéficié d’un accès – limité – à l’ensemble des documents, la semaine dernière, aux côtés de deux autres reporters, l’un issu du Washington Post et le second du Wall Street Journal.

« Aucune de ces armes n’a été fabriquée, probablement parce que les Iraniens ont craint de se faire prendre ou en raison d’une campagne de sabotage des agences de renseignement israélienne et américaine qui aura fait son effet grâce à des cyber-attaques et à la divulgation de structures essentielles », a estimé le Times.

« C’est assez bon », a pour sa part commenté sèchement Robert Kelley, ingénieur nucléaire et ancien inspecteur de l’observatoire sur le nucléaire de l’ONU, l’AIEA, auprès du Times après avoir pris connaissance de certains documents. « Ces papiers montrent que ces types travaillaient sur des bombes nucléaires ».

Robert Kelley, ex-inspecteur à l’AIEA (Capture d’écran : YouTube)

Les documents renforcent également l’affirmation faite par Israël que la République islamique reste déterminée à atteindre l’armement nucléaire malgré les engagements pris sous les termes de l’accord sur le nucléaire de 2015 (JCPOA), ont noté les journalistes américains.

Les contenus auxquels ils ont eu accès ont compris une documentation qui a identifié le président iranien actuel Hassan Rouhani comme étant l’un des membres du « conseil de technologies avancées » qui avait approuvé le programme nucléaire voyou, a souligné le Washington Post, et ils indiquent « un rôle de soutien de la part des Gardiens de la révolution islamique, ainsi que des forces al-Quds ».

Des documents qui avaient été précédemment diffusés avaient indiqué que l’armée iranienne avait été accusée de superviser la transformation d’uranium faiblement enrichi en combustible d’armement adapté à la fabrication de bombes nucléaires.

Le président Hassan Rouhani pendant une conférence du presse du président autrichien, à Vienne, le 4 juillet 2018. (Crédit : AFP PHOTO / APA / GEORG HOCHMUTH / Austria OUTà

Les trois journalistes américains ont eu accès aux documents la semaine dernière et ont reçu des informations de la part de responsables israéliens.

Israël, qui a dévoilé les documents au mois d’avril, avait dérobé ces archives constituées de 100 000 documents à Téhéran et partagé leur contenu avec l’AIEA et les agences de renseignement européennes et américaine. Le président Donald Trump s’est retiré du JCPOA au mois de mai, peu de temps après la présentation par Netanyahu, lors d’une conférence de presse, du butin récolté par le Mossad. Le Premier ministre israélien avait déclaré que « l’Iran a menti » lorsque le pays avait affirmé ne pas chercher à acquérir l’arme nucléaire.

Le président américain Donald Trump vient d’annoncer sa décision concernant l’accord nucléaire avec l’Iran lors d’un discours à la presse prononcé dans la salle de réception diplomatique de la Maison-Blanche à Washington, DC, le 8 mai 2018. (AFP / SAUL LOEB)

L’objectif de cette séance d’information organisée la semaine dernière pour les journalistes américains a été de révéler les progrès importants réalisés par le programme nucléaire iranien – la République islamique « était sur le point de maîtriser des technologies de fabrication de bombes déterminantes lorsque l’ordre de mettre un terme aux recherches a été donné » en 2003, a indiqué le Washington Post – et de souligner l’insistance de l’Etat juif sur le fait que les archives démontrent que le régime iranien n’a pas abandonné ses efforts visant à obtenir un arsenal nucléaire, mais qu’il a simplement mis de côté certains de ses pans.

« Ces documents sont vieux mais ils ont une implication pour l’avenir », aurait dit un responsable israélien, selon le Post. « Ce n’est pas une leçon d’histoire. Ils ont des capacités qu’ils peuvent utiliser à l’avenir ».

L’Iran a mis un terme à une grande partie de son programme d’armement nucléaire en 2003, mais des mémos internes dans les archives montrent « d’importants scientifiques faire des plans extensifs prévoyant de continuer clandestinement certains projets, dissimulés dans des programmes de recherche militaire existants », a expliqué le Washington Post.

« Ne nous y trompons pas : La quantité de personnel employé officiellement et officieusement ne baissera pas », aurait écrit un responsable iranien dans un mémo daté du 3 septembre 2003, selon les journalistes. « La structure ne deviendra pas moins importante et tout sous-projet supervisera à la fois les programmes officiels et officieux ».

« Dans quelques années, lors de l’expiration de certaines restrictions imposées par le JCPOA, l’Iran sera en position de reprendre le travail sur un dispositif nucléaire qu’Israël considère comme une menace pour son existence », a expliqué le responsable israélien au Post.

Les archives saisies « expliquent pourquoi l’accord sur le nucléaire est, pour nous, pire que tout, parce qu’il ne traite pas de parties déterminantes du programme sur le nucléaire », a ajouté le responsable israélien, faisant sien un argument fréquemment avancé par Netanyahu. « Il ne bloque pas la route vers la bombe à l’Iran. Il la pave ».

Le Washington Post a déclaré que les agences de renseignement américaines ont cru pendant longtemps que « l’Iran a conservé le coeur intellectuel de son programme nucléaire intact ». Et les documents présentés par l’Etat juif présentent le détail de plusieurs rencontres à la fin de l’année 20013 au cours desquelles les responsables du projet nucléaire iranien « évoquent les moyens de continuer à faire travailler les scientifiques sur une recherche pertinente en termes de nucléaire », même après le gel ostensible de ces travaux.

Un entrepôt à Shorabad, dans le sud de Téhéran, où des agents du Mossad ont découvert et extrait des dizaines de milliers de dossiers secrets concernant le programme d’armes nucléaires de l’Iran (Cabinet du Premier ministre).

L’entrepôt de Téhéran dans lequel les documents ont été saisis « a été utilisé uniquement après la conclusion de l’accord de 2015 avec les Etats-Unis, les puissances européennes, la Russie et la Chine », a fait savoir le Times. Les responsables israéliens affirment que le fait que les Iraniens « ont systématiquement collecté des milliers de pages réparties dans tout le pays établissant comment construire une arme, comment la placer sur un missile et comment la faire exploser » démontre qu’ils ont pleinement l’intention de reprendre une initiative de fabrication d’un tel armement lorsque l’occasion s’en présentera.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu se tient devant une photo de Mohsen Fakhrizadeh, qu’il considère comme étant le chef du programme d’armes nucléaires de l’Iran, le 30 avril 2018 (YouTube).

Les trois journalistes ont eu la permission de regarder et de toucher – avec des gants – « quelques pages des documents originaux, notamment des notes écrites à la main et signées par Mohsen Fakhrizadeh, physicien iranien qui, selon les agences de renseignement occidentales, avait la charge du projet [sur le nucléaire iranien] Amad », a expliqué le Washington Post.

« Les journalistes ont reçu des copies de certains documents, notamment plusieurs qui n’avaient jamais été publiés dans le passé. D’autres ont été brièvement montrés ou pas du tout dans la mesure où ils contiennent des détails techniques explicites susceptibles d’être utilisés pour fabriquer des armes nucléaires ».

Les documents montrent que la République islamique a obtenu « des informations explicites portant sur la création d’armement de la part d’une source étrangère », a raconté le Washington Post.

« Nous voyons des matériels explicites liés aux armes nucléaires provenant de différentes sources, certaines qui ne sont pas d’origine iranienne », a expliqué un haut-membre des renseignements israéliens. Les responsables, au sein de l’Etat juif, n’ont pas précisé si ces informations essentielles à la fabrication d’une arme nucléaire ont été fournies par un Etat ou par un individu.

L’Iran est connu pour avoir obtenu de l’aide dans la fabrication de centrifuges d’enrichissement d’uranium de la part du scientifique pakistanais Abdul Qadeer Khan qui, selon les renseignements américains, aurait amené des « schémas partiels pour un dispositif nucléaire chinois à au moins l’un de ses clients internationaux », a précisé le Washington Post.

« L’Iran a pu compter sur une assistance étrangère, même si les responsables israéliens ont bloqué les documents qui indiquaient d’où elle est venue », a dit le New York Times. « En grande partie, l’aide est venue du Pakistan mais les responsables ont déclaré que d’autres experts étrangers avaient également été impliqués – même s’ils ne travaillaient pas tous pour leurs gouvernements respectifs ».

Mahmoud Ahmadinejad, alors président iranien, à Natanz en 2008. (Crédit : capture d’écran Zero Days)

Les archives confirment que le programme nucléaire iranien officieux a été lancé à la fin des années 1980 et qu’il s’est arrêté en 2003 lorsque la République islamique a redouté une invasion américaine et lorsque son usine secrète d’enrichissement d’uranium a été exposée à Natanz. Alors que ces faits sont connus, des révélations figurant dans les archives comprennent « des photos auparavant inconnues d’une importante chambre d’essai cylindrique dans laquelle l’Iran aurait mené des tests sur un dispositif d’implosion du type de celui qui est utilisé pour déclencher une détonation nucléaire », a fait savoir le Washington Post.

Les journalistes américains ont également eu accès à des documents montrant que l’Iran « a mesuré les radiations émanant d’un test d’explosion génératrice de neutrons dans la même chambre en 2002 », a ajouté le journal. « Dans la création d’armes nucléaires contemporaines, un générateur de neutrons diffuse des particules radioactives pour aider à obtenir une réaction nucléaire en chaîne qui soit puissante ».

Satellite imagery from June 7, 2012, which the ISIS claims shows 'considerable vehicle and earth moving activity near the building at the Parchin complex that the IAEA suspects was used in high explosive tests related to nuclear weapons development.' (photo credit: ISIS)
Les images satellite du 7 Juin 2012 du complexe de Parchin que l’AIEA n’a jamais pu contrôlée, a été utilisée dans des essais hautement explosifs liés au développement d’armes nucléaires. « (Crédit photo: ISIS)

Les journalistes ont également vu des documents et des photographies montrant le travail iranien sur « la fabrication d’une forme de métal d’uranium qui peut être utilisé comme initiateur de neutrons et d’autres qui décrivent les problèmes posés par la contamination par l’uranium aux abords de la chambre d’essai qui se trouvait au sein de la base militaire de Parchin, aux abords de Téhéran ».

Des photographies issues des archives nucléaires iraniennes, diffusées par les responsables israéliens, d’une enceinte métallique qui, selon les responsables israéliens se trouvait sur le site militaire de Parchin et qui avait été construite pour mener des expérimentations dans le cadre du programme nucléaire iranien voyou (Crédit : Gouvernement israélien)

Le Post a noté que lorsque l’ONU avait cherché à inspecter le site de Parchin quelques années après, l’Iran avait « complètement démantelé la chambre d’essai, jeté plusieurs tonnes de terre arable, coupé les arbres avoisinants et recouvert le périmètre entier d’asphalte ».

Selon le Times, au moment où le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, avait finalement obtenu l’autorisation de se rendre sur le site en 2015, il était vide, même si l’agence avait indiqué qu’il semblait que des équipements avaient été enlevés. Les photos [montrées aux journalistes] montrent que c’est exactement ce qui est arrivé : Elles montrent une large chambre qui, ont dit les experts nucléaires, a été créée sur mesure pour le type d’activité expérimentale que les inspecteurs internationaux cherchaient… »

« La chambre semble faire partie des expériences de neutron qui indiquent très fortement une initiative visant à fabriquer l’arme nucléaire », a ajouté le Times. « Les explosions nucléaires commencent lorsque des particules qui se déplacent rapidement, connues sous le nom de neutrons, divisent les atomes de carburant nucléaire en deux, entraînant des réactions en chaîne qui libèrent plus de neutrons et énormément d’impulsions d’énergie. Au coeur d’une bombe atomique, un dispositif connu sous le nom d’initiateur de neutrons – ou parfois de bougie d’allumage – crée cette vague initiale d’accélération des neutrons ».

Dans les documents, l’un des scientifiques iraniens, Masoud Alimohammadi, avertit que le travail sur les réactions en chaîne générées par les neutrons pour une explosion nucléaire doit rester secret, quel qu’en soit le prix.

« La recherche sur les neutrons ne doit pas être considérée comme ‘flagrante » et doit être dissimulée », écrit Alimohammadi dans ses notes. « Nous ne pouvons pas excuser de telles activités en disant qu’elles sont défensives. Les activités sur les neutrons sont sensibles et nous n’avons aucune explication à donner en ce qui les concerne ». Alimohammadi, a précisé le Times, avait été assassiné au mois de janvier 2010.

Tandis que l’Etat juif affirme que les archives mettent en exergue la manière dont l’Iran a leurré l’Occident – et que l’accord passé en 2015 a été une erreur terrible, une évaluation partagée par l’administration Trump – le Washington Post a noté que « ses partisans disent que le pacte contient des dispositions permanentes qui alerteront les inspecteurs et les agences d’espionnage rapidement si l’Iran devait travailler sur une arme ».

Sous le nez de Téhéran

Yukiya Amano, le directeur de l’AIEA, à Davos en janvier 2013. (Crédit : GPO/Flash90)

Les responsables israéliens ont également donné aux trois journalistes américains des détails supplémentaires sur l’opération de saisie et de rapatriement des archives iraniennes, dont certains avaient été d’ores et déjà révélés.

Israël, à la fin de l’année dernière, avait clairement établi que les matériels liés au programme iranien avaient été récupérés dans un entrepôt du district de Shorabad, dans le sud de Téhéran. Ce bâtiment anonyme n’était pas officiellement sécurisé et très peu d’Iraniens connaissaient son existence, ont expliqué la semaine dernière les responsables israéliens.

« Les agents du Mossad ont pu apprendre la configuration intérieure de l’endroit, sa localisation et les contenus généraux de 32 coffres qui contenaient des registres, des photos et des documents informatiques issus du ‘projet Amad’, » a expliqué le Washington Post.

« Clairement, les espions israéliens ont pu bénéficier d’une assistance intérieure », a affirmé le Times sans donner de détails.

Des coffres-forts dans un entrepôt à Shorabad, dans le sud de Téhéran, où des agents du Mossad ont découvert et récupéré des dizaines de milliers de dossiers secrets concernant le programme d’armes nucléaires de l’Iran (Cabinet du Premier ministre).

Les agents ont décidé de mener l’opération le 31 janvier et ils avaient estimé avoir « une fenêtre de très exactement six heures et 29 minutes, pendant laquelle il fallait entrer par effraction dans la structure, ouvrir les coffres et saisir une demi-tonne de documents sans être détectés », a poursuivi le Post.

Pendant cette fenêtre, il a fallu « désactiver les alarmes, casser deux portes, couper des douzaines de coffres géants et sortir de la ville avec une demi-tonne de documents secrets », a expliqué le New York Times. « Les agents sont arrivés cette nuit-là avec des chalumeaux suffisamment chauds, comme ils l’avaient appris des renseignements collectés durant la planification de l’opération, pour découper les 32 coffres iraniens ».

L’équipe du Mossad savait que les gardiens arriveraient à 7 heures du matin et ordre leur avait été donné de terminer l’opération à 5 heures, de manière à avoir le temps de fuir. « Quand ça a été le moment, ils ont fui vers la frontière, détenant 50 000 pages et 163 CDs de mémos, de vidéos et de plans en butin », a raconté le Times. Moins de 24 agents ont été directement impliqués dans l’effraction, même si les responsables israéliens ont noté précédemment que plus de 100 personnes avaient pris part à l’opération dans son ensemble.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef du Mossad Yossi Cohen lors d’une cérémonie de vœux pour le Nouvel An juif le 2 octobre 2017. (Haim Zach/GPO)

« Dans la majorité des opérations du Mossad, les espions doivent pénétrer dans une structure et photographier ou copier un matériel sans laisser de traces », a noté le Times. Mais dans ce cas, le chef du Mossad, Yossi Cohen, a ordonné que les documents soient tout simplement dérobés. Ce qui devait réduire drastiquement le temps passé par les agents dans le bâtiment. Les Israéliens voulaient être en mesure de contrer les affirmations iraniennes que les archives saisies seraient des faux et voulaient pouvoir les transmettre pour examen aux groupes internationaux ».

Tout le matériel des archives n’a pas été volé. Les responsables israéliens n’ont pas détaillé la manière dont le butin a été extrait de l’Iran, ni même s’il avait été transporté depuis l’Iran par la terre, par voie aérienne ou par voie maritime. Ils se sont contentés d’expliquer que les agents avaient quitté le territoire iranien « via plusieurs routes différentes » et qu’il n’y avait pas eu de poursuites. « A 7 heures du matin exactement, comme s’y attendait le Mossad, un gardien est arrivé et a découvert que les portes et les coffres étaient cassés. Il a tiré la sonnette d’alarme et les autorités iraniennes ont rapidement lancé une campagne nationale pour retrouver les cambrioleurs », a dit le Times.

La tentative iranienne de retrouver les voleurs a impliqué « des dizaines de milliers de personnels de sécurité et de policiers », a déclaré un responsable israélien, mais l’Iran a conservé le silence sur ce cambriolage réalisé sous son nez. Jusqu’à la révélation par Netanyahu de ce butin, « les Iraniens n’ont jamais dit un mot en public sur ce qui était arrivé ».

Ce qu’a dit Netanyahu

Révélant l’existence des archives au mois d’avril, Netanyahu avait qualifié l’opération du Mossad comme étant « l’un des plus importants accomplissements réalisés par les renseignements israéliens ».

« Vous savez que les leaders iraniens affirment, de manière répétée, ne pas poursuivre l’acquisition des armes nucléaires », avait-il dit. « L’Iran a menti. Et sacrément ».

La cache, avait-il ajouté, contenait des « documents incriminants, des graphiques incriminants, des présentations incriminantes, des schémas incriminants, des photos incriminantes, des vidéos incriminantes et plus ».

Netanyahu avait indiqué également que le projet Amad contenait cinq éléments clés – la création d’armes nucléaires, le développement de réacteurs nucléaires, la construction de systèmes d’implosion, la préparation d’essais nucléaires, et l’intégration d’ogives nucléaires sur des missiles.

Dans un contexte de pressions croissantes, l’Iran avait décidé de mettre un terme au projet Amad en 2003, avait ajouté Netanyahu, et avait divisé son programme nucléaire en recherches officielles et officieuses pour éviter l’attirer l’attention.

« C’est exactement ce que l’Iran a continué à faire », avait poursuivi Netanyahu. « L’Iran a planifié aux plus hauts niveaux de continuer le travail lié aux armes nucléaires – sous des aspects différents et en utilisant le même personnel. Ce que je vous ai montré ce soir n’est qu’une fraction des contenus totaux que nous avons en notre possession. Mais même à partir de cette fraction, vous pouvez en tirer quatre conclusions principales. La première, c’est que l’Iran a menti sur son programme d’armement nucléaire », avait expliqué Netanyahu.

La deuxième, c’est que « même après l’accord, l’Iran a continué à préserver et à étendre son savoir-faire nucléaire pour un usage futur ». La troisième, c’est que « l’Iran a encore menti en 2015, lorsque le pays n’a pas été honnête devant l’AIEA comme l’exigeait l’accord peu clair ». Et la quatrième, avait-il déclaré, est que « l’accord sur le nucléaire est basé sur des mensonges. Il est basé sur les mensonges iraniens et sur la tromperie iranienne… 100 000 documents, ici, prouvent qu’ils ont menti ».

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