La victoire de Trump pourrait alimenter l’antisémitisme en Europe
Rechercher

La victoire de Trump pourrait alimenter l’antisémitisme en Europe

Pour un fondateur de Human Rights Watch, le résultat de l’élection américaine contribue « au phénomène de xénophobie »

Des manifestants protestent contre l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis à la porte de Brandebourg de Berlin, le 12 novembre 2016. (Crédit : AFP/ John MacDougall)
Des manifestants protestent contre l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis à la porte de Brandebourg de Berlin, le 12 novembre 2016. (Crédit : AFP/ John MacDougall)

LA HAYE, Pays-Bas – Un des fondateurs de l’association Human Rights Watch a prévenu que l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis encourageait l’antisémitisme en Europe.

Aryeh Neier, juif américain né dans l’Allemagne nazie, a traité du sujet dimanche dans une conférence sur la philanthropie et l’antisémitisme pendant un événement organisé par le Fonds humanitaire hollandais (JHF), à La Haye.

« Le phénomène Trump et le phénomène de forces xénophobes dans cette partie de l’Europe, dont certains peuvent aller plus loin politiquement qu’ils ne l’ont fait jusqu’à présent, vont probablement contribuer » à l’antisémitisme, a déclaré Neir, 79 ans, président émérite de l’Open Society Foundations.

Trump, républicain qui a battu la candidate démocrate Hillary Clinton le 8 novembre dernier, a combattu les accusations selon lesquelles sa campagne encourageait le racisme et la xénophobie. Il avait déclaré que les Mexicains étaient des violeurs et des trafiquants de drogue, et demandé une interdiction d’entrée sur le territoire américain pour les musulmans.

Sa victoire a été célébrée par l’extrême-droite européenne, notamment par le Front national de Marine Le Pen, qui a écrit que l’élection de Trump « libérait » le peuple américain.

Geert Wilders, activiste anti-islam hollandais, a déclaré que la victoire de Trump était une « révolution » à répéter dans son propre pays.

Aryeh Neier, cofondateur de Human Rights Watch, parle de la liberté d'expression, le 30 janvier 2012. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Aryeh Neier, cofondateur de Human Rights Watch, parle de la liberté d’expression, le 30 janvier 2012. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Neier a déclaré que la victoire allait « fournir un encouragement très spécifique à ceux qui veulent manifester de la xénophobie », parce que « les Etats-Unis, qui se sont présentés comme le leader de la protection des droits de l’Homme, ont élu quelqu’un comme Trump. »

Pendant la conférence, Neier a également répondu à une question sur les accusations selon lesquelles Human Rights Watch et les associations financées par le milliardaire juif hongro-américain George Soros, qui finance aussi l’Open Society Foundations, contribuent à la hausse de l’antisémitisme en Europe occidentale en critiquant Israël ou en soutenant sa diabolisation.

Sans répondre à ces accusations en particulier, Neier a déclaré qu’il s’opposait aux discours remettant en cause le droit d’Israël à exister mais a souligné que tous les gouvernements devaient être soumis à la « critique de leurs politiques ».

En 2009, un autre fondateur de Human Rights Watch, Robert Bernstein, avait accusé l’association d’ « aider ceux qui souhaitent transformer Israël en état paria », alors que les sociétés « brutales, fermées et autocrates » du monde arabe « sont ignorées ».

Le grand rabbin d’Ukraine, Yaakov Dov Bleich, né à New York, a déclaré pendant l’événement du JHF qu’il ne pensait pas que l’élection de Trump encouragerait les antisémites en Ukraine.

« Je ne pense pas qu’elle aura un effet sur l’antisémitisme en Ukraine », a-t-il déclaré en parlant de l’élection de Trump.

Le JHF, que la communauté juive hollandaise a fondé avec l’argent des restitutions de l’Holocauste, fournit des centaines de milliers d’euros de financement par an pour les juifs d’Europe centrale et d’Europe de l’Est.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...