« La ville sans Juifs », un film de 1924 diffusé sur Arte
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« La ville sans Juifs », un film de 1924 diffusé sur Arte

Dénonçant l’antisémitisme sur le ton de la fable, l’œuvre, muette, narre l’histoire de la république d’Utopia, confrontée à une crise économique, qui décide de bannir ses Juifs

Dénonçant l’antisémitisme sur le ton de la fable, « La ville sans Juifs » de Hans Karl Breslauer narre l’histoire de la république d’Utopia, confrontée à une crise économique, qui décide de bannir ses Juifs.
(Crédit photo : capture d’écran du film / Archives cinématographiques autrichiennes)
Dénonçant l’antisémitisme sur le ton de la fable, « La ville sans Juifs » de Hans Karl Breslauer narre l’histoire de la république d’Utopia, confrontée à une crise économique, qui décide de bannir ses Juifs. (Crédit photo : capture d’écran du film / Archives cinématographiques autrichiennes)

Réalisé en 1924 par Hans Karl Breslauer, inspiré de l’ouvrage éponyme du journaliste viennois Hugo Bettauer – tué par un militant nazi en 1925 –, le film « La ville sans Juifs » est disponible durant un mois, jusqu’au 2 juillet, sur le site d’Arte.

Dénonçant l’antisémitisme sur le ton de la fable, ce film muet semble prémonitoire des années qui allaient suivre sa sortie. L’œuvre narre l’histoire d’une Vienne rebaptisée république d’Utopia, confrontée à une crise économique, qui décide de bannir et d’expulser violemment ses Juifs.

« Chômage, envolée des prix, misère : rien ne va plus dans la petite république d’Utopia. Alors que la colère populaire gronde, les autorités désignent à la vindicte la communauté juive. Mais une fois les boucs émissaires expulsés, rien ne s’améliore… », présente la note d’intention du film. Au contraire : le maire de la ville se rend compte qu’il a annihilé une partie de la vie de la cité.

Malgré l’engagement politique dont a fait preuve son œuvre, son réalisateur adhère au parti nazi en 1940. Après la guerre, il écrit des livres et meurt oublié de tous et sans le sou à Salzbourg en 1965.

Sur son site, Arte ajoute que, longtemps « considéré comme perdu », le film est là présenté en version restaurée, grâce aux archives autrichiennes qui, en 2015, après en avoir retrouvé une copie, « ont lancé une campagne de dons pour sa restauration ».

La campagne a décollé en partie grâce au contexte politique lors du lancement de la campagne. Sur les 86 000 euros récoltés – 75 000 euros étaient nécessaires –, une importante somme vient d’une fondation juive américaine – un don qui a suivi l’élection de Donald Trump. Les dons ont également explosé suite à la défaite de Norbert Hofer, candidat d’extrême droite, aux élections présidentielles autrichiennes.

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