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La visite de Ben Gvir au mont du Temple : entre soutiens et condamnations

Entre défense de souveraineté, profanation du lieu le plus sacré du judaïsme ou désir de narguer les ennemis : toutes les critiques à l'égard du ministre de la Sécurité nationale

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, arrivant pour une réunion au bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 29 décembre 2022. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool)
Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, arrivant pour une réunion au bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 29 décembre 2022. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool)

L’épouse de ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a défendu mercredi le droit à se rendre sur le mont du Temple, s’y étant elle-même rendue peu de temps après son mari.

« Le mont du Temple est le lieu le plus sacré pour le peuple juif, et quand j’y vais, je ressens la sainteté, je ressens une étreinte chaleureuse », a déclaré Ayala Ben Gvir à la station de radio 94FM.

« Les terroristes essaient de faire du mal aux Juifs tout le temps, avec ou sans raison », a-t-elle dit à propos des craintes de violence palestinienne après les visites.

« C’est la même logique que celle qui fait que l’on ne dit pas aux femmes : ‘Ne sortez pas dans la rue parce que vous pourriez vous faire violer’, cela nous semble ridicule et terrible. Nous ne pouvons pas dire à une personne juive : ‘Tu n’as pas le droit de sortir dans un certain endroit en Israël parce que quelqu’un pourrait se mettre en colère’, » a-t-elle estimé.

Sara Netanyahu (au centre) rencontre les épouses de plusieurs des membres potentiels de la coalition : Yaffa Deri (deuxième à partir de la gauche), Maoz (à gauche), Ayala Ben Gvir (deuxième à partir de la droite) et Rivka Goldknopf (à droite). (Crédit : Likud)

Ayala Ben Gvir a suscité des critiques en novembre en arrivant armée d’un pistolet à une réunion dans un hôtel huppé de Jérusalem avec les épouses d’autres chefs présumés de la coalition, organisée par Sara Netanyahu, l’épouse de l’actuel Premier ministre.

Ben Gvir a également reçu le soutien moins prévisible de l’ancien ministre des Affaires religieuses Matan Kahana, membre du parti d’opposition HaMahane HaMamlahti de Benny Gantz.

Kahana a tenté un certain nombre de réformes religieuses en tant que ministre, qui ont été sévèrement combattues par le bloc de Netanyahu et sont susceptibles d’être annulées par le gouvernement actuel.

« Je suis heureux qu’Itamar Ben Gvir ait consulté les responsables de la sécurité et soit monté sur le mont du Temple. Nous sommes souverains sur toute la terre d’Israël et nous devons réaliser cette souveraineté », a déclaré Kahana à la station de radio 94FM.

« Nous n’avons aucune instruction à recevoir d’aucun de nos ennemis », en référence à une menace du groupe terroriste palestinien du Hamas la veille. Une roquette a été tirée depuis Gaza mardi soir.

Le ministre des Affaires religieuses Matan Kahana lors d’une audience de la Commission de la Knesset, le 25 avril 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

En plus de la critique internationale, dont des alliés de l’État juif, la visite du ministre a suscité des condamnations en Israël, notamment de la part du grand rabbin sépharade Yitzhak Yosef.

« En tant que ministre représentant le gouvernement d’Israël, vous devriez agir conformément aux instructions du Grand-Rabbinat, qui interdit depuis longtemps la visite du mont du Temple », a écrit le rabbin dans une lettre adressée à Ben Gvir.

Yosef a demandé à Ben Gvir – qui visitait régulièrement le site avant de devenir ministre – de ne plus le faire à l’avenir « afin de ne pas induire le public en erreur ».

La position officielle du Grand-Rabbinat est que le mont du Temple est trop saint pour que les Juifs y mettent les pieds, une position largement partagée par les chefs spirituels haredim, bien que de nombreux rabbins de la communauté ultra-orthodoxe et nationaliste soutiennent les visites de certaines parties du site.

Le grand rabbin séfarade d’Israël, Yitzhak Yosef, au International Convention Center (ICC), le 1er février 2022. (Crédit: Noam Revkin Fenton/Flash90/Dossier)

Le chef de l’opposition Yair Lapid, qui avait prévenu lundi que la visite conduirait à un bain de sang, a déclaré que Ben Gvir avait mis en avant la faiblesse de Netanyahu.

« L’État d’Israël n’accepte pas de diktat de qui que ce soit concernant sa sécurité, mais se disputer avec la moitié du monde juste pour que Ben Gvir puisse passer 13 minutes sur le mont du Temple est une irresponsabilité politique et une faiblesse incroyable de Netanyahu face à ses ministres », a déclaré Lapid.

Ben Gvir, accompagné de membres des forces de sécurité israéliennes, a passé 15 minutes à se promener sur le mont du Temple mardi matin. Si le législateur d’extrême-droite a déjà visité le site par le passé, il s’agissait de sa première visite en tant que ministre.

Un journal haredi affilié à la faction Degel Hatorah de la coalition – qui fait partie du parti Yahadout HaTorah – a publié mercredi une cinglante condamnation de la visite du ministre au mont du Temple, la qualifiant de folie qui met en danger la vie des Juifs en provoquant le terrorisme palestinien.

Un éditorial en première page du Yated Neeman portait le titre « Provocation sur le mont du Temple, blitz de condamnations mondiales », une référence à la pluie de critiques déclenchée à l’étranger ainsi qu’aux critiques dans le pays concernant la visite de Ben Gvir sur le lieu saint de la Vieille Ville.

Yated Neeman a écrit que la visite de Ben Gvir était une « provocation inutile et dangereuse » et a déclaré que ceux qui montent sur le mont du Temple « mettent inutilement la vie des Juifs en danger ». « Quelle valeur a une ‘victoire’ de quelques minutes devant les caméras – à part l’espoir d’un coup médiatique ? », a-t-il décrié. « Il s’agit d’actes futiles et pleins de folie », a-t-il ajouté. « De telles manifestations inappropriées mettent en danger la vie des Juifs et font le jeu des incitateurs dans les minarets des mosquées. »

Le journal a déclaré que les « idéologues meurtriers » du groupe terroriste palestinien du Hamas en particulier, et des groupes terroristes islamiques palestiniens en général, exploitent ces « actions futiles et insensées » pour convaincre les masses palestiniennes que les Juifs prévoient de retirer la mosquée Al-Aqsa du mont du Temple – une décision qui n’est pas soutenue par la majorité dominante de la société israélienne – ce qui inciterait à des actes violents de vengeance inouïs.

Yated Neeman a également souligné la « grave interdiction » de se rendre sur le mont du Temple. Selon de nombreux rabbins ultra-orthodoxes, la halakha – ou loi juive orthodoxe – interdit de visiter le site, en raison de son statut de lieu le plus sacré du judaïsme.

Degel Hatorah et son partenaire Agudat Yisrael forment le parti du Yahadout HaTorah, membre du 6e gouvernement de Netanyahu.

Le journal Hamevasser, affilié à Agudat Yisrael, a été moins critique, rapportant l’indignation provoquée par la visite de Ben Gvir sans porter de jugement. Une autre publication également affiliée à Agudat Yisrael, Hamodia, a également rendu compte de la visite sans émettre de critiques.

Les deux publications ont néanmoins noté l’interdiction halakhique de monter sur le mont du Temple.

Le député de Yahadout HaTorah Moshe Gafni faisant une déclaration à la presse à la Knesset, à Jérusalem, le 8 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Plus tard mercredi, le chef de Degel Hatorah, le président de la commission des Finances de la Knesset, Moshe Gafni, a ouvert la réunion en fustigeant Ben Gvir. Bien que Gafni ait insisté sur les interdictions religieuses dues au caractère sacré du site, il a également critiqué Ben Gvir pour avoir effectué ce qu’il a appelé une « visite inutile » qui a suscité une condamnation internationale.

« Pour un leader public tel que le ministre, faire une telle visite est mal », a déclaré Gafni. « On n’y gagne rien, on se contente de narguer le monde entier. »

Il a également affirmé que s’abstenir de visiter le mont du Temple ne signifiait pas renoncer au droit juif sur le site.

« Le fait de ne pas y monter ne signifie pas qu’il ne m’appartient pas. Au contraire, cela signifie que c’est le Saint des Saints », a-t-il dit en faisant référence à la partie la plus sacrée du Second Temple, dont on pense traditionnellement qu’elle était située là où se trouve aujourd’hui le Dôme du Rocher.

Le parti nationaliste religieux d’extrême-droite de Ben Gvir, Otzma Yehudit, est par ailleurs largement aligné sur Yahadout HaTorah sur de nombreuses questions politiques.

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