L’ACLU exhorte le Sénat américain à s’opposer au projet de loi anti-boycott d’Israël
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L’ACLU exhorte le Sénat américain à s’opposer au projet de loi anti-boycott d’Israël

Le groupe de défense des libertés civiles affirme que le gouvernement ne peut pas punir ses citoyens "pour leur expression d’une opinion politique"

Un graffiti pro-BDS sur un barrage routier dans la ville de Hébron, en Cisjordanie, où l'on peut lire « Boycott Israël ». (Crédit : Hazem Bader/AFP)
Un graffiti pro-BDS sur un barrage routier dans la ville de Hébron, en Cisjordanie, où l'on peut lire « Boycott Israël ». (Crédit : Hazem Bader/AFP)

NEW YORK – L’American Civil Liberties Union a appelé les sénateurs américains à s’opposer à une mesure qui cible les boycotts d’Israël et de ses implantations.

Introduit en mars par le sénateur démocrate Ben Cardin et le sénateur républicain Rob Portman, l’Israel Anti-Boycott Act prolongerait des lois de 1970 qui rendent illégale la coopération avec le boycott d’Israël parrainé par les gouvernements, pour y inclure les boycotts soutenus par les organisations internationales.

À l’époque, ces lois avaient été inspirées par le boycott d’Israël émanant de la Ligue arabe.

Ceux qui adhèrent aux boycotts sont passibles d’amendes.

Bien que cette mesure soit destinée au mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), il cible également les initiatives de la part des Nations unies et de l’Union européenne à distinguer les produits fabriqués en Israël et ceux fabriqués dans les implantations de Cisjordanie.

Dans une lettre adressée aux sénateurs lundi, l’ACLU les exhorte à ne pas co-parrainer cette mesure et à s’opposer à son adoption.

« Nous ne prenons pas position dans les initiatives de boycott d’Israël ou de n’importe quel pays », a écrit Faiz Shakir, directeur politique national de l’ACLU. « Cependant, nous affirmons que le gouvernement ne peut pas, dans le cadre du Premier amendement, punir des américains pour leur expression d’une opinion politique. »

Shakir a ajouté que cette « loi punirait les commerçants et les individus sur la simple base de leur point de vue. Une telle pénalité est une violation directe du Premier amendement ».

La mesure a été rédigée avec l’aide de l’AIPAC et a obtenu le soutien du groupe Christians United for Israël. Elle a 42 co-parrains des deux partis. Un projet de loi similaire a remporté le soutien de 230 membres de la Chambre des Représentants.

Les groupes pro-Israël libéraux se sont déjà opposés ces dernières années à un projet de loi similaire, indiquant que le boycott des implantations – une activité soutenue par certains sionistes libéraux – ne devrait pas être confondue avec le boycott d’Israël que la quasi-totalité de la communauté juive rejette.

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