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Nécrologie"On ne peut rien apprendre sans échouer"

L’acteur juif Alan Arkin s’éteint à l’âge de 89 ans

Au cours d'une carrière de presque 70 ans, il avait apporté une grande émotion à ses rôles comiques et une touche d'humour à ses rôles dramatiques

Alan Arkin pose pour un portrait au  Fender Music Lodgependant le festival du film de Sundance, à Park City, dans l'Utah, le 25 janvier 2011. (Crédit :  AP Photo/Victoria Will, file)
Alan Arkin pose pour un portrait au Fender Music Lodgependant le festival du film de Sundance, à Park City, dans l'Utah, le 25 janvier 2011. (Crédit : AP Photo/Victoria Will, file)

Alan Arkin avait su qu’il deviendrait acteur alors qu’il n’avait que cinq ans.

« Tous les films que je voyais, toutes les pièces de théâtre que je voyais aussi, toutes les notes de musique que j’entendais nourrissaient chez moi le besoin insatiable de me transformer en un autre homme que celui que j’étais », avait-il écrit dans An Improvised Life, ses mémoires écrits en 2011.

Il était le fils d’immigrants juifs originaires d’Allemagne et d’Ukraine, qui s’étaient installés à Brooklyn où lui-même avait vu le jour, en 1934. Mais pendant une longue carrière – remplie de péripéties – il avait su se transformer en officier de sous-marin russe tourmenté (« Les Russes arrivent », en 1966), en veuf portoricain aux prises avec les difficultés de l’existence (« Popi », en 1969) ou en dentiste de Manhattan recruté dans un plan d’espionnage improbable par le futur beau-père de sa fille (« The In-Laws, »1979).

Sa polyvalence s’était encore améliorée grâce à son étude de la méthode « Stanislavski », une méthode enseignée par Benjamin Zemach, un pionnier de la danse moderne américaine qui s’était spécialisé dans les thématiques juives. Il avait également fait une courte apparition au sein de la troupe d’improvisation comique Second City, dont il avait été l’un des tout premiers membres.

« C’est de l’improvisation et c’est parfois terrifiant, mais certaines sont terribles », avait-il dit à un journaliste en évoquant la période passée aux côtés de Second City. « Acquérir la capacité d’échouer a été un privilège extraordinaire, un véritable cadeau… On ne peut rien apprendre sans échouer ».

Arkin, qui était devenu le sixième lauréat le plus âgé de l’Oscar du meilleur second rôle masculin pour son rôle dans « Little Miss Sunshine », s’est éteint jeudi à son domicile de San Marco, en Californie. Il était âgé de 89 ans.

Alan Arkin à New York juste avant le début du tournage de « The Soft Touch », le 28 août 1975. (Crédit : AP Photo/Jerry Mosey, File)

Au cours d’une carrière qui aura duré plus de sept décennies, il aura donné de l’émotion à ses personnages comiques et du sarcasme à ses rôles sérieux. Il aura travaillé presque jusqu’à la fin de son existence, partageant l’affiche, en 2018 et en 2019, avec Michael Douglas dans l’excellente série « The Kominsky Method » sur Netflix, produit par Chuck Lorre. Son interprétation de l’agent Norman Newlander lui avait valu deux nominations consécutives aux Emmy Awards.

Parmi ses autres rôles connus, celui d’un commerçant paranoïaque dans l’adaptation au grand écran de « Glengarry Glen Ross », la pièce de David Mamet, et celui d’un sourd-muet dans un drame Southern Gothic, « Le cœur est un chasseur solitaire », en 1968. Il avait aussi prêté ses traits à Yossarian, l’aviateur récalcitrant, dans « Catch-22, » adaptation au cinéma, sortie en 1970, du roman de Joseph Heller.

Arkin avait aussi été la voix de J.D. Salinger – ou, tout du moins, d’un personnage qui prétendait être le célèbre auteur juif – dans la série d’animation culte de Netflix, « BoJack Horseman. »

Il avait fait ses débuts à la réalisation avec « Petits meurtres sans importance », une comédie noire sortie en 1971 et une adaptation de la pièce de théâtre écrite par l’auteur et dessinateur juif Jules Feiffer. En 1975, Arkin avait été le metteur en scène, à Broadway, de « The Sunshine Boys », de Neil Simon, une comédie basée sur l’équipe juive de vaudeville Smith and Dale.

File: Alan Arkin lors de la cérémonie organisée en son honneur sur le Walk of Fame de Hollywood à Los Angeles, le 7 juin 2019. (Crédit : Mark Von Holden/Invision/AP, File)

Arkin était le fils d David I. Arkin, peintre et romancier, et de Beatrice Wortis, enseignante. Il avait écrit qu’il avait grandi dans une famille juive « qui ne mettait pas l’accent sur la religion ». La famille s’était installée à Los Angeles quand Alan avait onze ans ; ses parents avaient été accusés d’être communistes pendant la « Peur Rouge », dans les années 1950, et ils avaient rencontré des difficultés pour travailler. Il avait fait ses études au Los Angeles State College et au Bennington College.

Arkin avait remporté un Tony Award dans la catégorie du meilleur acteur en 1963 pour une pièce, à Broadway, appelée « Enter Laughing, », une comédie basée sur un roman autobiographique écrite par le comédien, écrivain et réalisateur juif Carl Reiner.

Arkin avait fait ses débuts au cinéma – et il avait été nominé pour la toute première fois aux Oscars à cette occasion – face à Reiner dans « Les Russes arrivent ! », un film racontant l’histoire d’un sous-marin soviétique s’échouant lamentablement au large de la Nouvelle-Angleterre. Les Américains, encore aujourd’hui, aiment à utiliser une phrase prononcée par Arkin dans le film qui est restée célèbre : « Emergency! Everybody to get from street!« .

Treize ans plus tard, « The In-Laws » devait encore être l’occasion, pour les amateurs de cinéma américain, de découvrir une autre phrase devenue culte, après qu’Arkin et Peter Falk parviennent à échapper à une salve de balles en courant en zig-zag et en hurlant : « Serpentine ! »

En 1987, il avait eu le premier rôle dans un film de télévision, « Escape from Sobibor », où il jouait Leon Felhendler, combattant polonais de la résistance qui avait organisé le soulèvement des prisonniers dans le camp d’extermination en 1943. Un rôle qui avait permis à Arkin d’être nominé pour un Emmy Award et pour un Golden Award dans la catégorie du meilleur second rôle masculin.

Carol Burnett et Alan Arkin pendant le tournage de l’émission « Carol Burnett Show », à Los Angeles, le 10 août 1979. (Crédit : AP Photo/George Brich, File)

Dans « Little Miss Sunshine », en 2006, il avait joué le grand-père grognon et vulgaire d’une petite-fille qui rêvait de gagner un concours de beauté – un rêve improbable. Le personnage d’Arkin passait des heures à travailler avec l’enfant sur son spectacle de danse dans cette comédie indépendante qui s’était révélée être un succès inattendu au box-office.

Lorsqu’il avait reçu son Oscar pour le rôle, en 2007, Arkin avait déclaré que : « Plus que tout, je suis profondément ému par l’amour sincère que notre petit film a suscité et qui, dans cette période fracturée, parle de manière si ouverte de l’innocence, du lien et de l’enfance qui passe. »

Arkin était aussi chanteur de folk et il avait formé un groupe, The Tarriers, qui s’était distingué, en 1956, par sa reprise de « The Banana Boat Song, » une chanson traditionnelle et populaire de la Jamaïque que Harry Belafonte devait rendre très célèbre.

Arkin s’était marié à trois reprises. Il avait eu trois fils, qui sont tous devenus acteurs : Adam Arkin, Matthew Arkin et Anthony (Tony) Dana Arkin.

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