Rechercher

L’activiste anti-Israël Olivia Zemor de retour devant la justice

Relaxée l’an dernier, elle sera jugée ce jeudi en appel suite à une plainte de la société Teva, qu’elle a appelé à boycotter

Olivia Zemor, directrice de publication du site Europalestine. (Capture d'écran : YouTube / RFI)
Olivia Zemor, directrice de publication du site Europalestine. (Capture d'écran : YouTube / RFI)

En mai dernier, le tribunal correctionnel de Lyon relaxait Olivia Zemor, directrice de publication du site Europalestine, qui était poursuivie par l’entreprise pharmaceutique israélienne Teva pour avoir relayé un appel au boycott d’Israël.

Zemor avait comparu le 16 mars 2021 pour diffamation et incitation à la discrimination économique après avoir fait état sur son site, sous le titre « Teva, on n’en veut pas », de l’action de militants anti-israéliens devant la plus grande pharmacie de Lyon en 2016.

La société Teva Santé, implantée en France et dont la maison-mère a son siège en Israël, est le leader mondial des médicaments génériques. Elle avait fait appel suite à cette décision judiciaire, et le jugement, pour diffamation et incitation à la discrimination économique, aura lieu ce jeudi à 13h30, au tribunal correctionnel de Lyon.

En mai dernier, le président du collectif 69 de soutien palestinien, cité comme témoin, avait évoqué « une action bon enfant » relevant d’une « démarche citoyenne ». « Des attitudes qui nourrissent le nouvel antisémitisme », avançait plutôt Franck Serfati, avocat du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), qui, avec deux autres associations pro-israéliennes, s’était constitué partie civile. Il avait évoqué le spectre des tueries de l’Hypercacher et de l’école Ozar Hatorah, « des crimes commis au nom de cet idéal politique ».

L’initiative jugée s’inscrivait dans le mouvement BDS (« boycott, désinvestissement et sanctions »), une campagne mondiale de boycott économique, culturel ou scientifique d’Israël.

La loi française définit comme discrimination « le fait d’entraver l’exercice normal d’une activité économique quelconque » (art.225-2 code pénal) à raison de « l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une Nation, une prétendue race ou une religion déterminée. » (art.225-1) et la punit « de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ». Elle punit comme provocation « ceux qui […] auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée […] d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 45 000 € ou de l’une de ces deux peines seulement […] » (24 alinéa 8 de la loi du 29 juillet 1881).

En 2012, Olivia Zemor avait été reconnue coupable d’avoir « incité à la haine ou à la violence à l’égard d’un groupe de personnes, à raison de leur appartenance à une nation déterminée, l’État d’Israël ».

La cour d’appel de Paris l’avait condamnée à 1 000 euros d’amende avec sursis, à un euro de dommages et intérêts au BNVCA et à la chambre de commerce France-Israël, et à 1 500 euros au titre des frais de justice.

En 2004, elle s’était présentée aux élections européennes aux côtés de Dieudonné, condamné depuis à de multiples reprises pour antisémitisme.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...