L’administration Trump travaille sur un plan de sécurité de l’équipe Obama (médias)
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L’administration Trump travaille sur un plan de sécurité de l’équipe Obama (médias)

Greenblatt aurait rencontré les architectes du Plan Allen de 2014 sur la sécurité d'Israël après l'établissement d'un état palestinien, plan auquel Netanyahu et Yaalon s'opposaient

Jason Greenblatt, conseiller du président américain Donald Trump, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 14 mars 2017. (Crédit : Matty Stern/ambassade américaine de Tel Aviv)
Jason Greenblatt, conseiller du président américain Donald Trump, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 14 mars 2017. (Crédit : Matty Stern/ambassade américaine de Tel Aviv)

Jason Greenblatt, l’envoyé spécial du PADT au MO, aurait rencontré les responsables américains de la sécurité, qui ont, ces dernières années, travaillé sur des solutions pour le lendemain de la signature d’un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens, notamment, ceux qui ont travaillé sur la question durant la présidence de Barack Obama.

L’un des projets que Greenblatt étudierait est connu sous le nom de Plan Allen, rédigé par le général américain John Allen, a rapporté vendredi le quotidien Haaretz.

« Vous avez probablement entendu que tout ce plan est basé sur la technologie », a déclaré une source qui s’est entretenue avec Greenblatt. « Ce n’est pas tout à fait juste. »

Des dizaines de responsables américains et experts ont travaillé durant des mois sur le Plan Allen, sous la direction du général de la marine et ancien commandant des troupes américains en Afghanistan. Le projet a été rédigé sur la base de nombreuses discussions avec des hauts-responsables israéliens notamment des chefs d’état-major, du Mossad, et des directeurs du Shin Bet.

Les détails du plan restent confidentiels, mais il représente un élément important des négociations de 2013-2014 menées par le Secrétaire d’État de l’époque John Kerry, qui se sont révélées futiles. L’objectif était de gérer les inquiétudes d’Israël pour sa sécurité une fois la création d’un état palestinien actée.

Le général à la retraite, John Allen, le 23 mai 2012 (Crédit : Chad J. McNeeley/US Navy/DoD)
Le général à la retraite, John Allen, le 23 mai 2012 (Crédit : Chad J. McNeeley/US Navy/DoD)

Les membres de l’administration Obama ont suggéré à Greenblatt d’étudier ce plan avant de tenter de négocier un accord de paix, afin qu’il s’assure que les préoccupations sécuritaires d’Israël soient prises en considération. L’un des signes qui a révélé que l’administration Trump étudiait des idées de la précédente administration a été la récente nomination de Kris Bauman, négociateur dans l’administration Obama, au poster de conseiller sur Israël au Conseil national de Sécurité. Bauman a été impliqué dans l’élaboration du plan Allen.

Haaretz s’est entretenu avec plusieurs responsables américains et israéliens qui ont planché sur le plan Allen. Ils l’ont décrit comme un plan conjoint entre le Pentagone et l’armée israélienne, le résultat d’une étroite coopération entre Jérusalem et Washington. Les responsables ont ajouté que le plan n’a jamais été finalisé mais qu’il a été rédigé après de nombreuses discussions détaillées de haut niveau entre les deux équipes.

Selon les responsables, Israël a soumis aux États-Unis un document en 26 points qui listait les principales préoccupations en matière de sécurité dans l’éventualité d’un retrait de la Cisjordanie. Le plan était supposé répondre à chacun de ces points.

Le chef du Département de la planification de l’armée israélienne le général de division Nimrod Sheffer, qui a dirigé l’équipe israélienne dans ces pourparlers, pensait que le plant pourrait fournir la sécurité nécessaire pour Israël après un retrait important de la Cisjordanie, qui aurait compris des arrangements avec les États-Unis, la Jordanie et l’Autorité palestinienne.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec le chef d'Etat-major d'alors, Benny Gantz (au centre) et le ministre de la Défense de l'époque Moshe Yaalon (à droite) dans le sud d'Israël, pendant la guerre contre le Hamas, le 21 juillet 2014. (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec le chef d’Etat-major d’alors, Benny Gantz (au centre) et le ministre de la Défense de l’époque Moshe Yaalon (à droite) dans le sud d’Israël, pendant la guerre contre le Hamas, le 21 juillet 2014. (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)

Le lieutenant-général (réserviste) Benny Gantz, alors chef d’état-major, aurait aussi estimé que le plan était censé. Les responsables américains ont déclaré à Haaretz avoir « grandement apprécié la contribution du lieutenant-général Benny Gantz, qui a soutenu les échanges et nous a encouragé à chercher des solutions, même lorsque nous étions bloqués après des désaccords entre les deux parties. »

Cependant, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense de l’époque se sont publiquement opposés à ce plan, indiquant que les Américains n’avaient pas fourni de solutions adéquates.

Le président américain Barack Obama (à droite) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 9 novembre 2015. (Crédit : Saul Loeb/AFP)
Le président américain Barack Obama (à droite) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 9 novembre 2015. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Le plan prévoyait une barrière améliorée à la frontière entre la Cisjordanie et la Jordanie, et plaçait l’armée israélienne uniquement en contrôle pendant les 10 ans qui suivront l’accord de paix. Après cela, l’autorité de la frontière serait partagée entre Israël et l’AP.

Les discussions ont pris fin quand la proposition de Kerry s’est écroulée.

« Durant tout le processus, nous avons senti que le sommet de la hiérarchie de l’armée gérait la question de manière très professionnelle, et étudiait chacune de nos propositions d’un point de vue purement sécuritaire », a expliqué un responsable américain à Haaretz. « D’un autre côté, [nous avons] senti que les dirigeants politiques, particulièrement Netanyahu et Yaalon, ont tenté de contrecarrer les échanges. »

Allen a déclaré à Haaretz cette semaine que « nous avons toujours cru que les progrès réalisés en matière de sécurité justifiaient la continuité des négociations sur les autres problèmes de base, et que la sécurité ne faisait pas obstacle à la progression des pourparlers pour la paix. »

Bien que l’administration américaine n’ait fourni aucun détail sur la vision spécifique d’un projet de paix, durant son séjour en Israël et en Cisjordanie les 22 et 23 mai, Trump a réitéré sa volonté de négocier un accord entre Israéliens et Palestiniens.

Bien que Netanyahu ait fait preuve de scepticisme quant à la disposition du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à faire la paix, il a tout de même dit à Trump que « pour la première fois depuis de nombreuses années, et Monsieur le président, pour la première fois de ma vie, je vois l’espoir d’un changement. »

De son côté, Trump était inflexible lors de son discours final au musée d’Israël, insistant qu’Abbas et les Palestiniens « étaient prêts à la paix ».

Le gendre et conseille de Trump, Jared Kushner, aux côtés de Greenblatt, a été chargé de relancer le processus de paix par Trump. Il a confié à Herzog mardi que « nous avons l’intention de rapidement lancer un processus diplomatique afin de parvenir à un accord ».

Eric Cortellessa a contribué à cet article.

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