L’AfD veut une place au conseil national du mémorial de la Shoah à Berlin
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L’AfD veut une place au conseil national du mémorial de la Shoah à Berlin

L'extrême droite allemande, dont le membre Bjoern Hoecke avait lâchement critiqué le monument, insiste sur le droit de siéger au conseil en vertu de son entrée au Parlement

Vue aérienne du Mémorial de l'Holocauste de Berlin (Crédit : de:Benutzer:Schreibkraft/Creative Commons/ Wikimedia)
Vue aérienne du Mémorial de l'Holocauste de Berlin (Crédit : de:Benutzer:Schreibkraft/Creative Commons/ Wikimedia)

Maintenant qu’il est entré au Bundestag, le parti politique populiste de droite le plus puissant d’Allemagne insiste pour obtenir sa place au conseil d’administration de la fondation du mémorial national de l’Holocauste à Berlin.

La fondatrice de la fondation et du mémorial lui-même, Lea Rosh, a rejeté l’idée d’emblée, a indiqué le journal Tagesspiegel, mais le président du Parlement, Wolfgang Schäuble, n’a pas encore commenté cette exigence.

Le parti l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) est entré au Bundestag en septembre dernier avec 94 sièges, soit la troisième position en remportant 12,6 % des voix aux élections fédérales allemandes. La popularité du parti repose largement sur sa politique anti-réfugiés.

Il invoque maintenant la loi adoptée en 2000 qui a créé la fondation commémorative de l’Holocauste, qui stipule que chaque parti au Parlement a droit à une représentation proportionnelle au conseil d’administration. L’AfD aurait donc techniquement droit à un siège.

Le mémorial national de l’Holocauste à Berlin a été inauguré en mai 2005. Il se compose de 2 711 dalles de béton appelées « stèles », disposées en quadrillage sur un terrain en pente, ressemblant à un cimetière.

Selon son site internet, la fondation a pour objectif de « veiller à ce que toutes les victimes du national-socialisme soient honorées et remémorées ». Ses tâches comprennent le développement d’expositions spéciales, l’organisation de conférences et de séminaires et la création de publications.

L’année dernière, le député de l’AfD Bjoern Hoecke de l’ancien Land de Thuringe a critiqué le mémorial ainsi que la culpabilité nazie, affirmant que « les Allemands sont les seuls au monde à planter un monument de honte au coeur de la capitale ».

Bjoern Hoecke au parlement de Thuringe en 2016 (Crédit : CC BY-SA Olaf Kosinsky via Wikimedia Commons)

En réponse à cette déclaration, un groupe de militants allemands a construit une réplique du mémorial national de l’Holocauste devant la maison de Hoecke, dans le village de Bornhage. Ils auraient proposé d’enlever l’installation si Hoecke « tombait à genoux » devant la copie du mémorial et demandait pardon pour les crimes contre l’humanité de l’Allemagne, dans un geste rappelant celui du chancelier de l’époque Willy Brant en 1970 lors d’une cérémonie à Varsovie commémorant la Révolte du ghetto de Varsovie.

Maintenant, les dirigeants de l’AfD ont déclaré au Tagesspiegel que l’AfD revendiquerait sa place au sein du conseil d’administration, après que la faction au Bundestag aura décidé qui pourrait être leur meilleur choix pour siéger au conseil.

Rosh, la vice-présidente du conseil d’administration, a déclaré en novembre qu’elle trouve le programme de l’AfD anti-démocratique et elle s’oppose à leur entrée au conseil d’administration, surtout après la déclaration de Hoecke à propos du mémorial.

Cette semaine, Rosh, qui n’est pas juive, a déclaré au Tagesspiegel que l’inclusion de l’AfD est « non seulement mauvaise, mais impossible ».

Elle demande au président du Bundestag, M. Schäuble, de se pencher sur les options légales pour empêcher le parti d’exiger sa place au conseil. En tant que président du Bundestag, Schäuble est également président de la fondation du mémorial de l’Holocauste.

Il n’a pas pris position publiquement sur la question.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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