L’affaire Medhi Meklat éclabousse des médias français
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L’affaire Medhi Meklat éclabousse des médias français

Le jeune écrivain et journaliste, voit des années d'injures et d'appels à la violence envers les femmes, les juifs et les homosexuels dévoilés au grand jour

Mehdi Meklat, jeune journaliste et écrivain, voit ses milliers de tweets, dont une part ouvertement homophobes et antisémites, dévoilés au grand jour (Crédit: capture d'écran/Twitter)
Mehdi Meklat, jeune journaliste et écrivain, voit ses milliers de tweets, dont une part ouvertement homophobes et antisémites, dévoilés au grand jour (Crédit: capture d'écran/Twitter)

Le journaliste et écrivain Medhi Meklat est au centre d’un vaste scandale après la découverte d’une longue série de messages à caractère violemment homophobe, misogyne et antisémite publiés sous pseudonyme, et sous sa véritable identité, sur le réseau social Twitter.

Une vague de sidération et d’embarras a touché les employeurs et collègues de ce jeune homme de 24 ans, journaliste-chroniqueur star du Bondy Blog, de France Inter où il officiait, dans le duo les Kids dans l’émission de Pascale Clark et d’Arte où il réalisait des chroniques. Medhi Meklat est également proche du controversé CCIF.

Récemment apparu aux côtés de Christiane Taubira en une du journal les Inrockuptibbles, Medhi Meklat va voir son deuxième livre bientôt publié par les éditions du Seuil, un roman écrit à quatre mains avec Badroudine Saïd Abdallah, l’autre moitié du duo des Kids.

« Faîtes entre Hitler pour tuer des Juifs » tweetait Meklat, sous son vrai nom, pour commenter les Césars; ou ecnore le 12 février 2012: « Sarkozy = La synagogue = les juifs = shalom = oui, mon fils = l’argent #ToiAussiFinanceLaCampagneDeSarkozy ». Et le lendemain : « tu me manques, John Galliano, Reviens mec » écrivait-il après la diffusion d’une vidéo où le créateur de mode, visiblement pas à jeun, tenait des propos pro-hitleriens.

https://twitter.com/jpney/status/832958348198871045

Toujours sous son vrai nom, il s’était fait remarqué pour la vulgarité des insultes et ses appels à la violence proférés à l’encontre de Caroline Fourest, d’Anne Gravoin, épouse de Manuel Valls, sa haine des « Français », de Charlie Hebdo et spécialement de Charb, traité d’islamophobe dans des termes orduriers.

Dans une série de tweets en forme d’excuses, Medhi Meklat tente aujourd’hui une explication, dans un jargon d’artiste contemporain : « à travers Marcellin Deschamps je questionnais la notion d’excès et de provocation (…) je m’excuse si ces tweets ont pu choquer ». Problème, nombre de ces milliers de tweets, dont des milliers ont été prudemment effacés dans la nuit, ont été publiés sous le pseudo Deschamps, mais Medhi Meklat a ensuite rétabli sa véritable identité, et a continué à tweeter de manière injurieuse. Dans tous les cas, les deux rhétoriques se ressemblent furieusement.

« Chacun jugera la crédibilité d’une telle défense au regard de la durée, de la violence et de la répétition des faits », a estimé la Licra dans un communiqué où elle annonce porté plainte contre le jeune homme.

https://twitter.com/medhi_meklat/status/832949811611570176

Dans une interview aux Inrocks, alors assez complaisants avec les outrances déjà connues de Medhi Mekklat, ce dernier expliquait… qu’il ne s’expliquait pas son goût de l’outrage. Face à la bienveillance de certains de ses « parrains » médiatiques il ne mesurait apparemment pas la gravité de ces propos tenus sur Twitter depuis 5 années.

Aujourd’hui, Medhi Meklat paye en quelques jours ces 5 années d’excès devant le tribunal populaire de Twitter. Sans pour autant exclure la possibilité de rencontrer le vrai tribunal de la 17e chambre correctionnelle, dédié à la diffamation et aux incitations à la violence.

Les « Inrocks », dont il faisait la une début février avec Christiane Taubira, ont assuré lundi ne pas avoir eu connaissance de ces tweets.

« Les excuses qu’on attend de Medhi Meklat à la suite de cette histoire (…) doivent explorer et éclaircir la part d’ombre qui sous-tend ses tweets honteux », écrit son directeur Pierre Siankowski.

Sur Facebook, Christiane Taubira a déclaré qu’il y avait « quelque chose à purger » chez Medhi Meklat. « Il ne peut résider dans un même esprit la beauté et la profondeur d’une telle littérature et la hideur de telles pensées », a estimé l’ancienne ministre.

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