L’Afrique du Sud déclare que l’armée israélienne « doit se retirer » de Gaza
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L’Afrique du Sud déclare que l’armée israélienne « doit se retirer » de Gaza

Pretoria condamne les actions de l'armée israélienne lors des manifestations à a frontière de vendredi comme étant une "agression violente"

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Des soldats israéliens sur la barrière terrestre le long de la frontière avec Gaza, à proximité du kibboutz israélien de  Nahal Oz, dans le sud du pays, le 30 mars 2018 (Crédit : Jack Guez/AFP)
Des soldats israéliens sur la barrière terrestre le long de la frontière avec Gaza, à proximité du kibboutz israélien de Nahal Oz, dans le sud du pays, le 30 mars 2018 (Crédit : Jack Guez/AFP)

L’Afrique du Sud a condamné mercredi les actions de l’armée israélienne lors des manifestations de vendredi dernier à la frontière de Gaza, les qualifiant d’“acte d’agression violente”.

Dans un communiqué de presse, le ministère des Affaires étrangères du pays a également exigé que l’armée israélienne se retire de la bande côtière, bien qu’Israël y ait déraciné toute présence civile et militaire permanente en 2005.

« Le gouvernement sud-africain condamne fermement le dernier acte d’agression violente perpétrée par les forces armées israéliennes à Gaza, qui a entraîné la mort d’environ 17 citoyens palestiniens et des dizaines d’autres blessés », lit-on dans le communiqué du Département des relations internationales et de la coopération.

« L’Afrique du Sud réitère son point de vue selon lequel l’armée israélienne doit se retirer de la bande de Gaza et mettre fin aux incursions violentes et destructrices dans les territoires palestiniens. L’Afrique du Sud maintient en outre que la violence dans la bande de Gaza entravera la reconstruction des institutions et des infrastructures palestiniennes », poursuit la déclaration.

A LIRE : Ce que nous savons ou ignorons au sujet des manifestations de vendredi à Gaza

Tsahal envoie régulièrement des bulldozers au-delà de la clôture de sécurité de Gaza, mais ils restent généralement dans une zone tampon située avant la frontière proprement dite. Les troupes terrestres israéliennes ne sont pas entrées à Gaza depuis la fin de l’opération « Bordure protectrice » en 2014, à l’exception de certaines forces spéciales qui mènent des opérations secrètes. Les avions israéliens survolent régulièrement l’enclave côtière et y effectuent des frappes aériennes en représailles à des attaques ou à des tunnels terroristes et autres structures souterraines.

Le chef du Commandement du sud de l’armée israélienne, le général de division Eyal Zamir, regarde à travers une paire de jumelles pour mieux voir la situation dans la bande de Gaza alors que le chef des opérations de l’armée, le général de division Nitzan Alon, se tient derrière durant une manifestation massive le long de la frontière, le 30 mars 2018 (Crédit : Armée israélienne)

« Les actions de l’armée israélienne constituent un obstacle supplémentaire à une résolution permanente du conflit, qui doit prendre la forme de deux états, la Palestine et Israël, existant côte à côte et en paix », a déclaré le ministre sud-africain des Affaires étrangères Lindiwe Sisulu. « L’Afrique du Sud s’aligne sur les membres de l’ONU qui demandent la tenue d’une enquête indépendante sur les morts, en vue de demander aux responsables de rendre des comptes ».

L’ONU, l’Union européenne et divers autres organismes et États ont demandé que des enquêtes soient menées sur l’utilisation par Israël de tirs réels pour repousser les manifestants violents à la frontière de Gaza.

Israël a défendu sa politique de tirs réels. L’armée a identifié plus de 10 Palestiniens tués depuis le début des manifestations comme étant des membres de divers groupes terroristes palestiniens.

Vendredi, plus de 30 000 Palestiniens ont manifesté le long de la frontière de Gaza, dans ce qu’Israël décrit comme une émeute orchestrée par le groupe terroriste du Hamas, qui dirige Gaza, et ce que les Palestiniens appellent une manifestation pacifique.

Il y avait des divergences dans les rapports palestiniens sur le nombre de morts à Gaza à partir de vendredi. Alors que le Hamas affirmait lundi que 18 personnes étaient mortes, l’agence de presse officielle de l’Autorité palestinienne en comptait 16. Israël n’a pas de chiffres officiels sur le nombre de morts. Plus de 1 000 personnes ont été blessées.

Des manifestations violentes ont été organisées tous les jours depuis la manifestation de masse de vendredi, bien qu’à un niveau beaucoup plus restreint, impliquant généralement quelques dizaines de personnes. Néanmoins, l’armée est restée en état d’alerte dans la région parce qu’elle craignait que les groupes terroristes ne puissent tirer parti des tensions et perpétrer des attentats.

Mercredi également, le parti au pouvoir en Afrique du Sud, le Congrès national africain, a appelé au boycott culturel d’Israël.

Il réagissait à la récente prestation à Tel Aviv du DJ sud-africain Nkosinathi Maphumulo, connu sous son nom de scène Black Coffee.

« Nous appelons tous les artistes à apprécier le rôle joué par le mouvement international de solidarité anti-apartheid dans l’isolement international réussi de l’Afrique du Sud de l’apartheid », a déclaré Lindiwe Zulu, qui préside le Comité des relations internationales de l’ANC.

« Le peuple palestinien est dans une juste cause pour son autodétermination et nous exhortons nos artistes à ne pas faire partie de la normalisation de la répression du peuple palestinien par Israël dans sa quête de l’autodétermination et d’un État qui est le reflet de notre propre lutte ».

L’ANC a depuis longtemps adopté une position très hostile à l’égard d’Israël, approuvant le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions en 2002.

Le mois dernier, le Congrès national africain, parti au pouvoir en Afrique du Sud, a déclaré qu’il participait activement à la 14e semaine annuelle contre l’apartheid israélien pour exprimer sa solidarité avec le « peuple héroïque de Palestine » et parce qu’il est « particulièrement préoccupé par les attaques répétées contre les enfants palestiniens par le gouvernement israélien ».

En décembre, l’ANC a adopté une résolution demandant au gouvernement de déclasser immédiatement l’ambassade du pays en Israël et d’en faire un « bureau de liaison ». Jusqu’à présent, cependant, le gouvernement de Pretoria n’a pas mis en œuvre la décision.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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