L’aide américaine à Israël, un potentiel « levier de pression » selon Buttigieg
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L’aide américaine à Israël, un potentiel « levier de pression » selon Buttigieg

Le candidat à l'investiture démocrate 2020 a dit qu'il ne laisserait pas Washington payer la note si Jérusalem annexait les implantations en Cisjordanie

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Pete Buttigieg, maire de South Bend et candidat à l'investiture démocrate à la présidence, s'exprime lors d'un débat sur les armes à feu, le mercredi 2 octobre 2019 à Las Vegas. (AP Photo/John Locher)
Pete Buttigieg, maire de South Bend et candidat à l'investiture démocrate à la présidence, s'exprime lors d'un débat sur les armes à feu, le mercredi 2 octobre 2019 à Las Vegas. (AP Photo/John Locher)

WASHINGTON — Le candidat à l’investiture présidentielle Pete Buttigieg a déclaré ce weekend qu’il envisagerait d’utiliser l’aide militaire américaine pour « faire pression » sur Israël afin que le pays change ses politiques envers les Palestiniens.

S’exprimant à l’Université de Chicago vendredi, le maire de South Bend a indiqué qu’en tant que président, il n’autoriserait pas les Etats-Unis à accorder le même montant d’aide à Israël, si l’Etat juif devait annexer les implantations, comme le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis de le faire.

Lors d’une séance de questions-réponses sur le campus de South Side, un nouvel étudiant et activiste du mouvement « anti-occupation » IfNotNow a demandé au candidat s’il conditionnerait « l’aide à Israël à la fin de l’occupation ».

« Je pense que l’aide est un levier de pression pour conduire Israël dans la bonne direction, a déclaré Buttigieg. Si, par exemple, ces menaces d’annexion sont mises en application, je m’assurerai que les Etats-Unis ne paieront pas la note pour cette décision. »

Il a laissé entendre que faire pression sur Israël pour garder la possibilité d’une solution à deux Etats était dans l’intérêt d’Israël pour que le pays reste une démocratie.

« C’est dans l’intérêt américain, mais aussi dans l’intérêt palestinien et, au final, dans l’intérêt juif israélien, qu’Israël n’en arrive pas au point où il n’y aura pas d’autre choix entre soit être un Etat juif ou une démocratie », a-t-il déclaré, « et c’est la trajectoire vers laquelle nous nous dirigeons maintenant ».

Buttigieg, âgé de 37 ans, ne s’est pas engagé à réduire l’aide américaine s’il était élu, mais il a suggéré que c’était une éventualité.

« Je ne ne vais pas m’engager maintenant sur toutes les manières de faire pression et sur comment elles devraient être mises en pratique, mais je vous dirai que notre objectif politique sera de faire tout ce que nous faisons quand un ami va dans une direction qui nous inquiète, ce qui signifie mettre un bras autour de lui et le guider vers une direction meilleure », a-t-il dit.

Les commentaires de Buttigieg semblaient être le fruit d’efforts d’IfNotNow pour demander aux candidats de 2020 leurs points de vue concernant le conflit israélo-palestinien.

Bernie Sanders, le candidat à l’investiture démocratique 2020, avec les volontaires de IfNotNow dans le New Hampshire, le 29 juin 2019. (Crédit photo : IfNotNow via JTA)

Le groupe de gauche a envoyé des militants à travers tout le pays pour poser des questions aux candidats, alors qu’ils sont filmés ou sur des podiums.

Buttigieg est le troisième candidat présidentiel démocrate à indiquer sa volonté d’une potentielle coupe dans l’aide miliaire à Israël.

Dans une interview de juillet, le Sénateur du Vermont Bernie Sanders avait dit qu’il envisagerait « clairement » de telles coupes d’aide. Ce weekend, la sénatrice du Massachussets Elizabeth Warren a indiqué que l’idée de bloquer l’aide pour faire pression sur Israël afin qu’il limite ses projets d’implantations en Cisjordanie était « sur la table ».

Warren, Sanders et Buttigieg sont actuellement annoncés en deuxième, troisième et quatrième position respectivement dans le sondage Real Clear Politics.

Sanders et Buttigieg doivent s’exprimer à la conférence nationale J Street, avec d’autres candidats à la présidentielle comme la sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar, le sénateur du Colorado Michael Bennet et l’ancien secrétaire au Logement et au Développement urbain, Julian Castro.

La conférence correspondra au premier débat majeur lors duquel les candidats devront exprimer leurs positions sur la politique américaine à l’égard d’Israël.

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