L’aile gauche des Démocrates dénonce la répression contre les critiques de l’AP
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L’aile gauche des Démocrates dénonce la répression contre les critiques de l’AP

Tlaib, Omar, Bush, Pocan et Murphy ont dénoncé les arrestations "honteuses" menées par Ramallah ; le bureau de Sanders aurait contacté l'AP peu avant la libération de militants

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Des agents des forces de sécurité palestiniennes bloquent une route lors d'une manifestation suite à la mort du militant des droits humains Nizar Banat alors qu'il était détenu par les forces de sécurité de l'Autorité palestinienne, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 26 juin 2021. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Des agents des forces de sécurité palestiniennes bloquent une route lors d'une manifestation suite à la mort du militant des droits humains Nizar Banat alors qu'il était détenu par les forces de sécurité de l'Autorité palestinienne, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 26 juin 2021. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

WASHINGTON – Des représentantes du Parti démocrate américain réunies sous le nom informel de la « Brigade » [« The Squad » en anglais], connues pour leurs fréquentes et virulentes critiques d’Israël, ont cette fois dénoncé l’Autorité palestinienne, suite à la dernière vague de répression menée par Ramallah contre des militants des droits humains et des critiques de l’AP.

Au cours du week-end dernier, l’AP a arrêté une vingtaine de manifestants rassemblés à l’occasion de manifestations en mémoire de Nizar Banat, critique bien connu de l’AP, décédé en juin après avoir été arrêté par les forces de sécurité de Ramallah.

Suite à ces récentes arrestations, plusieurs représentants démocrates progressistes exerçant à la Chambre et au Sénat ont exprimé leur colère, déplorant ce qu’ils ont décrit comme une répression contre les Palestiniens de Cisjordanie, menée par le régime militaire israélien d’un côté et les pratiques de plus en plus autoritaires de l’Autorité palestinienne de l’autre.

« Enfermer des manifestants pacifiques est un abus aux droits humains et porte la marque des régimes autoritaires », a tweeté lundi la représentante Ilhan Omar, appelant l’Autorité palestinienne à la libération immédiate des militants arrêtés.

La représentante américano-palestinienne Rashida Tlaib a elle dirigé ses critiques contre le chef de l’Autorité palestinienne. « Cher président Mahmoud Abbas », a-t-elle tweeté. « Ce n’est PAS ainsi que vous protégez et servez le peuple palestinien. Honte à vous pour avoir réprimé les voix palestiniennes qui tentent non seulement de se libérer du joug du gouvernement d’apartheid israélien, mais aussi de celui de votre leadership corrompu. »

« Honte à l’Autorité palestinienne », a tweeté la représentante Cori Bush. « La répression contre les dissidents et la criminalisation des manifestations ne font qu’aggraver la violence du système d’apartheid israélien. Nous sommes aux côtés des Palestiniens contre la violence de l’autoritarisme de l’Autorité palestinienne. Liberté immédiate pour les prisonniers politiques. »

La représentante Ilhan Omar, à droite, et la représentante Rashida Tlaib, lors d’une conférence de presse, le 19 août 2019, au State Capitol à St. Paul, dans le Minnesota, après que leur voyage prévu à Jérusalem et en Cisjordanie a été empêché par Israël. (Crédit : AP/Jim Mone)

Le représentant Mark Pocan a lui écrit que l’Autorité palestinienne devait « cesser de commettre des violations des droits humains et respecter la liberté d’expression de tous les Palestiniens. Arrêter des défenseurs pacifiques des droits humains n’est jamais acceptable. Stop. »

Au Sénat, Chris Murphy a publié un communiqué appelant à ce que les fonctionnaires impliqués dans la mort de Banat en soient tenus pour responsables, ajoutant que les récentes arrestations « remettaient sérieusement en question l’engagement de l’Autorité palestinienne en matière de responsabilité ».

« L’Autorité palestinienne doit faire plus pour lutter contre la corruption et pour mettre fin à cette campagne de harcèlement contre la société civile », a ajouté Murphy.

Le journal Haaretz a rapporté que le bureau du sénateur Bernie Sanders avait contacté Ramallah pour lui demander de s’expliquer sur les arrestations du week-end, et que l’Autorité palestinienne avait relâché plusieurs militants influents peu de temps après l’appel, dans la journée de mardi.

Interrogé sur le sujet, un porte-parole du département d’État américain a déclaré que l’administration Biden était « profondément troublée » par les arrestations menées par l’Autorité palestinienne survenues le week-end dernier et a exhorté Ramallah à « se conduire de manière professionnelle, et les autorités à respecter de façon stricte la liberté d’expression, le travail de la presse, ainsi que le plein droit des Palestiniens à manifester pacifiquement ».

« Les États-Unis sont extrêmement préoccupés par les informations de plus en plus nombreuses faisant état de restrictions par l’Autorité palestinienne à la liberté d’expression, à la liberté de réunion et d’association en Cisjordanie. Le peuple palestinien mérite davantage de liberté d’expression, et non pas moins », a déclaré le porte-parole dans un communiqué.

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