L’AIPAC et JStreet prônent de nouveaux fonds pour les programmes de coexistence
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L’AIPAC et JStreet prônent de nouveaux fonds pour les programmes de coexistence

Des organisations pro-israéliennes soutiennent un projet de loi bipartisan de financement des groupes de dialogue israélo-palestinien, aux budgets taillés par l'administration US

La représente démocrate de New York Nita Lowey, présidente de la puissante Commission du budget à la chambre des représentants, à Washington, le 9 avril 2019 (Crédit : AP Photo/Andrew Harnik)
La représente démocrate de New York Nita Lowey, présidente de la puissante Commission du budget à la chambre des représentants, à Washington, le 9 avril 2019 (Crédit : AP Photo/Andrew Harnik)

WASHINGTON (JTA) — Des groupes pro-israéliens américains ont apporté leur soutien à un projet de loi bipartisan qui permettrait des investissements dans les zones palestiniennes ainsi qu’une reprise des financements des programmes de dialogue et de paix qui avaient été supprimés par l’administration Trump comme mesure de sanction à l’encontre des Palestiniens.

Le projet de loi est, en partie, une réprimande à l’encontre de l’administration qui a mis un terme au financement des groupes de dialogue, l’année dernière. Il répète également le soutien apporté à la solution à deux Etats après que l’administration Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu ont minimisé la perspective de la création d’un état palestinien.

Cette législation annoncée mercredi a été soutenue par des groupes pourtant souvent en désaccord sur les politiques de paix, et notamment l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), qui s’aligne généralement sur le gouvernement israélien sur les questions sécuritaires, et J-Street et Americans for Peace Now, qui n’ont pas épargné dans le passé les approches adoptées par le gouvernement de Netanyahu et l’administration Trump dans le conflit.

Parmi les autres groupes qui ont donné leur appui au texte, la JFNA (Jewish Federations of North America) et son affilié israélien, l’Israel Action Network, ainsi que le JCPA (Jewish Council for Public Affairs), organisation-cadre des groupes politiques publics juifs.

Menant l’introduction du projet de loi, la représente démocrate de New York Nita Lowey, D-N.Y., une pro-israélienne fidèle qui préside la puissante commission du Budget à la chambre des représentants, et le républicain du Nebraska Jeff Fortenberry, membre du même comité.

Au sénat, le texte est appuyé par les sénateurs Lindsey Graham, républicain du sud de Californie qui se trouve à la tête de la sous-commission aux opérations étrangères au sein de la Commission du budget, ainsi que les sénateurs Cory Gardner, républicain du Colorado, Tim Kaine, Démocrate de Virginie et Chris Coons, démocrate du Delaware.

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo lors de la conférence 2019 de l’AIPAC(American Israel Public Affairs Committee) au centre de conférences de Washington, à Washington, le 25 mars 2019 (Crédit : Jose Luis Magana/AP)

Le projet de loi, qui fournirait 50 millions de dollars par an pendant cinq ans à un « fonds de partenariat pour la paix », semble d’adapter à la proposition de paix prônée par le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, qui est aussi son haut-conseiller et qui souligne l’importance des investissements.

Kushner organisera un sommet à la fin du mois au Bahreïn, dont l’objectif est de promouvoir les investissements des Etats arabes dans le développement économique palestinien.

« Même si le développement économique est un outil de stabilisation important pour une situation en proie aux conflits et pour établir des liens entre les communautés, le développement économique en lui-même n’entraînera pas une paix durable », dit la législation dans son préambule. « Des programmes de construction de la paix interpersonnels feront davantage avancer les efforts de réconciliation en faisant la promotion d’une plus grande compréhension, de la confiance mutuelle et de la coopération entre les communautés ».

Le projet de loi affirme également que « c’est le sentiment du congrès que la construction d’une économie palestinienne viable est centrale dans l’effort visant à préserver la possibilité d’une solution à deux états ».

Le lobbying, pour la législation, a été mené par le groupe Alliance for Middle East Peace (ALLMEP), organisation-cadre regroupant des douzaines d’organisations et des programmes de dialogue israélo-palestiniens, avec notamment des programmes comme Givat Haviva, Hand in Hand et Neveh Shalom. L’ALLMEP était également passé à l’action l’année dernière quand l’administration Trump avait sabré les 10 millions de dollars que ces groupes obtiennent chaque année, dans le cadre des centaines de millions de dollars retirés en assistance aux Palestiniens.

Des Juives et des Arabes lors d’un cours de cuisine organisé par Givat Haviva (Crédit : Autorisation Givat Haviva)

« A un moment où des normes importantes autour de la résolution de ce conflit sont compromises et où des attitudes déshumanisantes et violentes – particulièrement marquées chez les jeunes – ne cessent d’augmenter, c’est un ‘gain’ critique pour notre communauté et sa mission collective qui est de contrer de telles tendances », a dit John Lyndon, le prochain directeur de l’ALLMEP, dans un communiqué dans la journée de mercredi.

L’administration Trump avait coupé les aides en partie parce que l’Autorité palestinienne s’était refusée à mettre un terme aux allocations versées aux familles de Palestiniens emprisonnés pour des attaques menées contre des Israéliens ou tués dans les mêmes circonstances, mais aussi parce que les responsables palestiniens avaient refusé de continuer à prendre part aux négociations de paix après la reconnaissance par Trump de Jérusalem en tant que capitale d’Israël.

La raison pour laquelle l’administration Trump a mis un terme au versement de la somme relativement modeste qui était allouée aux groupes de dialogue – qui n’était donc pas remise à l’Autorité palestinienne – reste indéterminée.

Des proches de l’administration Trump ont suggéré que ces programmes n’avaient jamais prouvé leur efficacité puisqu’il n’y avait pas de paix entre les Israéliens et les Palestiniens.

Pour leurs partisans, ces programmes visent à apaiser les tensions et à créer des opportunité d’interaction entre les deux parties – en laissant le travail de négociation de la paix aux diplomates.

Lowey, dans son communiqué, a expliqué que l’un des objectifs du fond était de poser, sur le terrain, les fondations nécessaires à une solution à deux états.

« Encore et encore, le congrès a répété son soutien à une solution à deux états qui puisse entraîner deux états pour deux peuples », a-t-elle dit. « Pour aider à ce que ce rêve se poursuive, cette législation bipartisane stimulerait le développement économique et construirait des liens communautaires entre Israéliens et Palestiniens. Il n’y a pas de raccourci menant à la paix mais ce texte en pose les fondations, pour cette génération et pour celles qui suivront, pour qu’elles puissent s’engager dans le dur travail de la réalisation de la paix ».

Des personnalités de droite, en Israël, ont fustigé certains groupes appartenant à l’organisation-cadre ALLMEP parce que cette dernière rassemblerait d’anciens combattants des deux parties et des familles victimes de violences des deux côtés, disant qu’une telle initiative revient à créer une équivalence fausse entre soldats israéliens et terroristes palestiniens.

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