L’Algérie pourrait être exclue des Paralympiques
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L’Algérie pourrait être exclue des Paralympiques

Les responsables attendent des “explications sensées” de l’équipe de goalball avant de prendre des mesures contre les athlètes qui ont manqué des matchs

Cérémonie d'ouverture des Jeux paralympiques au stade Macarena de Rio de Janeiro, au Brésil, le 7 septembre 2016. (Crédit : AFP/Tasso Marcelo)
Cérémonie d'ouverture des Jeux paralympiques au stade Macarena de Rio de Janeiro, au Brésil, le 7 septembre 2016. (Crédit : AFP/Tasso Marcelo)

L’équipe algérienne féminine de goalball pourrait être exclue des Jeux paralympiques pour ne pas s’être présentée à deux matchs, déclenchant des spéculations sur son absence, qui pourrait être due à une tentative d’éviter de rencontrer l’équipe d’Israël.

Les responsables du Comité international paralympique (CIP) ont déclaré que cette absence pourrait être une forme de protestation politique, qui est interdite aux Jeux paralympiques et olympiques.

Le CIP a annoncé que l’équipe ne s’était pas présentée pour un match vendredi contre les Etats-Unis, et a également manqué le match de samedi contre Israël.

« En termes de protestations politiques, il y a une série d’actions que nous pouvons prendre », a déclaré le porte-parole du CIP. « Cela peut être une tape sur le poignet. Cela peut être aussi facile que cela. Cela peut aussi être l’exclusion de l’équipe de la compétition. »

Match de goalball, un sport de ballon adapté aux athlètes malvoyants. (Crédit : gjtaylor/CC BY 2.0/WikiCommons)
Match de goalball, un sport de ballon adapté aux athlètes malvoyants. (Crédit : gjtaylor/CC BY 2.0/WikiCommons)

Spence a déclaré que les responsables algériens « affirment qu’ils ont souffert de nombreux retards, de vols annulés, et de problèmes de correspondance » en tentant de prendre un vol le 5 septembre entre Varsovie (Pologne) et Rio de Janeiro.

Spence a déclaré que le reste de la délégation algérienne était à Rio. Les responsables algériens ont déclaré au CIP que l’équipe de goalball arriverait dimanche.

« Même si vous aviez pris un bateau entre la Pologne et le Brésil, vous auriez probablement pu arriver ici à temps, a déclaré Spence. Nous travaillons donc toujours avec les Algériens pour savoir s’ils peuvent ou non nous donner une explication sensée. »

Parallèlement, le directeur du Comité israélien paralympique, Danny Ben-Abu, a déploré l’introduction de la politique dans le sport.

« A partir du moment où une équipe entre dans le stade avec son drapeau national, elle s’engage à concourir contre chaque pays, a-t-il déclaré. Elle n’a pas le droit de décider contre qui elle va jouer, c’est un principe sportif. C’est une grande honte que la politique se soit aussi infiltrée dans les Paralympiques. »

L'Israélienne Gili Cohen (en blanc) contre la Mauricienne Christianne Legentil dans la catégorie des moins de 52 kg en judo, pendant les JO de Rio, le 7 août 2016. (Crédit : AFP/Jack Guez)
L’Israélienne Gili Cohen (en blanc) contre la Mauricienne Christianne Legentil dans la catégorie des moins de 52 kg en judo, pendant les JO de Rio, le 7 août 2016. (Crédit : AFP/Jack Guez)

Ce n’est pas la première fois que des concurrents de pays musulmans boycottent Israël aux Jeux de Rio. La judoka saoudienne Joud Fahmy a déclaré forfait pendant son premier combat contre la Mauricienne Christiane Legentil le 7 août, ce qui a été interprété par les médias israéliens comme une manœuvre pour éviter d’affronter l’Israélienne Gili Cohen par la suite.

L’équipe saoudienne avait déclaré sur Twitter que Fahmy avait été blessée au bras et à la jambe pendant l’entraînement, et que l’équipe médicale lui avait recommandé de ne pas concourir, a annoncé le site d’informations Ynet. Selon la Deuxième chaîne, Fahmy n’était pas blessée, mais a simplement abandonnée pour éviter de combattre contre une Israélienne.

Le même jour, le président du Comité olympique libanais avait été convoqué par les organisateurs des Jeux, après une histoire avec la délégation israélienne quand il avait été dit aux deux équipes de partager le même bus pour se rendre à la cérémonie d’ouverture deux jours auparavant.

La délégation libanaise avait refusé d’autoriser les athlètes israéliens à monter dans le bus, entraînant une dispute qui avait remis la politique au cœur de la cérémonie d’ouverture des Jeux. Finalement, les organisateurs avaient placé les Israéliens dans un autre bus.

La délégation libanaise avait été prévenue de ne pas répéter un tel comportement, un avertissement qui était également probablement dirigé envers les autres équipes qui ne reconnaissent pas Israël et s’irritent de devoir partager un espace sportif avec l’Etat juif.

L'Egyptien Islam El Shahaby (en bleu) a refusé de serrer la main de l'Israélien Or Sasson après sa défaite au premier tour du tournoi de judo masculin des +100kg aux Jeux olympiques de Rio, le 12 août 2016. (Crédit : AFP/Toshifumi Kitamura)
L’Egyptien Islam El Shahaby (en bleu) a refusé de serrer la main de l’Israélien Or Sasson après sa défaite au premier tour du tournoi de judo masculin des +100kg aux Jeux olympiques de Rio, le 12 août 2016. (Crédit : AFP/Toshifumi Kitamura)

Cela n’a cependant pas empêché le judoka égyptien Islam El Shahaby de refuser de serrer la main de son rival israélien Or Sasson après leur combat du 12 août. Quand Sasson a tendu la main, Shahaby a reculé en secouant la tête. L’arbitre a demandé à l’Egyptien de 34 ans de revenir sur le tatami et l’a obligé à s’incliner. Il avait été fortement hué par le public.

Le CIO avait déclaré que le comportement de Shahaby était « contraire aux règles du fairplay et contraire à l’esprit d’amitié incarné dans les valeurs olympiques. »

Le Comité olympique égyptien avait également « fortement condamné » les actes de Shahaby et l’avait « renvoyé à la maison » selon le CIO. Sasson avait finalement remporté la médaille de bronze de sa catégorie.

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