L’ambassadeur américain en Israël appelle Trump à maintenir l’accord avec l’Iran
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L’ambassadeur américain en Israël appelle Trump à maintenir l’accord avec l’Iran

Refusant de directement commenter le résultat des élections, Dan Shapiro a expliqué qu’il était “confiant dans le fait que les relations entre Israël et les Etats-Unis vont encore se renforcer"

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Tandis que la victoire de Donald Trump a été déclarée dans la matinée de mercredi, l’ambassadeur américain en Israël a demandé à la prochaine administration d’adhérer à l’accord nucléaire passé avec l’Iran.

Le pacte nucléaire, négocié sous la direction des Américains entre six puissances mondiales et l’Iran, a été ‘très réussi dans la mesure où il fait exactement ce pour quoi il a été créé, c’est-à-dire bloquer systématiquement toutes les voies offertes à l’Iran pour réaliser une arme nucléaire”, a commenté Dan Shapiro.

« Nous recommandons donc de manière manifeste à la prochaine administration de continuer à [honorer l’accord], parce qu’il remplit sa fonction ».

Israël était – et reste – le pays le plus critique de cette convention dans le monde, la qualifiant “d’erreur historique” et disant qu’elle échouera dramatiquement à empêcher Téhéran de se doter d’armes nucléaires.

Shapiro n’a pas nié que Jérusalem était opposée au pacte mais a ajouté : “Il n’y a pas de désaccord entre les experts américains et israéliens concernant l’adhésion israélienne aux termes de l’accord”.

Prenant la parole à l’occasion d’une conférence consacrée aux élections à l’Institut National de la Sécurité de l’Université de Tel Aviv, Shapiro a refusé de commenter les résultats du scrutin et ce qu’ils pourraient signifier pour les relations entretenues par l’Amérique et Israël au-delà d’observations très générales.

“La nouvelle administration va hériter d’un travail de continuité et d’une quantité importante d’accomplissements dans le partenariat israélo-américain”, a-t-il dit, faisant référence à l’aide militaire apportée par Washington à Jérusalem et à la coopération bilatérale en oeuvre dans divers domaines.

« Ce sont de vraies réalisations de l’administration Obama en partenariat avec le gouvernement de Netanyahu, qui pourront être consolidées par la future administration ».

En effet, le diplomate a estimé qu’il “était confiant dans le fait que ce fort partenariat grandira encore fortement durant les nombreuses années à venir.

Le président Barack Obama restera à son poste jusqu’au jour de l’inauguration, le 20 janvier, a Shapiro.

Dan Shapiro à l'INSS, le 9 novembre 2016 (Crédit : Raphael Ahren)
Dan Shapiro à l’INSS, le 9 novembre 2016 (Crédit : Raphael Ahren)

« Je pense que c’est important que je me saisisse de cette opportunité pour assurer aux Israéliens que durant cette période de transition, les choses resteront habituelles conformément à notre alliance ».

Durant ce temps, les visites et la coopération bilatérales continueront comme prévu, a-t-il déclaré. « Nous voulons vraiment que cette nouvelle administration reparte sur les chapeaux de roues concernant tous les aspects de cette relation bilatérale ».

Tout en évitant soigneusement tout commentaire pouvant paraître partisan, Shapiro a laissé entendre que le président élu Donald Trump devrait adapter certaines de ses rhétoriques de campagne aux réalités politiques.

“Toute nouvelle administration a le devoir de rapidement réaliser que faire une campagne est très différent de gouverner”, a-t-il expliqué. « Durant une campagne, on parle souvent de manière à incarner les rêves et les espoirs de ceux dont on cherche à obtenir le soutien ».

Avant une élection, les candidats sont tentés de présenter les problèmes en noir et blanc, a ajouté Shapiro. “Un président élu devra réfléchir d’une manière très différente à comment faire part de ces promesses, et avec qui il devra travailler pour les réaliser, quels sont également les compromis nécessaires pour gouverner, quels sont les joueurs pertinents”.

Shapiro a ensuite cité un truisme politique israélien bien connu qui dit en hébreu “Ce que vous voyez d’ici n’est pas ce que vous verriez de là-bas”, pour souligner que les politiciens agissent souvent de manière très différente une fois élus. “C’est probablement vrai pour n’importe quel leader politique sortant d’une campagne électorale”.

Interrogé sur la question de savoir si les Israéliens peuvent s’attendre à ce que Trump délocalise l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem – une promesse faite par le candidat élu durant la campagne – Shapiro a répondu : “Chaque administration américaine s’étant penchée là-dessus a déterminé que l’ambassade se trouvait là où elle devait être. Je ne peux spéculer au-delà de cela ».

Shapiro n’a également pas dit si la victoire de Trump allait augmenter la probabilité d’un appui de l’administration sortante à une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU sur la Palestine.

“Le président, comme cela a été le cas depuis de nombreux mois, cherchera les moyens par lesquels lui et nous, en tant qu’administration, serons en mesure d’avancer vers notre objectif de progresser vers une solution à deux états”, a-t-il indiqué.

Actuellement, « certaines tendances perturbantes sur le terrain » poussent Israéliens et Palestiniens dans des directions opposées. Et ainsi, toute initiative qu’[Obama] pourrait être en mesure de considérer lors de ses derniers mois de fonction seront sans doute basés sur cette motivation.

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