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L’ancien chancelier autrichien Kurz fonde une société avec l’ex-PDG de NSO

"Le besoin de protéger les infrastructures essentielles telles que l'énergie, l'eau et les services de santé contre les cyberattaques ne cesse de croître", explique M. Kurz

Le Chancelier autrichien Sebastian Kurz lors d'une visite au mémorial de la Shoah de Yad Vashem à Jérusalem, le 10 juin 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le Chancelier autrichien Sebastian Kurz lors d'une visite au mémorial de la Shoah de Yad Vashem à Jérusalem, le 10 juin 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

L’ex-chancelier autrichien Sebastian Kurz a fondé une société de cybersécurité avec l’ancien PDG de la société israélienne NSO Group, Shalev Hulio, qui avait développé le controversé logiciel d’espionnage Pegasus, selon un message publié jeudi sur Facebook.

« Le besoin de protéger les infrastructures essentielles telles que l’énergie, l’eau et les services de santé contre les cyberattaques ne cesse de croître », explique M. Kurz en annonçant la création de cette entreprise, « Dream Security », basée à Tel Aviv. 

« Le but est de proposer des solutions pour se protéger contre de telles attaques », a-t-il ajouté.

Le conservateur de 36 ans, poussé à la démission il y a un an après des accusations de corruption, occupera le poste de président de cette société, a indiqué le média israélien Globes, qui avait révélé l’information mercredi.

« Pendant mon mandat de chancelier, j’ai vu de nombreuses attaques contre des gouvernements, mais aussi contre des installations de production et des centrales énergétiques, dont la plupart n’ont pas été publiées dans les médias », a déclaré M. Kurz à Globes, précisant que la société serait dans un premier temps amenée à se concentrer sur le marché européen.

Shalev Hulio, PDG de NSO Group, parle avec le journal Calcalist, le 20 avril 2020. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Son associé, Shalev Hulio, avait quitté NSO en août dans le cadre d’une « réorganisation » des activités.

À l’été 2021, le groupe israélien s’était retrouvé sous le feu des projecteurs : un consortium de médias internationaux avait révélé que les numéros de téléphone d’au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d’entreprises avaient été espionnés via son logiciel Pegasus.

NSO, accusé de faire le jeu de régimes autoritaires, avait assuré que son logiciel servait uniquement à obtenir des renseignements contre des réseaux criminels ou terroristes et qu’il pourrait avoir été « détourné » de son usage par certains clients. 

M. Kurz avait démissionné de ses fonctions de chancelier en octobre 2021, conséquence d’un vaste scandale de corruption ayant déstabilisé ces dernières années la vie politique autrichienne. 

Depuis, tout en restant basé à Vienne, il multiplie les collaborations internationales dans le secteur privé. 

Il a intégré en début d’année la société américaine de Peter Thiel, rare soutien de Donald Trump dans la Silicon Valley, où il est chargé de la stratégie mondiale. 

M. Kurz, qui vient de sortir un livre retraçant sa carrière politique, a également fondé une société de conseil pour les entreprises internationales et une autre qui investit dans le secteur de la technologie. 

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