« L’antisémitisme de Corbyn pourrait faire partir les Juifs du Royaume-Uni »
Rechercher

« L’antisémitisme de Corbyn pourrait faire partir les Juifs du Royaume-Uni »

Jonathan Arkush, le président sortant du Board of Deputies, a dit que la communauté se demande, pour la première fois, si elle a un avenir dans le pays

Jeremy Corbyn lors d'un événement du Labour à  Stretford, au Royaume-Uni, le 22 mars 2018 (Crédit :  Christopher Furlong/Getty Images)
Jeremy Corbyn lors d'un événement du Labour à Stretford, au Royaume-Uni, le 22 mars 2018 (Crédit : Christopher Furlong/Getty Images)

Dans des commentaires peu habituels dans le cadre de son dernier entretien avant de quitter son poste, l’un des plus hauts responsables de la communauté juive a fustigé Jeremy Corbyn, affirmant que le dirigeant travailliste a des points de vue antisémites et qu’il conduit les juifs britanniques à se poser des questions sur leur avenir dans le pays.

Dans un entretien avec le Telegraph publié jeudi, Jonathan Arkush, le président sortant du Board of Deputies, la plus importante organisation juive de Grande-Bretagne, a rejeté les affirmations selon lesquelles les positions du chef de l’opposition sur Israël n’étaient pas liées à un sentiment anti-juif.

Arkush, qui a rencontré Corbyn en avril pour discuter des préoccupations sur l’antisémitisme au sein du parti Travailliste, a déclaré que pour la première fois les Juifs britanniques se demandaient, « Ai-je un avenir ici ? »

« Délégitimer l’Etat d’Israël est antisémite, a déclaré Arkush. Il était le président d’Arrêter la guerre, qui est responsable des certains des pires discours anti-Israël ».

Arrêter la Guerre est une coalition britannique fondée dans le but de protester contre ce qu’elle croit être des conflits injustes. L’organisation tient des manifestations fréquentes contre les actions israélienne en Cisjordanie et à Gaza et a été critiquée par des groupes juifs au Royaume-Uni pour avoir brandi des bannières flanquées de croix gammées et pour avoir chanté des slogans antisémites à des manifestations organisées avec le Campagne de Solidarité Palestinienne.

« S’il partage ce discours sur Israël, alors ce point de vue est sans conteste antisémite », a déclaré Arkush.

Le chef du Conseil des députés Jonathan Arkush comparaît devant une enquête parlementaire sur l’antisémitisme à Londres le 14 juin 2016 (Crédit : Capture d’écran: parliamentlive.tv)

Les commentaires sont intervenus à la fin du mande d’Arkush, qui a vu des tensions sans précédent entre la communauté juive britannique et le parti Travailliste.

Des accusations d’antisémitisme au sein du parti Travailliste ont augmenté avec Corbyn, un socialiste pro-Palestine, qui a été élu à la tête du principal parti d’opposition britannique en 2015.

Certains dans le parti disent que Corbyn, un critique de longue date des politiques israéliennes envers les Palestiniens, a permis que des propos antisémites ne soient pas sanctionnés.

Arkush a dit que Corbyn devrait dire aux Juifs qu’il « n’acceptera pas un discours qui refuse au peuple juif le droit d’exister sur sa propre terre … je pense que nous avons tous besoin de précisions sur son opinion réelle sur Israël.

En réponse, un porte-parole de Corbyn a dit que les commentaires d’Arkush étaient « des attaques personnelles sans aucune preuve pour les soutenir… Jeremy a été absolument clair sur le fait qu’il combat l’antisémitisme et est engagé à le faire disparaître de notre parti ».

Jonathan Arkush et Jeremy Corbyn (Crédit : autorisation)

Le porte-parole a également dit que le parti Travailliste cherchait à améliorer les relations avec la communauté juive, mais a maintenu que les déclarations de Corbyn sur Israël ne correspondent pas à de l’antisémitisme.

« La tentative de Jonathan Arkush d’associer une critique forte des politiques de l’état israélien avec de l’antisémitisme est une erreur et nuit au combat à la fois contre l’antisémitisme pour la justice pour les Palestiniens, a ajouté le porte-parole. Cela devrait immédiatement être rejeté ».

Une polémique s’est récemment développée autour d’une publication Facebook vieille de six ans où Corbyn soutenait un artiste qui peignait des dessins muraux de rue en incluant des stéréotypes antisémites.

Corbyn a dit avoir regretté ne pas avoir regardé plus attentivement les dessins « profondément dérangeants et antisémites » avant d’offrir son soutien à l’artiste.

En réponse, environ 1 500 manifestants se sont rassemblés devant le Parlement britannique en mars dans une manifestation sans précédent organisée par les dirigeants juifs britanniques qui d’habitude ne font pas de manifestations publiques.

Des membres de la communauté juive organisent une manifestation contre Jeremy Corbyn, chef du parti travailliste de l’opposition britannique, et contre l’antisémitisme au sein du parti travailliste, devant les chambres du Parlement britannique dans le centre de Londres, le 26 mars 2018. (AFP/Tolga Akmen)

Dans ce qui a semblé être une tentative destinée à combler le fossé, Corbyn a rencontré des dirigeants juifs le mois dernier pour discuter de l’antisémitisme dans son parti ; pourtant, selon un compte rendu de la rencontre qui a fuité dans le Mail dimanche, tôt cette semaine, Corbyn a donné l’impression de « s’ennuyer, de ne pas s’intéresser et d’être condescendant ».

Il lui manquait apparemment la « capacité émotionnelle et intellectuelle » pour comprendre les demandes du Board of Deputies des juifs britanniques, quand il les avait rencontrés le 24 avril, a annoncé l’article.

Selon l’article, Corbyn a seulement été pris d’une « convulsion » quand quelqu’un dans la pièce lui a dit qu’il était un « sioniste » soutenant une solution à deux états pour le conflit israélo-palestinien.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...