L’AP interdit à son tour des produits israéliens
Rechercher

L’AP interdit à son tour des produits israéliens

Ramallah décide d'interdire les produits israéliens sur les marchés palestiniens en réponse à la décision du ministre de la Défense d'interdire les produits palestiniens en Israël

Un vendeur palestinien propose des produits alimentaires, notamment des légumes et des olives marinés, en préparation du Ramadan, sur un marché de la ville de Hébron, en Cisjordanie, le 28 juin 2014. (AP/Majdi Mohammed)
Un vendeur palestinien propose des produits alimentaires, notamment des légumes et des olives marinés, en préparation du Ramadan, sur un marché de la ville de Hébron, en Cisjordanie, le 28 juin 2014. (AP/Majdi Mohammed)

Les responsables palestiniens ont déclaré avoir commencé à interdire la vente de certains produits israéliens jeudi, ce qui constitue le dernier geste coup pour coup dans le cadre d’une bataille continue sur les importations agricoles.

Le ministère de l’Economie nationale de l’Autorité palestinienne (AP) a indiqué qu’il avait commencé à appliquer une décision gouvernementale visant à interdire les importations de fruits, de légumes, de jus et d’eau en bouteille israéliens sur les marchés palestiniens.

Cette décision a été prise en réponse à la décision du ministre de la Défense Naftali Bennett d’ordonner aux autorités israéliennes d’interdire les produits palestiniens en Israël.

Le ministère de l’économie de l’AP a déclaré dans un communiqué que les autorités de plusieurs ministères et services de sécurité travailleraient « 24 heures sur 24 » pour faire respecter l’interdiction d’importation.

Le bureau de Bennett a déclaré la semaine dernière avoir chargé le coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires (COGAT), l’organe du ministère de la Défense chargé de la liaison avec les Palestiniens, d’interdire les produits agricoles palestiniens en réponse au boycott par l’AP du bétail élevé en Israël.

« La décision du ministre a été prise après des mois de tentatives répétées de la part de responsables de la sécurité de négocier une solution à la crise du bétail, qui a causé de graves dommages au secteur de l’élevage en Israël et l’effondrement de centaines de fermes », a déclaré le bureau de M. Bennett dans un communiqué vendredi.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, (au centre), préside une session de la réunion hebdomadaire du cabinet, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 29 avril 2019. (AP Photo/Majdi Mohammed, Pool)

Le Premier ministre de l’AP, Mohammed Shtayyeh, a déclaré en septembre 2019 que les Palestiniens empêcheraient l’importation de bétail israélien destiné à l’abattage dans les zones sous leur contrôle.

Mais en décembre 2019, l’AP a mis fin à son embargo sur le bétail israélien après qu’Israël a accepté d’autoriser les Palestiniens à importer directement du bétail de l’étranger, à mettre en place une station spéciale de quarantaine du bétail et à exporter des œufs vers les marchés israéliens, a déclaré Tariq Abu Laban, le directeur du marketing du ministère de l’Agriculture de l’AP, lors d’un appel téléphonique.

Un mois plus tard, cependant, l’Autorité palestinienne a fait marche arrière et a de nouveau interdit les importations de bétail.

« Israël n’a pas respecté l’accord », a déclaré Abou Laban. « Nous avons donc cessé d’autoriser l’entrée de son bétail sur nos marchés en janvier. »

Le ministère israélien de l’Agriculture a refusé de commenter les déclarations d’Abou Laban et a transmis les questions au COGAT, qui n’a pas répondu immédiatement à la demande de renseignements.

Un autre responsable de l’AP, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, a déclaré que si Bennett revenait sur sa décision d’interdire les produits agricoles palestiniens, Ramallah lèverait également son embargo sur les fruits, les légumes, les jus et l’eau en bouteille israéliens.

Les Palestiniens importent environ 700 à 800 millions de shekels (175 à 200 millions d’euros) de fruits et légumes d’Israël chaque année, selon l’ancien ministre de l’Agriculture de l’AP, Walid Assaf.

Parallèlement, les agriculteurs palestiniens envoient chaque année quelque 686 millions de shekels (171,5 millions d’euros) de produits en Israël, a déclaré Abbas Melhem, le directeur de l’Union des agriculteurs palestiniens, lors d’un appel téléphonique.

Il a déclaré que les principaux produits que les Palestiniens exportent vers Israël sont les tomates, les pommes de terre, les haricots, les concombres, les poivrons, les oignons et les courgettes.

Dans un conflit similaire, fin 2018, les autorités israéliennes et palestiniennes avaient temporairement interdit certains produits de l’autre partie sur leurs propres marchés.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...