L’AP ne contrôle que 5 % de Gaza malgré l’accord d’unité
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L’AP ne contrôle que 5 % de Gaza malgré l’accord d’unité

Hussein al-Sheikh accuse le Hamas de traîner des pieds ; Le chef de la police palestinienne Hazem Atallah avait déclaré le 8 novembre que le mouvement terroriste devait désarmer

Des responsables du Hamas et du Fatah assistent à une cérémonie au cours de laquelle le groupe terroriste de Gaza a rendu le contrôle de tous les postes frontières à l'Autorité palestinienne, le 1er novembre 2017 (Crédit : Wafa)
Des responsables du Hamas et du Fatah assistent à une cérémonie au cours de laquelle le groupe terroriste de Gaza a rendu le contrôle de tous les postes frontières à l'Autorité palestinienne, le 1er novembre 2017 (Crédit : Wafa)

Le ministre des Affaires civiles de l’Autorité palestinienne (AP), Hussein al-Sheikh, a affirmé dimanche que l’AP ne contrôlait que 5 % de la bande de Gaza, malgré un accord de réconciliation palestinien appelant le gouvernement de Cisjordanie à prendre le contrôle de l’enclave avant le 1er décembre.

« Le gouvernement palestinien n’a été mis en place qu’à hauteur de 5 % pas plus, sur le plan financier, administratif et sécuritaire », a déclaré al-Sheikh au journal officiel de l’AP.

Al-Sheikh accuse le Hamas de traîner des pieds en ce qui concerne la mise en œuvre de l’accord, affirmant que le groupe terroriste n’a pas permis aux ministres palestiniens de prendre le contrôle de leurs bureaux à Gaza et il en est de même pour des milliers d’employés du gouvernement palestinien.

Il a également déclaré que l’AP n’avait pas été en mesure de mettre en place un système efficace de collecte des impôts, ajoutant que Ramallah « ramassait des miettes » au passage de Kerem Shalom avec Israël.

Le chef de la police palestinienne Hazem Atallah a déclaré le 8 novembre que le mouvement terroriste du Hamas devait désarmer pour assurer la viabilité de l’accord de réconciliation signé le mois dernier avec ses rivaux du Fatah.

Le général Hazem Atallah (C), chef de la police palestinienne en Cisjordanie, s’entretient avec des journalistes à l’issue d’une conférence de presse à Ramallah le 8 novembre 2017. (Crédit : Abbas Momani / AFP)

En vertu de cet accord signé sous médiation égyptienne le 12 octobre, l’Autorité palestinienne, dominée par le Fatah, doit reprendre le contrôle de la bande de Gaza, dirigée depuis 2007 par le Hamas, d’ici le 1er décembre.

Dans ce cadre, le Hamas a remis le 1er novembre à l’Autorité palestinienne les points de passage de la bande de Gaza vers l’Egypte et Israël. Mais le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah a déclaré le 7 novembre que l’Autorité palestinienne n’avait toujours pas le contrôle total de ces passages.

Des déclarations rejetées en bloc par le Hamas qui a assuré que le transfert du contrôle des passages était achevé.

« Nous parlons ici d’une seule autorité, une seule loi, une seule arme », avait déclaré le chef de la police palestinienne à des journalistes à Ramallah, en Cisjordanie.

Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Rami Hamdallah (Crédit : Université d’An-Najah)

Interrogé sur la question de savoir s’il pouvait permettre à la branche armée du Hamas de conserver ses armes alors qu’il était responsable de la police à Gaza, Hazem Atallah avait répondu : « C’est impossible ».

« Comment puis-je assurer la sécurité quand il y a toutes ces roquettes et ces armes ? », avait-il dit.

« Comment puis-je être responsable (de la bande de Gaza) (…) si je ne contrôle pas tout ? », avait-il poursuivi.

Il a indiqué que les 8 000 à 9 000 policiers palestiniens qui travaillaient à Gaza avant la prise de pouvoir du Hamas en 2007 reviendraient à leurs postes, rejetant l’idée de fusionner leurs troupes avec la police actuelle dirigée par le Hamas.

Cela, a-t-il ajouté, nécessitera un soutien financier important car le budget de la police doublera.

Le Hamas s’est emparé de la bande de Gaza en 2007 après une quasi guerre civile avec le Fatah.

L’accord signé au Caire ne précise pas l’avenir de l’importante branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, et le Hamas n’a montré jusqu’à présent aucune disposition à désarmer.

La coopération sécuritaire entre Israéliens et Palestiniens a pleinement repris

Ces trois dernières années, les forces palestiniennes ont remis aux Israéliens 561 ressortissants israéliens qui s’étaient retrouvés en zone sous contrôle palestinien, selon M. Atallah.

« Tout le monde se coordonne à présent. Cela signifie que les choses sont revenues à ce qu’elles étaient avant le 14 juillet », c’est-à-dire avant un accès de violences autour du mont du Temple à Jérusalem, avait déclaré Atallah.

La police palestinienne en Cisjordanie. Illustration. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

En fait, la coopération n’a jamais complètement cessé pour la police palestinienne, dont 95 % des activités menées à ce titre ont continué, avait-il dit. La coopération a entièrement repris à la mi-octobre, selon lui.

« La seule chose qui ait cessé, ce sont les rencontres que nous avons avec (les Israéliens) sur le terrain », avait poursuivi M. Atallah.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avait annoncé en juillet le gel de tous les contacts avec Israël tant qu’Israël ne démonterait pas des portiques de sécurité installés aux entrées du mont du Temple.

La mise en place des détecteurs de métaux, consécutive au meurtre de deux policiers israéliens par des Arabes israéliens le 14 juillet, avait provoqué deux semaines de heurts entre Palestiniens et forces israéliennes, avant que le gouvernement israélien ne recule en retirant toutes les mesures de sécurité sur le site.

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