L’AP refuse l’aide émiratie via Israël, ne veut pas servir à la « normalisation »
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L’AP refuse l’aide émiratie via Israël, ne veut pas servir à la « normalisation »

Après qu'Etihad Airways est entrée dans l'histoire en reliant Abu Dhabi à Tel Aviv, des sources à Ramallah ont indiqué que l'aide médicale n'avait pas été coordonnée avec l'AP

Un avion d'Etihad Airways rempli d'aide humanitaire pour les Palestiniens dans un contexte de pandémie de coronavirus est chargé à Abu Dhabi, aux Emirats arabes unis, le 19 mai 2020 (Crédit : WAM via AP)
Un avion d'Etihad Airways rempli d'aide humanitaire pour les Palestiniens dans un contexte de pandémie de coronavirus est chargé à Abu Dhabi, aux Emirats arabes unis, le 19 mai 2020 (Crédit : WAM via AP)

Le gouvernement de l’Autorité palestinienne a refusé d’accepter de l’aide médicale venue des Emirats arabes unies après que le matériel est arrivé par le premier vol commercial direct entre Israël et les Emirats, selon des sources de l’AP qui se sont exprimées auprès de médias arabophones.

Le transporteur aérien émirati, Etihad Airways, est entré dans l’histoire pour avoir été à l’origine du tout premier vol commercial direct connu entre les Emirats et Israël.

L’avion, chargé de 16 tonnes d’aides destinées aux Palestiniens dans le contexte de la pandémie de coronavirus, a relié Abu Dhabi à Tel Aviv mardi.

Les médias palestiniens, ainsi que Russia Today Arabic, ont cité une source proche du gouvernement jeudi qui affirmait que l’aide avait été refusée, expliquant que Ramallah refusait d’être « un instrument de la normalisation » entre Israël et les Emirats. Ces deux pays n’entretiennent aucune relation diplomatique officielle.

La source aurait déclaré que le transfert de l’aide médicale n’avait été coordonné qu’avec Israël et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et non avec l’Autorité palestinienne qui gouverne les Palestiniens en Cisjordanie.

Cela indique, selon la source, que les Emirats avaient l’intention de se servir de cette aide pour améliorer ses liens avec Jérusalem, sous le « prétexte » de l’aide aux Palestiniens.

Le président de l’Autorité palestinienne en plein discours à Ramallah le 28 janvier 2020, à la suite de l’annonce du plan de paix de Donald Trump. (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)

Elle a ajouté que toute aide pour les Palestiniens doit être coordonnée avec les autorités palestiniennes.

L’avion-cargo d’Etihad, peint en blanc et n’arborant aucune inscription, a atterri à l’aéroport Ben Gurion peu après 21 heures après avoir apparemment fait un détour par l’Irak, la Jordanie ou la Turquie.

Etihad, transporteur aérien longue distance et appartenant à l’Etat, avait précédemment confirmé le vol vers l’aéroport Ben Gurion à Tel Aviv.

Ce vol est l’un des rares moments de coopération publique entre les EAU, où se trouvent Abu Dhabi et Dubaï, dans la péninsule arabique, et Israël. Les pays n’entretiennent pas de relations officielles avec Israël mais coopèrent de plus en plus ouvertement après des années de rumeurs portant sur des discussions clandestines entraînées par leur animosité partagée face à l’Iran.

Un avion d’Etihad Airways transportant de l’aide médicale pour les Palestiniens après son atterrissage à l’aéroport Ben Gourion le 19 mai 2020. Il s’agissait du premier vol commercial connu entre les Émirats arabes unis et Israël. (Capture d’écran : Twitter)

Un responsable israélien a précisé que le vol servirait à livrer de l’aide humanitaire aux Palestiniens, mise à disposition par les Emirats arabes unis par le biais du Programme alimentaire mondial, ajoutant que le voyage de l’avion-cargo avait été coordonné avec le gouvernement israélien. Le responsable s’est exprimé sous couvert d’anonymat en raison du caractère sensible du sujet.

Selon l’agence de presse officielle émiratie WAM, l’appareil a livré 16 tonnes de combinaisons de protection, de produits médicaux et de respirateurs pour « entraver la propagation de la pandémie de coronavirus et son impact dans les territoires occupés palestiniens ». Elle n’a reconnu ni le vol, ni le caractère significatif de ce dernier.

Le chef suprême iranien, l’Ayatollah Ali Khamenei, a accusé mardi les Emirats arabes unis de « traîtrise » et de « trahison ».

« Aujourd’hui, des Etats du Golfe persique ont commis la pire traîtrise contre leur propre histoire et contre l’histoire du monde arabe », a écrit Khamenei sur Twitter.

« Ils ont trahi la #Palestine en soutenant Israël. Les nations de ces Etats toléreront-elles la trahison de leurs dirigeants ? », a-t-il ajouté.

Une grande partie de la coordination établie entre l’Etat juif et les Etats du Golfe repose sur les inquiétudes partagées face à l’Iran, qui a menacé de manière répétée de détruire l’Etat juif et qui cherche à imposer son hégémonie dans toute la région.

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