Lapid appelle les États-Unis à exclure la Turquie de son programme de F-35
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Lapid appelle les États-Unis à exclure la Turquie de son programme de F-35

Le député de Kakhol lavan avertit qu'Ankara et Téhéran pourront "apprendre à neutraliser les armes américaines les plus avancées" si les chasseurs F-35 étaient livrés

Le co-président de Kakhol lavan, Yair Lapid, à la session d'ouverture de la nouvelle Knesset, le 30 avril 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
Le co-président de Kakhol lavan, Yair Lapid, à la session d'ouverture de la nouvelle Knesset, le 30 avril 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le n°2 de Kakhol lavan, Yair Lapid, a appelé samedi les États-Unis à mettre sa menace à exécution concernant l’expulsion de la Turquie de son programme d’avions de combat F-35 pour avoir accepté la livraison de systèmes de défense aérienne russes en dépit des mises en garde américaines.

« Les États-Unis doivent annuler le contrat de F-35 conclu avec la Turquie, sinon rien n’empêchera la Turquie et l’Iran d’apprendre à neutraliser les armes américaines les plus avancées », a-t-il déclaré sur Twitter.

Détracteur affiché du président Recep Tayyip Erdogan, Yair Lapid a indiqué qu’il avait averti les parlementaires américains au sujet de l’achat de systèmes S-400 par Ankara.

Autrefois proches alliés dans le domaine de la sécurité, les relations entre Israël et la Turquie se sont crispées depuis l’arrivée au pouvoir d’Erdogan. Yair Lapid a reproché au Premier ministre Benjamin Netanyahu de ne pas avoir pris de position ferme face au dirigeant turc, connu pour ses diatribes à l’encontre d’Israël.

Tout effet du déploiement des S-400 turcs sur les capacités opérationnelles des F-35 aura des conséquences pour Jérusalem, qui dispose de sa propre flotte de chasseurs F-35.

Un avion de combat israélien F-35 en démonstration lors d’un spectacle aérien à Tel Aviv le 9 mai 2019, alors qu’Israël célèbre le 71e anniversaire de son indépendance. (Jack Guez/AFP)

Ankara a reçu de nouveaux éléments des S-400 samedi, malgré les menaces de sanction de la part de Washington envers ce pays membre de l’OTAN.

Le ministre de la Défense turc a fait état de l’atterrissage d’un quatrième avion cargo russe dans la basé aérienne de Murted, près de la capitale, Ankara. Vendredi, le ministère a annoncé le début de la livraison tant attendue de composants de S-400.

En dépit des menaces répétées de la Maison-Blanche, la Turquie a refusé de céder aux pressions, estimant qu’il s’agissait d’une question de souveraineté nationale.

L’administration américaine est restée silencieuse vendredi quant à sa réaction à cette livraison, le Pentagone remettant sa conférence de presse à plus tard.

Le secrétaire à la Défense par intérim, Mark Esper, et le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, se sont néanmoins entretenus par téléphone. Le Pentagone a refusé de commenter l’échange. Le ministère turc a, lui, publié un communiqué vendredi, indiquant que Hulusi Akar avait souligné que l’achat de systèmes de S-400 « n’était pas une option mais plutôt une nécessité » en raison des préoccupations sécuritaires du pays.

Le communiqué a précisé qu’il n’y avait pas de changement dans « l’orientation stratégique » de la Turquie, ajoutant qu’une détérioration des relations ne bénéficierait ni à la Turquie ni aux États-Unis ni à l’OTAN.

Le ministre a également rappelé l’engagement de son pays envers le programme de F-35 et réitéré sa proposition de groupe de travail commun visant à étudier la réaction des systèmes S-400 face aux avions de chasse.

Les membres du Congrès américain ont exprimé leur opposition à cet achat à plusieurs reprises et menacé Ankara de sanctions.

« Le président Erdogan avait un choix clair à faire. Malheureusement, il a de toute évidence fait le mauvais », ont déclaré Eliot Engel et Michael McFaul, les démocrate et républicain responsables de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants.

Les États-Unis redoutent que les S-400 soient utilisés pour récolter des données sur les capacités des F-35 si la Turquie venait à disposer des deux.

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