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Lapid et Herzog présentent leurs condoléances après l’attentat à Istanbul

L'attentat est survenu en pleine après-midi dans la rue piétonne ultra-populaire d'Istiklal le dimanche, qu'arpentent les Stambouliotes et les touristes

Des forces de sécurité et des ambulances après une explosion sur la populaire avenue piétonne Istiklal à Istanbul, le 13 novembre 2022. (Crédit : AP Photo/Francisco Seco)
Des forces de sécurité et des ambulances après une explosion sur la populaire avenue piétonne Istiklal à Istanbul, le 13 novembre 2022. (Crédit : AP Photo/Francisco Seco)

Les dirigeants israéliens ont exprimé leurs condoléances à la Turquie après l’explosion d’une bombe qui a fait au moins six morts dimanche à Istanbul. Parmi les victimes, toutes des citoyens turcs, figurent une fille de 9 ans tuée avec son père et une adolescente de 15 ans, morte avec sa mère.

« Au nom du peuple d’Israël, j’adresse mes sincères condoléances au président Recep Tayyip Erdogan et au peuple turc suite à l’odieux attentat terroriste d’aujourd’hui à Istanbul », a déclaré le Premier ministre Yair Lapid dans un communiqué. « Nos nations sont solidaires dans la lutte contre le terrorisme ».

Le président Isaac Herzog s’est dit « secoué » par l’attentat.

« Au nom du peuple israélien, j’adresse nos plus sincères condoléances à nos amis turcs et aux familles des victimes. Le monde entier doit rester uni et ferme contre le terrorisme », a-t-il déclaré.

Les touristes israéliens à Istanbul ont par ailleurs été invités dimanche à rester dans leurs chambres d’hôtel et à ne pas visiter la ville turque, suite à l’attentat menée dans une rue piétonne très fréquentée.

Les Israéliens ont également été sommés de ne pas se rendre en Turquie pour des raisons non essentielles.

Rien n’indique que l’attaque terroriste visait des Israéliens.

Ce n’est pas la première fois que les Israéliens qui se rendent en Turquie sont invités à se confiner dans leurs hôtels par crainte d’une attaque. Cela a notamment été le cas en juin dernier, lorsque les autorités turques ont arrêté de nombreux suspects, vraisemblablement liés à un complot iranien.

Istanbul, qui se trouve à deux heures de vol de Tel Aviv, est une destination touristique très prisée des Israéliens. Le ministère des Affaires étrangères a déclaré qu’à sa connaissance, aucun Israélien n’avait été blessé dans l’explosion de dimanche, bien que de nombreux Israéliens furent à proximité lorsque l’explosion a retenti.

L’explosion a eu lieu alors que la communauté juive d’Istanbul organisait une journée de la culture juive, au cours de laquelle elle accueillait un large public dans la synagogue Neve Shalom. L’événement a été interrompu lorsque la nouvelle de l’explosion, qui a eu lieu à quelques rues de là, s’est répandue.

Neve Shalom était l’une des deux synagogues bombardées lors de la vague d’attentats de 2003, il y a 19 ans, qui avait fait 55 morts en deux jours. L’événement qui a été écourté devait être suivi d’une commémoration de ces attaques, qui ont tué six Juifs dans ces attentats à la bombe contre des synagogues.

L’attentat est survenu en pleine après-midi dans la rue piétonne ultra-populaire d’Istiklal le dimanche, qu’arpentent les Stambouliotes et les touristes, bordée de magasins et de restaurants qui mène à l’emblématique place Taksim.

Des témoins israéliens ont décrit les scènes chaotiques qui ont suivi l’explosion. « J’ai mal au dos à cause du choc que j’ai ressenti. J’ai senti un véritable boom et tout n’était que fumée. Les gens couraient dans tous les sens », a déclaré Avi Ben Yishai à la Douzième chaîne.

Une Israélienne qui était avec ses filles et qui a assisté à l’explosion a déclaré qu’elle s’est produite à l’extérieur d’un restaurant très prisé des touristes israéliens. « C’était une terrible explosion. Il est impossible de décrire ce qui se passe là-bas », avait déclaré à la chaîne la femme, qui n’a été identifiée que par son prénom Osnat.

Selon les images publiées sur les réseaux sociaux au moment de l’explosion, celle-ci a été suivie de flammes et a immédiatement déclenché la panique, les gens courant dans toutes les directions.

Un grand cratère noir était également visible sur ces images, ainsi que plusieurs corps gisant sur le sol à proximité.

Une jeune femme interpellée et accusée d’avoir posé la bombe est de nationalité syrienne et a reconnu les faits, a annoncé lundi la police turque citée par des médias locaux.

Selon la police, elle a reconnu avoir agi « sur ordre du Parti des travailleurs du Kurdistan » (PKK) et a reçu des directives en ce sens à Kobané, dans le Nord-Est de la Syrie.

La jeune femme a été interpellée avec plusieurs autres suspects dans un appartement à Kucukcekmece, dans la banlieue d’Istanbul.

Selon le ministre turc de l’Intérieur Süleyman Soylu, la suspecte s’apprêtait à « fuir en Grèce ».

M. Soylu, qui s’est de nouveau rendu sur les lieux du carnage lundi, a annoncé que 46 personnes ont été arrêtées désormais. « Les opérations continuent » pour arrêter d’autres suspects, a indiqué M. Soylu. « Ils ont voulu nous adresser un message, nous l’avons reçu et nous allons y répondre de la façon la plus ferme qui soit », a-t-il martelé.

« Nous n’acceptons pas, nous rejetons, les condoléances de l’ambassade des Etats-Unis. Notre alliance avec un Etat qui entretient Kobané et des poches de terreur (…) doit être débattue », a encore déclaré M. Soylu, qui accuse les combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et certains de leurs alliés, soutenus par les Américains, d’avoir perpétré l’attentat d’Istanbul. « Le responsable est celui qui fournit des renseignements internes au PKK. Il n’est pas nécessaire de discuter les pions », a ajouté le ministre.

Le PKK, considéré comme une organisation terroriste par Ankara mais aussi par ses alliés occidentaux dont les Etats-Unis et l’Union européenne, est en lutte armée contre le gouvernement turc depuis le milieu des années 1980. Il a souvent été rendu responsable par le passé d’attentats sanglants sur le sol turc.

En décembre 2016, un double attentat près du stade de foot de Besiktas, à Istanbul (47 morts dont 39 policiers et 160 blessés) avait été revendiqué par les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), groupe radical kurde proche du PKK.

Le PKK est par ailleurs au coeur d’un bras de fer entre la Suède et la Turquie qui bloque depuis mai l’entrée de Stockholm, accusé de mansuétude envers le PKK, dans l’Otan.

Ankara a réclamé l’extradition de plusieurs de ses membres dans un memorandum d’accord signé en juin avec la Suède et la Finlande, autre pays nordique désireux de rejoindre l’Alliance atlantique.

Après la visite à Ankara du Premier ministre suédois Ulf Kristersson, la semaine dernière, le Parlement suédois s’apprête à voter pour changer la Constitution afin de durcir sa législation anti-terroriste. Le PKK est également régulièrement visé par des opérations militaires turques contre ses bases dans le Nord de l’Irak et la Syrie.

Le mois dernier, de nombreuses accusations relayées par l’opposition et des observateurs turcs, démenties par les autorités, ont évoqué l’emploi d’armes chimiques par l’armée turque contre des combattants du PKK qui ont publié une liste de 17 noms, accompagnés de photos de personnes présentées comme des « martyrs » tués par des gaz toxiques.

A LIRE – Turquie : une médecin écrouée pour avoir réclamé une enquête sur les armes chimiques

Le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) a démenti lundi toute implication dans l’attentat.

« Il est bien connu que nous n’avons aucun lien avec cet événement, que nous ne visons pas les civils et rejetons les opérations qui le font » a-t-il affirmé dans un communiqué publié par l’agence de presse Firat, proche du PKK.

« Nous sommes un mouvement qui mène une lutte de libération juste et légitime. (…) Il n’est donc pas question de viser les civils de quelque manière que ce soit en Turquie », a ajouté le communiqué signé par le Centre de défense du peuple, organisme du PKK.

Le mouvement armé kurde a par ailleurs accusé le gouvernement turc d’avoir « des plans obscurs » et de « montrer Kobané comme cible ».

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