Lapid et Liberman discutent d’un potentiel gouvernement pour remplacer Netanyahu
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Lapid et Liberman discutent d’un potentiel gouvernement pour remplacer Netanyahu

Les chefs de parti maintiennent le dialogue ; une députée Tikva Hadasha affirment que le Likud lui a proposé "la moitié d’un royaume"

Le chef de Yisrael Beytenu, Avidgor Liberman (à gauche), s'entretient avec Yair Lapid, alors numéro 2 de Kakhol Lavan, à la cafétéria de la Knesset le 3 octobre 2019. (Crédit : Raoul Wootliff / Times of Israel)
Le chef de Yisrael Beytenu, Avidgor Liberman (à gauche), s'entretient avec Yair Lapid, alors numéro 2 de Kakhol Lavan, à la cafétéria de la Knesset le 3 octobre 2019. (Crédit : Raoul Wootliff / Times of Israel)

Le président de Yesh Atid, Yair Lapid, et le chef de Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, se sont rencontrés vendredi pour la première fois depuis les élections pour discuter des possibilités de coopérer afin de former un gouvernement qui pourrait éventuellement remplacer le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Les deux hommes ont convenu de maintenir le dialogue et de se revoir bientôt, selon un porte-parole de Yesh Atid.

Liberman, dont le parti a remporté 7 sièges, a laissé entendre avant les élections qu’il prévoyait de recommander que Lapid, dont le parti a remporté 17 sièges, soit chargé de former le prochain gouvernement. Les dirigeants travaillistes – dont le parti a obtenu 7 sièges – et du Meretz – avec 6 sièges – ont également indiqué qu’ils soutiendraient le président de Yesh Atid, ce qui représente 37 recommandations.

Le président de Kakhol Lavan, Benny Gantz, dont le parti a remporté 8 sièges, a déclaré qu’il recommanderait celui qui a les meilleures chances de former un gouvernement, sans exclure Lapid.

Tikva Hadasha de Gideon Saar n’a remporté que 6 sièges après une campagne au cours de laquelle il a promis de devenir le prochain Premier ministre. Le député de droite s’est engagé pendant la campagne à ne pas siéger sous Lapid. Cependant, les deux se sont concertés depuis les élections et ont accepté de coopérer afin de se débarrasser de Netanyahu.

Gideon Saar et des membres du parti au siège de Tikva Hadasha à Tel Aviv, le soir des élections, le 23 mars 2021. (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)

Lapid pourrait recevoir six recommandations supplémentaires de la Liste arabe unie, dont le président Ayman Odeh n’a pas exclu de soutenir le chef de Yesh Atid.

Cependant, son numéro deux Ahmad Tibi a déclaré vendredi à la radio publique Kan que la Liste arabe unie aurait des exigences considérables de la part des partis du bloc anti-Netanyahu, qui ont besoin de son soutien pour les recommandations au président et pour le remplacement du président de la Knesset afin de retirer le contrôle du parlement au Likud de Netanyahu.

« Tout ne vient pas automatiquement – nous avons des demandes », a déclaré Tibi.

Ahmad Tibi, membre de la Liste arabe unie, s’exprime lors d’une conférence de presse présentant la campagne électorale en hébreu de la Liste arabe unie à Tel Aviv, le 23 février 2021. (Miriam Alster / Flash90)

Si Lapid reçoit le soutien de Kakhol Lavan, de Tikva Hadasha et de la Liste arabe unie, il aura 57 recommandations – cinq de plus que Netanyahu s’il reçoit le soutien du Shas (9 sièges), de Yahadout HaTorah (7 sièges) et du Parti sioniste religieux (6 sièges).

Le chef de Yamina Naftali Bennett lors de la soirée électorale, le 23 mars 2021. (Crédit : Avi Dishi / Flash90)

Le chef de Yamina, Naftali Bennett, dont le parti a remporté 7 sièges, et le président de Raam, Mansour Abbas, dont le parti a remporté 4 sièges, sont moins susceptibles de recommander Netanyahu ou Lapid, mais sont considérés comme les arbitres, les faiseurs de rois de la coalition, qui ont le choix de coopérer avec l’un ou l’autre bloc.

Le bloc pro-Netanyahu, s’il incluait Yamina, ne serait plus qu’à deux sièges d’obtenir la majorité ; de ce fait, le Likud aurait cherché à convaincre les députés de l’opposition de déserter leur faction actuelle afin de rejoindre une coalition de droite religieuse.

Les candidats les plus probables semblent être ceux de Tikva Hadahsa, le parti le plus aligné sur le Likud du point de vue idéologique, et composé principalement d’anciens membres du parti.

La députée Likud Sharren Haskel annonçant sa démission de la Knesset et du Likud, le 23 décembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Sharren Haskel de Tikva Hadasha a tweeté vendredi que des représentants du Likud lui avaient offert « la moitié d’un royaume » pour faire défection.

« Aucune chance. Je suis fidèle aux valeurs sur lesquelles Tikva Hadasha a été établi, et non au portefeuille que vous me proposez. Laissez tomber », a-t-elle écrit.

Jeudi, la députée numéro deux de Tikva Hadasha, Yifat Shasha-Biton, a déclaré que plusieurs associés de Netanyahu avaient également tenté de la convaincre de quitter son parti et de rejoindre le Likud.

« Ce n’est un secret pour personne que nous subissons une pression très intense pour rejoindre un gouvernement dirigé par le Likud, notamment moi personnellement », a déclaré Shasha-Biton à la Douzième chaîne. « J’ai reçu des communications officielles, tout comme d’autres membres de Tikva Hadasha, mais ça n’arrivera pas. »

La députée Yifat Shasha-Biton. (Miriam Alster / Flash90)

Yoaz Hendel, un autre député de Tikva Hadasha, a fait allusion à un effort similaire pour l’inciter à rejoindre le Likud.

« À tous ceux qui me contactent – une campagne SMS au milieu du grand nettoyage de Pessah ne fera aucune différence », a écrit Hendel sur Twitter, faisant référence à une tradition avant les fêtes à venir. « Maintenant, avec les vrais résultats des élections, il n’y a que la possibilité d’un changement de gouvernement. Lâchez vos téléphones et nettoyez. »

Saar est un critique sévère de Netanyahu qui a juré à plusieurs reprises de ne pas rejoindre une coalition dirigée par Netanyahu. Tikva Hadasha a obtenu un score décevant aux élections après des projections qui lui prévoyaient plus de 20 sièges dans certains sondages.

Saar a tweeté vendredi : « J’appelle Netanyahu à se retirer. Libérez Israël de votre emprise et permettez-nous d’avancer. »

Le président du Parti sioniste religieux, Bezalel Smotrich, a appelé jeudi Saar et Naftali Bennett du parti Yamina à rejoindre le bloc de Netanyahu et à « mettre de côté les questions personnelles et à entrer dans un gouvernement de droite ».

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