Lapid : Kakhol lavan s’unirait avec le Likud post-Netanyahu en cas de victoire
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Lapid : Kakhol lavan s’unirait avec le Likud post-Netanyahu en cas de victoire

Le co-leader de l'alliance centriste aux côtés de Benny Gantz a promis de ne pas coopérer politiquement avec les partis arabes. Le Parti travailliste a dénoncé ses propos

Yair Lapid du parti Kakhol lavan à Tel Aviv, le 21 février 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
Yair Lapid du parti Kakhol lavan à Tel Aviv, le 21 février 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Yair Lapid, le co-dirigeant du nouveau parti Kakhol lavan, a quelque peu éclairci le brouillard qui entoure les politiques de l’alliance en affirmant que si cette dernière devait l’emporter lors du prochain scrutin, elle entrerait en contact avec le Likud de Netanyahu pour former un gouvernement d’unité – en supposant que Netanyahu ne soit plus à sa tête.

Lors d’un événement organisé dimanche soir dans la ville de Karmiel, dans le nord du pays, le numéro deux de Benny Gantz a souligné que le parti ne s’associerait pas aux formations arabes pour construire un gouvernement ou pour bloquer Netanyahu lors de l’éventuelle formation de sa propre coalition.

Lapid a nié les accusations répétées de Netanyahu qui affirme que Kakhol lavan a l’intention de coopérer avec les partis arabes israéliens dans sa tentative de changer le leadership à la tête du pays.

« Nous n’avons pas parlé avec eux, nous ne leur avons rien demandé », a dit Lapid devant un public enthousiaste lors d’un discours diffusé lundi matin à la radio israélienne.

Lapid a noté que si son parti devait avoir la charge de former un nouveau gouvernement, il tendrait la main d’abord au Likud actuellement au pouvoir.

« Nous ne formerons pas un gouvernement avec les partis arabes, nous contacterons le Likud – le Likud post-Netanyahu, j’entends – pour former un gouvernement d’unité nationale en cette période de division et de clivages », a-t-il dit, soutenant que « Netanyahu ne restera pas s’il perd ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait une déclaration télévisée après une réunion de son parti au pouvoir, le Likud, à Ramat Gan, le 21 février 2019. (Menahem Kahana/AFP)

« Cela sera un gouvernement très large qui sera capable d’atteindre de nombreux objectifs », a-t-il poursuivi. « Bien sûr, le Likud sera l’un des… Si ce n’est le tout premier appel téléphonique que nous passerons pour former un gouvernement. Le Likud est, après tout, un parti sioniste important, il y a des gens bien et sa liste pour la prochaine Knesset n’est pas mauvaise. Nous serons sans aucun doute heureux d’entrer en contact avec eux ».

Le Parti travailliste a rapidement condamné les propos de Lapid. Le député Itzik Shmuli, numéro trois de la formation, a indiqué que « la vérité a été révélée. Le parti de Gantz parle d’une alternative mais il se satisfait de ce que nous connaissons actuellement ».

« Ils n’auront aucun problème à siéger avec Netanyahu – ils sont là pour le servir, pas pour le remplacer et pour changer les choses », a-t-il affirmé. « C’est une manipulation grossière du public désireux de voir du changement dans le pays, et qui doit aujourd’hui ouvrir les yeux et revenir au sein du Parti travailliste ».

Dans un communiqué, le Likud réitère les affirmations de Netanyahu selon lesquelles Kakhol lavan a l’intention de coopérer avec les partis arabes israéliens dans le cadre de sa tentative de changer le pouvoir.

« Lapid et [l’ex-chef de Tsahal Benny] Gantz formeront un gouvernement faible et de gauche avec le soutien d’un bloc de partis arabes, ils n’ont pas le choix. »

« Le premier appel de Lapid sera adressé à Tamar Zandberg, qui a déclaré aujourd’hui qu’elle était prête à renoncer au plateau du Golan », a déclaré le parti au pouvoir. « Seul un grand et fort Likud pourra faire obstacle à un gouvernement de gauche. »

Lapid, président du parti centriste Yesh Atid, a annoncé jeudi son alliance avec le mouvement Hossen LeYisrael de Benny Gantz, la veille de la date-limite de dépôt des listes des formations politiques en vue du scrutin d’avril. Lapid est le numéro 2 de la liste de Kakhol lavan derrière Gantz, dont les résultats sont plus élevés dans les sondages.

L’accord conclu spécifie que Yossen LeYisrael et Yesh Atid ne représenteront qu’une seule faction à la Knesset pendant tout le mandat à venir – laissant la porte ouverte à une scission future – et que toutes les décisions devront être prises conjointement, a fait savoir dimanche le site Ynet.

De gauche à droite : Les leaders de Kakhol Lavan, Moshe Yaalon, Benny Gantz , Yair Lapid et Gabi Ashkenazi posent pour une photo après l’annonce de leur nouvelle alliance électorale à Tel Aviv, le 21 février 2019 (Crédit : Jack Guez/AFP)

La direction conjoint inclura Gantz, Lapid et les anciens chefs d’état-major Moshe Yaalon — dont le parti Telem a été le premier à joindre ses forces avec Gantz – et Gabi Ashkenazi, qui a rejoint l’alliance au dernier moment après avoir négocié l’accord de fusion.

Samedi, Lapid était apparu sur la Douzième chaîne et avait refusé de répondre à la question d’une éventuelle ouverture de Kakhol lavan à la possibilité de rejoindre un gouvernement du Likud – disant tout simplement qu’il n’intégrerait pas une coalition dirigée par Netanyahu si ce dernier était inculpé pour corruption, ajoutant qu’il n’avait pas encore travaillé le sujet en détails avec Gantz. Ce qui semble indiquer que les propos prononcés dimanche par Lapid ont été approuvés par Gantz et le reste du parti.

Durant l’événement qui a eu lieu à Karmiel, Lapid a également promis de changer la loi sur l’Etat-nation qui avait été adoptée par le gouvernement actuel, et qui ancre Israël comme foyer du peuple juif mais qui a été largement critiquée, accusée de marginaliser les minorités religieuses et de ne pas inclure de principe d’égalité.

L’ancien secrétaire de cabinet Zvi Hauser. (Yanai Yechiel)

« Nous corrigerons la loi sur l’Etat-nation en y ajoutant la clause d’égalité civile », a dit Lapid, indiquant que cela sera également le positionnement adopté par son parti – en dépit du fait que Zvi Hauser, l’un des auteurs du texte, est membre de Kakhol lavan et numéro 14 sur sa liste électorale.

Hauser, ancien chef de cabinet de Netanyahu, avait, dans le passé, rejeté les critiques de l’échec de la mention de l’égalité dans la législation sur l’Etat-nation, affirmant au site Israel National News au mois d’octobre que l’égalité n’avait pas besoin d’être mentionnée dans la mesure où elle était déjà inscrite dans d’autres lois et qu’elle est une valeur fondamentale du système de la justice israélienne.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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