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Lapid : « Les routes ne resteront pas fermées » ; renfort de troupes près de Gaza

Un officier déclare que les fermetures de routes près de Gaza seront maintenues "aussi longtemps que nécessaire" suite aux menaces d'attaque de représailles du Jihad islamique

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

La police bloque les routes près de la frontière avec la bande de Gaza, le 4 août 2022. (Crédit : Flash90)
La police bloque les routes près de la frontière avec la bande de Gaza, le 4 août 2022. (Crédit : Flash90)

Alors que de nombreuses routes sont fermées, l’armée israélienne a annoncé jeudi qu’elle renforçait ses effectifs près de la bande de Gaza en raison des risques d’une attaque de représailles imminente du groupe terroriste du Jihad islamique palestinien.

La division de Gaza sera renforcée par de l’artillerie, du génie, de l’infanterie, des blindés et des forces spéciales, selon Tsahal. Aucune décision n’a été prise pour suspendre la permission de week-end de toutes les troupes, mais certaines unités ont reçu l’ordre de rester dans la région.

Les fermetures de routes le long de la frontière avec la bande de Gaza devaient rester en place pendant le week-end, par crainte d’une attaque de missiles guidés antichars ou de tireurs d’élite par le Jihad islamique, après l’arrestation par Tsahal lundi soir de son chef en Cisjordanie.

Au cours des derniers jours, Tsahal a utilisé des drones armés pour survoler la bande de Gaza afin de déjouer les tentatives des escadrons du Jihad islamique de lancer de telles attaques à la frontière.

La Douzième chaîne d’information israélienne, citant une source palestinienne anonyme, a indiqué que le groupe terroriste Hamas, qui dirige la bande de Gaza, avait arrêté quelques membres du Djihad islamique, afin d’empêcher une attaque.

Entre-temps, de nombreux habitants de la région sont en colère contre les fermetures de routes, même s’ils comprennent leur nécessité. Certains d’entre eux n’ont pas pu quitter leur ville depuis mardi matin.

Le Premier ministre Yair Lapid s’est entretenu par téléphone avec les dirigeants des communautés proches de la frontière de Gaza et leur a dit qu’il ne tolérerait pas que la situation actuelle se prolonge encore longtemps, selon son bureau.

Mais le chef de la division militaire de Gaza a déclaré aux résidents que les fermetures de routes dureraient « aussi longtemps que nécessaire ».

« Les forces de la division de Gaza sont en état d’alerte élevée depuis quelques jours. Nous avons identifié des intentions du Jihad islamique de commettre des attaques contre des résidents et des soldats, et nous avons donc placé des points de contrôle dans toute la zone », a déclaré le général de brigade Nimrod Aloni, dans une vidéo diffusée par Tsahal.

« Les barrages routiers seront maintenus aussi longtemps que nécessaire. La sécurité des habitants passe avant tout », a ajouté Aloni.

Plus tôt dans la journée de jeudi, Gadi Yarkoni, chef du conseil régional local d’Eshkol, a déclaré à la chaîne publique Kan « qu’il existait une menace concrète de tentative de tir isolé sur des civils ou des soldats. Cela nous oblige à nous mettre à l’abri. Quand il n’y a pas de choix, la vie humaine passe avant tout ».

Lors d’une réunion d’évaluation tenue plus tard dans la journée, Lapid a déclaré qu’Israël « n’acceptera pas une situation dans laquelle des groupes terroristes perturbent le quotidien des habitants », selon son bureau. « Nous comprenons la difficulté vécue par les résidents du sud, et nous la partageons. »

« Nous ne reculerons pas devant l’usage de la force pour rétablir la routine quotidienne dans le sud, et nous n’arrêterons pas la politique d’arrestation des terroristes » en Cisjordanie, a-t-il ajouté.

Le ministre de la Défense Benny Gantz (au centre) rencontre de hauts responsables de l’armée et de sécurité dans les bureaux du ministère de la Défense à Tel Aviv, le 4 août 2022. (Crédit : Nicole Laskavi/Ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, a quant à lui demandé aux responsables de la sécurité de se tenir prêts à prendre « des mesures civiles et militaires diverses » afin d’éliminer la menace du Jihad islamique.

Selon le cabinet de Gantz, il aurait également donné l’ordre, lors d’une réunion avec les plus hauts responsables de l’armée et de la sécurité, d’aider les habitants des villes situées le long de la frontière et de continuer à évaluer la situation afin que le sud d’Israël puisse retourner à une « normalité totale ».

« Le ministre de la Défense a souligné que toutes les activités opérationnelles dans tous les domaines se poursuivront », a indiqué son bureau.

Le chef militaire Aviv Kohavi et Gantz ont rencontré séparément jeudi soir les maires et les responsables des communautés frontalières de Gaza, afin de les informer des préparatifs pour les jours à venir.

Le chef de Tsahal Aviv Kohavi (à droite) s’entretient avec Nimrod Aloni, chef de la division de Gaza, près de la frontière avec la bande de Gaza, le 4 août 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Plus tôt jeudi, Kohavi a visité la division de Gaza de l’armée et leur a donné des instructions pour augmenter les capacités de l’armée en cas d’escalade, renforcer les défenses et intensifier les efforts en matière de renseignement. Il a également approuvé les plans d’actions offensives, dans le cas d’une attaque du Jihad islamique à la frontière.

Les tensions autour de la bande de Gaza sont montées en flèche après l’arrestation du chef du Jihad islamique palestinien en Cisjordanie, Bassam Saadi, à Jénine dans la nuit de lundi à mardi. Saadi a été arrêté par l’armée à Jénine avec son gendre et assistant, Ashraf al-Jada. Un autre membre du groupe terroriste a été tué lors d’une fusillade avec les troupes.

Bassem Saadi, chef du groupe terroriste palestinien Jihad islamique en Cisjordanie, est vu peu après son arrestation par les troupes israéliennes le 2 août 2022. (Crédit : Autorisation)

En réponse à l’arrestation de Saadi, le groupe terroriste basé à Gaza a annoncé dans un communiqué qu’il déclarait un « état d’urgence » et que ses combattants étaient « prêts ».

Tôt mardi matin, Tsahal a déclaré avoir ordonné la fermeture de plusieurs autoroutes, lignes de chemin de fer et points d’observation le long de la frontière de Gaza, après un regain d’activité des combattants liés au Jihad islamique, lesquels représentaient une menace imminente et « directe d’attaque éventuelle contre des civils israéliens ».

La plupart des villes situées le long de la frontière disposent d’itinéraires alternatifs pour sortir, à l’exception de Kerem Shalom et du kibboutz Nahal Oz qui ont été entièrement bloqués. Certaines personnes, ayant des urgences, ont été autorisées par l’armée à entrer et sortir à intervalles précis.

Israël aurait averti les groupes terroristes basés dans l’enclave qu’il répondrait avec force à toute attaque de représailles qui suivrait l’arrestation de Saadi.

Des membres de l’aile militaire du groupe terroriste palestinien Jihad islamique dans la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 2 avril 2022. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Tsahal a également fermé le point de passage piétonnier Erez pour entrer et sortir de Gaza. Ce poste frontière est utilisé chaque jour par des milliers de travailleurs palestiniens

Selon le Shin Bet, Saadi, 61 ans, a été emprisonné et libéré par Israël sept fois dans le passé.

Le Shin Bet a déclaré que ces derniers mois, Saadi avait « redoublé d’efforts pour relancer les activités du Jihad islamique palestinien, et était à l’origine de la création d’une force militaire importante pour l’organisation dans [le nord de la Cisjordanie] en général et à Jénine en particulier. »

« Sa présence a été un facteur important dans la radicalisation des agents de l’organisation sur le terrain », a ajouté le Shin Bet.

Jénine est considérée comme un foyer d’activités terroristes. Les terroristes et autres auteurs de plusieurs attentats meurtriers commis au début de l’année provenaient de la ville et de son camp de réfugiés.

Lors de raids menés avant l’aube en Cisjordanie, les troupes ont arrêté 22 Palestiniens recherchés, et des affrontements violents ont eu lieu dans certaines zones, a déclaré Tsahal jeudi matin.

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