Lapid: Netanyahu, incapable de gagner, sape Israël de l’intérieur
Le chef de l'opposition réfute l'affirmation du Premier ministre selon laquelle Israël a infligé "10 plaies" à l'axe dirigé par l'Iran: le Hamas gouverne toujours Gaza, le Hezbollah continue de tirer des roquettes et l'Iran est dirigé par Khamenei

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est incapable de remporter la victoire contre l’Iran et, malgré ce qu’il prétend, il n’a jamais réussi à apporter de réels changements au Moyen-Orient, a affirmé mardi le chef de l’opposition Yair Lapid, en réponse au discours télévisé prononcé par Netanyahu en prime time.
Dans son allocution télévisée, le Premier ministre s’est vanté des résultats obtenus par Israël dans la guerre contre l’Iran, ainsi que des « dix plaies » — référence à la fête de Pessah, qui débute mercredi soir — qu’Israël aurait, selon lui, infligées à la république islamique et à ses proxys dans la région.
« Netanyahu n’est pas en mesure de parvenir à une résolution stratégique », a déclaré Lapid, avertissant que, si lui-même continue de soutenir les guerres en Iran et au Liban, il estime également que « le moment est venu pour nous de reconnaître qu’il est tout simplement inapte ».
Netanyahu a prononcé un nouveau discours dans lequel il a déclaré avoir « transformé le Moyen-Orient », a-t-il ajouté.
Mais « il manque un mot dans ce discours : ‘presque’. Vous avez presque transformé le Moyen-Orient. Au final, il s’avère que rien n’a changé », a poursuivi Lapid.
Alors que l’armée et la population ont fait preuve de courage et de résilience, « le seul qui ne parvient pas à s’acquitter de sa mission, une fois de plus, c’est Netanyahu lui-même », a conclu le chef de l’opposition.
« Avant le 7-Octobre [2023], le Hezbollah nous bombardait depuis le Liban », a-t-il rappelé. « Aujourd’hui, le Hezbollah nous bombarde depuis le Liban. »
« Avant le 7-Octobre, le Hamas contrôlait Gaza, avec une armée de plusieurs dizaines de milliers d’hommes », a fait remarquer Lapid. « Aujourd’hui, le Hamas contrôle Gaza, avec une armée de plusieurs dizaines de milliers d’hommes. »
« Avant le 7-Octobre, l’Iran avait un guide suprême nommé Khamenei », a-t-il poursuivi, évoquant le guide suprême iranien Ali Khamenei, tué par Israël dès les premières frappes de la guerre en cours.
« Aujourd’hui, l’Iran a un guide suprême nommé Khamenei », a ironisé Lapid, en référence à Mojtaba, le fils du défunt guide suprême, qui a depuis été élu nouveau dirigeant de la république islamique.
Loin d’avoir remporté une victoire, Netanyahu nous a « détruits de l’intérieur », a affirmé le chef de l’opposition, fustigeant le gouvernement qui tente de « voler 800 millions de shekels aux citoyens israéliens » pour financer l’éducation des Haredim et s’efforce de faire adopter une loi exemptant les étudiants des yeshivot du service militaire, alors même que l’armée israélienne manque d’effectifs.
« Hier soir, sachant déjà que quatre soldats avaient été tués au Liban, Ben Gvir et ses amis ont sabré le champagne et fait la fête en séance plénière de la Knesset », a dénoncé Lapid, une allusion à la célébration par le ministre d’extrême droite de la Sécurité intérieure de l’adoption d’une loi imposant la peine de mort aux Palestiniens reconnus coupables d’attentats terroristes ayant causé la mort.
« En cette veille de Pessah, il est temps de s’affranchir de l’esclavage pour retrouver la liberté en remplaçant ce gouvernement épouvantable », a conclu Lapid.
Dans son discours, le Premier ministre Netanyahu, en référence à la fête de Pessah qui approche, a égrené la liste des « plaies » qu’il a, selon ses propres termes, infligées au Hamas à Gaza, au Hezbollah au Liban, aux Houthis au Yémen et à d’autres groupes en Cisjordanie, ainsi qu’au régime déchu d’Assad en Syrie.
Il a également cité cinq « plaies » infligées à l’Iran : son programme nucléaire, ses missiles balistiques, les infrastructures du régime, ses forces de sécurité intérieure et ses hauts dirigeants.
Le Premier ministre a ensuite assuré que « tôt ou tard », le régime iranien s’effondrerait, semblant ainsi contredire l’affirmation du président américain Donald Trump selon laquelle l’assassinat d’une série de hauts responsables de la République islamique constituait déjà un « changement de régime ».







