L’Arabie saoudite, l’Egypte, les Emirats arabes unis, le Yémen et Bahreïn rompent leurs liens avec le Qatar
Rechercher

L’Arabie saoudite, l’Egypte, les Emirats arabes unis, le Yémen et Bahreïn rompent leurs liens avec le Qatar

L'émirat, accusé de soutenir le terrorisme, accuse ses voisins du Golfe de chercher à le mettre sous tutelle ; Ankara exhorte au dialogue, veut oeuvrer à la "normalisation"

L'émir du Qatar, le cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, à Ryad, lors de la visite du président américain Donald Trump, le 21 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)
L'émir du Qatar, le cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, à Ryad, lors de la visite du président américain Donald Trump, le 21 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Le Qatar a accusé lundi ses voisins du Golfe de chercher à le mettre sous tutelle et dénoncé comme « injustifiée » la rupture des relations diplomatiques annoncée par l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn, ainsi que par l’Egypte.

L’Egypte a annoncé lundi avoir rompu ses liens diplomatiques avec le Qatar, accusé de soutenir « le terrorisme ».

Le Caire et Doha ont des rapports extrêmement tendus depuis que l’armée égyptienne a destitué le président islamiste Mohamed Morsi en 2013.

Le Qatar était l’un des principaux soutiens de Morsi et avait dénoncé son éviction par l’ex-chef de l’armée et actuel président Abdel Fattah al-Sissi. Le riche émirat gazier du Golfe a condamné à plusieurs reprises la répression lancée par le régime contre les pro-Morsi.

Le gouvernement du Caire a « décidé de mettre fin à ses relations diplomatiques avec l’Etat du Qatar, qui insiste à adopter un comportement hostile vis-à-vis de l’Egypte », a indiqué le ministère des Affaires étrangères égyptien dans un communiqué, qui annonce la fermeture de ses frontières « aériennes et maritimes devant tous les moyens de transports qataris ».

Le communiqué évoque « l’échec de toutes les tentatives pour dissuader (le Qatar) de soutenir les organisations terroristes », y compris la confrérie islamiste des Frères musulmans, dont est issu M. Morsi.

La confrérie, classée « organisation terroriste » par les autorités du Caire et plusieurs pays du golfe, nie avoir recours à la violence.

Le Caire accuse Doha « de véhiculer l’idéologie d’Al-Qaïda et de Daesh (acronyme en arabe du groupe jihadiste Etat islamique) et de soutenir les opérations terroristes dans le Sinaï ».

Dans son communiqué, l’Egypte accuse le Qatar « d’ingérence dans ses affaires internes », mais aussi « d’abriter des dirigeants (des Frères musulmans) qui font l’objet de condamnations judiciaires pour des opérations terroristes ».

La coalition militaire arabe, intervenant au Yémen sous commandement saoudien, a annoncé lundi l’exclusion du Qatar en raison de « son soutien au terrorisme ».

Cette mesure a été décidée alors que l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte, tous membres de la coalition, venaient d’annoncer la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar.

Le gouvernement yéménite a annoncé lundi la rupture des relations avec le Qatar, membre de la coalition militaire arabe opérant au Yémen, en l’accusant de liens avec les rebelles Houthis pro-iraniens et de soutien aux groupes jihadistes.

Le Yémen a ainsi emboîté le pas à l’Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis, à Bahreïn et à l’Egypte, tous membres de la coalition arabe, qui ont rompu plus tôt les liens avec Doha, accusé de soutenir « le terrorisme ».

Dans un communiqué, le gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi cautionne la décision de la coalition arabe, annoncée dans la matinée, d’exclure le Qatar de cette alliance, et rompt les relations diplomatiques avec le Qatar.

Il dénonce ce pays pour « ses exactions, ses liens avec les milices des comploteurs (rebelles Houthis) et son soutien aux groupes extrémistes », en l’occurence Al-Qaïda et le groupe Etat islamique (EI), fortement implantés au Yémen.

Il se dit « convaincu » que la coalition poursuivra ses opérations au Yémen, lancées il y a plus de deux ans pour rétablir le pouvoir du président Hadi après que les rebelles Houthis ont conquis, dès 2014, la capitale Sanaa et de larges parties du territoire yéménite.

Le conflit au Yémen a fait, depuis l’intervention de la coalition en mars 2015, plus de 8 000 morts et 45 000 blessés, majoritairement des civils, selon l’ONU.

Ces mesures sont « injustifiées » et « sans fondement », a réagi le ministère des Affaires étrangères du Qatar dans un communiqué. Elles ont un « objectif clair : placer l’Etat (du Qatar) sous tutelle, ce qui marque une violation de sa souveraineté » et est « totalement inacceptable », a-t-il ajouté.

La compagnie aérienne Etihad des Emirats arabes unis a annoncé lundi la suspension de tous ses vols vers et en provenance du Qatar, peu après la décision d’Abou Dhabi de rompre ses relations diplomatiques avec Doha.

Etihad Airways précise dans un communiqué que cette mesure entrera en vigueur mardi matin « jusqu’à nouvel ordre », alors que les Emirats, l’Arabie saoudite et Bahreïn ont décidé de fermer « dans 24 heures » leur espace aérien et leurs frontières terrestres et maritimes avec le Qatar, accusé de soutenir le terrorisme.

La compagnie aérienne d’Abou Dhabi affirme proposer à ses clients « d’autres options », y compris des remboursements complets de billets d’avions. Etihad « regrette la gêne causée par la suspension », conclut le communiqué.

La Turquie, qui entretient des rapports étroits avec les monarchies du Golfe, a appelé lundi au dialogue et s’est déclarée prête à y aider.

« Il peut y avoir des problèmes entre les pays (…) mais il faut que le dialogue se poursuive », a déclaré le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu lors d’une conférence de presse à Ankara. « Et bien sûr, nous fournirons tout type de soutien pour que la situation revienne à la normale », a-t-il ajouté.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...