L’Arabie saoudite n’attend pas de « changement majeur » sous Biden
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L’Arabie saoudite n’attend pas de « changement majeur » sous Biden

Le président-élu a promis pendant sa campagne de faire de l'Arabie saoudite un "paria" en raison des graves violations des droits humains dans le royaume

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir arrive au siège de la Ligue arabe au Caire, la capitale égyptienne, le 19 novembre 2017. (AFP PHOTO / KHALED DESOUKI)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir arrive au siège de la Ligue arabe au Caire, la capitale égyptienne, le 19 novembre 2017. (AFP PHOTO / KHALED DESOUKI)

L’Arabie saoudite ne s’attend pas à un « changement majeur » dans sa relation avec les Etats-Unis après la prise de fonction du président américain élu Joe Biden, affirmant que « l’amitié » perdurerait malgré les critiques du démocrate envers le royaume, a assuré un haut responsable saoudien.

« Nous travaillons avec le président des Etats-Unis comme avec un ami, qu’il soit républicain ou démocrate », a déclaré Adel al-Jubeir, ministre d’Etat saoudien des Affaires étrangères, dans un entretien diffusé ce week-end sur la chaîne d’informations américaine CNN.

« Le président élu Biden est au Sénat (américain) depuis 35 ans, il a une très grande expérience. Je ne m’attends pas à ce qu’il y ait un changement majeur en termes de politique étrangère américaine », a-t-il ajouté, insistant sur les « énormes intérêts » en jeu.

« Nous travaillons ensemble sur la sécurité économique mondiale, sur la sécurité énergétique, sur les questions financières et nous sommes essentiels en ce qui concerne le monde musulman », a-t-il déclaré.

Le président américain désigné Joe Biden enlève son masque facial alors qu’il arrive pour prononcer un discours le 9 novembre 2020 au Queen Theater à Wilmington, Delaware. (AP/Carolyn Kaster)

M. Biden a promis pendant sa récente campagne à la présidence américaine de faire de l’Arabie saoudite un « paria » en raison des graves violations des droits humains dans le royaume, premier exportateur de pétrole brut au monde et proche allié des Etats-Unis, en particulier sous la présidence du républicain Donald Trump.

L’Arabie saoudite accueille ce week-end le sommet des dirigeants du G20, sur fond de critiques d’ONG appelant les grands partenaires internationaux du royaume à réagir face à sa répression implacable des voix dissidentes.

Mais elle a été largement épargnée par l’administration Trump qui a maintenu son soutien à Ryad même au plus fort de la crise diplomatique déclenchée par l’assassinat du journaliste saoudien critique Jamal Khashoggi en 2018.

Les liens personnels entre le prince héritier Mohammed ben Salmane et Jared Kushner, gendre de Donald Trump, tranchent avec les relations froides que Ryad entretenait avec Barack Obama, dont Joe Biden était le vice-président.

Le Congrès américain a aussi eu des positions assez dures envers l’Arabie saoudite, notamment en 2019 à cause de l’intervention militaire du riche pays du Golfe depuis 2015 au Yémen, plongé depuis lors dans la pire crise humanitaire au monde selon l’ONU.

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