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L’Argentine demande d’inclure l’attentat de l’AMIA dans le dossier du nucléaire iranien

Buenos Aires avait déjà demandé à Washington d'inclure l'attentat dans les négociations, mais en vain

Le ministre argentin des Affaires étrangères, Héctor Timerman, a demandé mardi aux Etats-Unis que l’attentat antisémite qui a fait 85 morts en 1994 à Buenos Aires soit évoqué dans les négociations sur le nucléaire iranien.

La justice argentine soupçonne l’Iran d’être à l’origine de cet attentat contre la mutuelle juive AMIA.

Dans une lettre adressée au secrétaire d’Etat américain John Kerry, qu’il a lue à la télévision, M. Timerman « regrette que le gouvernement (des Etats-Unis) n’ait pas accepté notre demande d’inclure le dossier de l’AMIA dans les négociations avec l’Iran ».

« Aujourd’hui, je demande à nouveau d’inclure » ce volet dans les négociations menées entre les pays occidentaux et la république islamique concernant le développement d’armes nucléaires.

En juillet 1994, un attentat à la bombe contre les locaux de l’AMIA, un bâtiment regroupant des organisations juives à Buenos Aires, avait fait 85 morts et plusieurs centaines de blessés. Aucun responsable n’a jamais été arrêté.

Considéré comme proche des Etats-Unis et d’Israël, le procureur argentin Alberto Nisman, qui avait repris le dossier AMIA en 2004, avait pointé un doigt accusateur contre l’Iran, en tant que commanditaire, et en direction du groupe libanais chiite Hezbollah, comme responsable opérationnel de l’attentat.

M. Nisman a été retrouvé mort à son domicile d’une balle dans la tête le 18 janvier, à la veille de sa comparution devant le Parlement argentin où il devait étayer une accusation d’entrave à la justice en faveur de l’Iran lancée à l’encontre de la présidente du pays, Cristina Kirchner (centre-gauche).

En 2013, Mme Kirchner avait scellé avec Téhéran un mémorandum prévoyant l’audition en Iran des suspects iraniens dont l’Argentine demandait en vain l’extradition depuis 2007, pour les juger à Buenos Aires. Celui-ci est resté lettre-morte.

Le 14 janvier, le procureur Nisman avait accusé la présidente Kirchner d’avoir couvert les suspects iraniens (dont l’ancien président Ali Akbar Hachémi Rafsandjani – 1989-1997) en échange de pétrole iranien.

Un hommage au procureur, qui pourrait se transformer en grande manifestation anti-gouvernementale, a été convoqué mercredi à 21H45 GMT dans la capitale argentine.

Dans sa lettre envoyée aux gouvernements américain et israélien, Héctor Timerman affirme en outre que l’Argentine est la cible « d’autres Etats dans leurs manoeuvres géopolitiques et d’une campagne de propagande ».

« Le peuple argentin ne peut pas tolérer d’être l’objet d’opérations de renseignement totalement étrangères à ses coutumes et sa tradition de terre d’accueil », poursuivent les courriers.

« L’Argentine n’a aucun intérêt stratégique au Moyen Orient », a résumé le ministre.

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