L’armée annule un important exercice prévu en septembre par manque de budget
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L’armée annule un important exercice prévu en septembre par manque de budget

La décision d'abandonner l'exercice, auquel des milliers de réservistes devaient participer, survient en pleines négociations budgétaires avec le ministère des Finances

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des forces spéciales de Tsahal participent à un exercice à Chypre simulant la guerre dans le nord, décembre 2019. (Armée israélienne)
Des forces spéciales de Tsahal participent à un exercice à Chypre simulant la guerre dans le nord, décembre 2019. (Armée israélienne)

L’armée israélienne a annoncé mercredi qu’elle annulait un exercice majeur prévu pour septembre, invoquant un financement insuffisant dans le cadre d’un différend en cours avec le ministère des Finances sur le budget de la défense.

L’exercice était destiné à tester la capacité des troupes israéliennes à passer rapidement d’opérations de routine à des opérations de guerre dans l’éventualité d’un « scénario massif sur plusieurs fronts », a rapporté l’armée.

« L’exercice de transition de la routine à l’urgence qui était prévu pour septembre sera annulé. C’est ce que le chef d’état-major de l’armée israélienne, Aviv Kohavi, a décidé aujourd’hui dans le cadre d’un processus de priorisation des missions pour 2020, à la lumière des pénuries budgétaires, qui font actuellement l’objet de discussions », a déclaré l’armée.

Des milliers de réservistes devaient prendre part à la simulation.

Des officiers du commandement du Nord de l’armée israélienne briefent le chef d’état-major de l’armée, Aviv Kohavi, au centre, et d’autres hauts gradés lors d’un exercice surprise dans le nord d’Israël en novembre 2019. (Crédit : Armée israélienne)

« Il a donc été décidé de l’annuler bien avant que les ordres d’appel des réservistes ne soient envoyés », a indiqué l’armée.

L’armée fonctionne sans budget officiel depuis le début de l’année 2020, car il n’y avait pas de gouvernement pour en approuver un nouveau. Au lieu de cela, un douzième du budget annuel 2019 est alloué, ce que l’armée jugeait insuffisant pour son plan pluriannuel « Momentum » visant à sa réorganisation.

L’armée a négocié un nouveau budget avec le ministère des Finances, espérant recevoir une augmentation de son financement – une chose qui sera difficile à obtenir au vu des difficultés économiques actuelles du pays dues à la pandémie de coronavirus, qui, à son apogée, a laissé plus d’un quart des Israéliens sans emploi.

En mai 2014, l’armée avait entrepris une tactique similaire lors des négociations budgétaires avec le ministère, annulant tous les exercices d’entraînement des unités de réserve prévus.

Le mois dernier, Aviv Kohavi a plaidé pour une augmentation du budget, mettant en garde contre la complaisance et un faux sentiment de sécurité dû au calme relatif dans la région.

« C’est le ‘paradoxe de la sécurité’ – tant que le calme et la stabilité règnent en matière sécuritaire, nous sommes enclins à oublier combien il est compliqué d’y parvenir. Tant qu’il y a de la stabilité en matière de sécurité, un sentiment trompeur se développe, selon lequel les menaces ont diminué et le sentiment que nous pouvons réduire nos besoins sécuritaires », a-t-il averti dans un discours.

« L’armée israélienne a continué à prévenir et à chasser les menaces par une guerre invisible et secrète, en détruisant physiquement et en neutralisant les capacités. Ces opérations ont lieu tout au long de l’année et elles apportent la sécurité et la stabilité à l’État d’Israël, et peuvent parfois être considérées comme acquises. Or ce n’est pas le cas, et elles ne se produisent évidemment pas toutes seules », a-t-il rappelé.

Un champ de bataille pleinement intégré, tel que vu par les militaires israéliens dans le cadre du plan Momentum, au mois de février 2020. (Crédit : Armée israélienne)

À la lumière de la pandémie de coronavirus et de ses effets désastreux sur l’économie mondiale, le gouvernement israélien devrait procéder à des coupes importantes dans le budget du pays, y compris dans l’armée. Une telle réduction rendrait difficile la mise en œuvre complète par l’armée du « plan Momentum » qu’il a proposé pour rendre l’armée plus efficace et plus létale.

« Nous travaillons et poursuivons le ‘Momentum’. Ce plan est la réponse aux lacunes que nous devons combler et constitue l’avantage que nous devons développer sur nos ennemis », a expliqué le chef d’état-major.

« Ce n’est qu’en maintenant les muscles de l’armée que nous pourrons combattre et gagner quand on nous le demandera », a-t-il ajouté.

Le plan Momentum, lancé au début de l’année, est destiné à donner à l’armée les outils dont elle a besoin pour réussir ses guerres futures le plus rapidement possible en identifiant les domaines dans lesquels l’armée dispose d’un avantage marqué sur ses ennemis et en les utilisant au maximum – des domaines comme la collecte de renseignements, la technologie et l’aviation. L’armée a proposé de le faire à la fois par une réorganisation interne, un processus en cours, et par des achats importants de drones, de missiles air-sol et d’autres armes – certains de ces objectifs ont déjà été réalisés et d’autres seront probablement retardés par la crise financière.

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