L’armée clôt l’enquête sur les enfants tués sur une plage de Gaza
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L’armée clôt l’enquête sur les enfants tués sur une plage de Gaza

Tsahal ouvre une autre enquête sur le bombardement d’un café à Khan Kounis qui a fait 9 victimes

Tsahal tirant vers Gaza pendant l'Opération Bordure protectrice (Crédit : Unité de Porte-parole de Tsahal)
Tsahal tirant vers Gaza pendant l'Opération Bordure protectrice (Crédit : Unité de Porte-parole de Tsahal)

Le chef du service juridique de l’armée israélienne a ouvert trois nouvelles enquêtes pénales sur les actions militaires au cours de la guerre dans la bande de Gaza en 2014, a annoncé l’armée jeudi soir.

Ce communiqué de l’armée a également informé de la clôture un certain nombre d’enquêtes, y compris de l’enquête sur un bombardement de la plage de Gaza qui a tué quatre enfants le 16 juillet.

Le principal incident qui fera l’objet d’une enquête approfondie par l’avocat général militaire, le major général Danny Efroni, portera sur des allégations concernant un bombardement militaire d’un café à Khan Younis qui a entraîné la mort de neuf Palestiniens, a indiqué l’armée dans le communiqué.

La frappe du 10 juillet a tué des fans de football qui avaient regardait la demi-finale de Coupe du Monde entre la Hollande et l’Argentine, selon des plusieurs témoins.

« Les garçons ont mangé leur repas de l’iftar du Ramadan là-bas, puis ont commencé à regarder le match. Ce n’était pas une zone militaire », avait déclaré un policier local à l’AFP à l’époque.

Les deux autres incidents comprennent un cas dans lequel les troupes des forces armées israéliennes auraient prétendument tiré des obus sur une clinique médicale à partir de laquelle des terroristes avaient mené une attaque, entraînant la mort d’un officier de Tsahal la journée précédente et des allégations d’abus sur un détenu capturé par l’armée israélienne.

Sept enquêtes criminelles ont déjà été ouvertes dans les actions des soldats au cours de la campagne de l’été dernier, y compris le bombardement d’une école des Nations unies qui, selon les Palestiniens, a tué 21 civils et en a blessé des dizaines d’autres.

Efroni a également déclaré que trois affaires avaient été classées suite à un examen, y compris une enquête sur la mort de quatre enfants sur la côte de la bande de Gaza, qui ont eu lieu en face d’un hôtel qui accueillait des journalistes occidentaux et qui avait provoqué un tollé dans le monde entier.

Selon des témoins, les quatre enfants jouaient au football sur la plage et ont tenté en vain de fuir le bombardement.

Efroni a expliqué que la zone qui a été touchée avait été une base connue des forces navales du Hamas, qui avaient l’habitude d’utiliser cette zone de façon exclusive.

Les enfants, en pénétrant cette zone en courant, ont été confondus avec les forces navales du Hamas, a-t-il conclu son explication.

« Il a été décidé de mener une attaque aérienne contre les silhouettes qui avaient été identifiées, après que toutes les autorisations nécessaires pour une attaque avaient été obtenues, et après que la possibilité d’une présence civile dans la zone avait été écartée », a déclaré Efroni.

« Malheureusement, dans la foulée de l’incident, il est devenu clair que le résultat de l’attaque était la mort de quatre enfants, qui étaient entrés dans l’enceinte militaire pour des raisons qui demeurent encore obscures ».

Après un examen des conclusions de l’enquête, l’avocat militaire général a constaté que le processus de l’attaque en question « était en accord avec le droit interne israélien et les exigences du droit international ».

En avril, le procureur militaire a déposé un acte d’accusation auprès d’un tribunal militaire contre trois soldats soupçonnés d’avoir pillé des maisons de civils palestiniens dans la bande de Gaza pendant la guerre de l’été.

Cela a marqué le premier cas d’accusation retenu contre les troupes de Tsahal qui ont participé au combat dans la bande de Gaza durant l’opération Bordure protectrice.

Un homme inspecte les dommages causés à une maison après une attaque à la roquette par des terroristes de la bande de Gaza sur la ville israélienne de Yehud, à côté de l'aéroport international Ben-Gurion d'Israël, le 22 juillet 2014. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Un homme inspecte les dommages causés à une maison après une attaque à la roquette par des terroristes de la bande de Gaza sur la ville israélienne de Yehud, à côté de l’aéroport international Ben-Gurion d’Israël, le 22 juillet 2014. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Les soldats ont été accusés d’avoir volé 2 420 shekels dans un appartement dans le quartier de Chajaya à Gaza, tandis que le troisième soldat aurait été complice du vol.

Les deux soldats ont également été accusés d’entrave à la justice dans l’acte d’accusation.

La guerre de 50 jours qui aurait tué plus de 2 100 Palestiniens, dont de nombreux civils, selon des sources palestiniennes dans la bande de Gaza dirigée par le Hamas ; et 73 Israéliens, dont 66 soldats.

Israël a affirmé que la moitié des personnes tuées étaient des combattants à Gaza et a blâmé le Hamas pour toutes les victimes civiles, car elles sont les victimes collatérales de l’infrastructure militaire placée dans des zones résidentielles.

Israël a lancé l’opération à Gaza l’été dernier dans le but d’arrêter les tirs de roquettes lancés sans relâche par des terroristes du Hamas. Le Hamas a pris le contrôle de Gaza lors d’un violent coup d’Etat contre l’Autorité palestinienne en 2007. Un groupe terroriste islamiste, il est engagé à la destruction d’Israël.

Défendant l’opération de l’été comme étant un acte de légitime défense, Israël tient le Hamas pour responsable du nombre de victimes civiles lourd, expliquant que le groupe terroriste a utilisé des zones résidentielles pour se protéger. Mais les critiques ont souligné le lourd bilan de morts civils palestiniens et s’est demandé si la réponse d’Israël était proportionnée.

Suite à une opération similaire dans la bande de Gaza au début de l’année 2009, l’armée a condamné quatre soldats pour diverses accusations, notamment pillage, mauvaise utilisation d’une arme et conduite mettant la vie d’autrui en danger. La peine la plus sévère était une peine d’emprisonnement de trois ans et d’un mois et demi.

Jonathan Beck et Adiv Sterman ont contribué à cet article.

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