L’armée considère Tamar Zeevi comme un objecteur de conscience
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L’armée considère Tamar Zeevi comme un objecteur de conscience

La femme a refusé de s'enrôler car elle se dit être contre "l'occupation"

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Tamar Ze'evi (Crédit : Ido Heimberg / Mesarvot)
Tamar Ze'evi (Crédit : Ido Heimberg / Mesarvot)

Jeudi, Tamar Zeevi a été libérée jeudi d’une prison de l’armée, après qu’une commission a accepté sa demande d’exemption car elle ne voulait pas servir dans une armée qui menait, selon elle, une « politique d’occupation militaire à l’égard des Palestiniens », a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Selon Mesarvot, une organisation rassemblant des objecteurs de conscience, c’est le premier cas où une personne refusant de faire son service militaire car elle ne veut pas « servir dans une armée qui occupe un autre peuple » et non pas par opposition générale au service militaire ou en raison du respect du principe de non-violence a été libérée.

« La décision de la commission dédiée à l’objection de conscience de la libérer va à l’encontre de la coutume qu’elle avait adoptée depuis des années de reconnaître seulement l’objection de conscience pacifiste », a déclaré Yasmin Yablonski, qui travaille pour Mesarvot.

Cependant, même si Yablonksi a indiqué que Zeevi a été excusé de son service de l’armée en raison de ses opinions envers l’occupation militaire, elle a été officiellement considérée comme une objectrice de conscience « générale ».

Les forces de l’armée israélienne ont déclaré que l’exemption était accordée en raison de « questions de conscience ». L’armée a ajouté que le processus d’appel à une commission d’objection de conscience est « vieille » et est basée sur un précédent de la Cour suprême.

Au cours de ses délibérations, la commission « a été convaincue que Tamar Zeevi s’opposait consciencieusement à tout service militaire de toute nature », a déclaré l’armée.

Zeevi, cependant, a déclaré publiquement que son problème avec l’armée était spécifiquement liée à l’armée et à « l’occupation militaire des Palestiniens ».

Tamar Alon (Crédit : Hila Aloni Ohayon / Mesarvot)
Tamar Alon (Crédit : Hila Aloni Ohayon / Mesarvot)

Zeevi a servi 115 jours dans la prison 6 de l’armée. Une autre personne refusant de s’enrôler dans l’armée, Tamar Alon, qui a été dans la prison 6 depuis 118 jours n’a pas reçu d’exemption, a ajouté Mesarvot.

Mesarvot a précisé que la demande d’Alon a été refusée par la « commission d’objecteurs de conscience » de l’armée parce qu’il s’agissait d’un « refus sélectif ».

Zeevi a été libéré à 18h30 jeudi soir.

« Je suis excitée d’être libre après avoir défendu ma vérité et refusé de prendre part à un système militaire qui différencie les êtres humains, qui préfère l’un sur les autres et nourrit la haine entre eux », a déclaré Zeevi dans un communiqué.

« Je regrette que l’armée n’ait pas reconnu l’objection de conscience de mon amie Tamar Alon, qui refuse comme moi de servir dans une armée qui rabaisse un autre peuple », a-t-elle ajouté.

Les deux adolescentes ont été emprisonnées en novembre, après avoir déclaré leur refus de l’armée au centre d’accueil de Tel Hashomer à Ramat Gan.

Zeevi a écrit dans le blog du Times of Israel : « le choix de ne pas s’engager signifie prendre la responsabilité de mes actions et de leur signification, en traçant une ligne morale que je ne veux pas franchir, résister activement à un gouvernement et une politique qui viole les droits de l’Homme et alimente la réalité violente et cruelle ».

Alon est un objecteur de conscience de deuxième génération. Son père, Chen Alon, a refusé de servir comme officier de réserve au cours de la Seconde Intifada. Il a ensuite fondé « Combatants for Peace » [« Les combattants pour la paix »], un mouvement binational pour la paix qui fait le lien entre les militants israéliens et palestiniens.

C’est grâce à cette organisation qu’Alon a rencontré des Palestiniens et a été exposé à la « dure réalité de leur vie dès leur plus jeune âge », a-t-elle déclaré en novembre.

L’année dernière, l’objecteur de conscience Tair Kaminer a passé 166 jours en prison avant d’être relâchée.

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